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Les deux visages de la persévérance
Nivedita Nathoo et Eyaz Hussein Kinoo sont non seulement ex aequo, mais ils ont un point commun : leur détermination à vouloir se faire entendre.
« Je comprends la nécessité de tout mettre en ?uvre pour faciliter l?installation des investisseurs étrangers. Mais le gouvernement devrait veiller à ne pas créer la perception qu?on déploie le tapis rouge pour les étrangers, au dé-triment des Mauriciens. Tout particulièrement des opérateurs potentiels des PME », s?insurge Nivedita Nathoo.
Cette dernière, directrice du Surya Ayur-vedic Spa, ne comprend pas pourquoi il a fallu six ans pour que son projet voie le jour. Pour elle, ce sont six années de perdu. En raison du délai entre la présentation de son dossier et son approbation par les autorités gouvernementales, elle affirme avoir vu partir un partenaire potentiel qui était prêt à injecter pas moins de Rs 80 millions dans son projet. Puis, il a fallu tout recommencer.
« Il est possible de comprendre pourquoi des Mauriciens parviennent à faire leur place au soleil ailleurs. Si on n?accorde pas suffisamment d?attention aux nouvelles idées, il n?est pas impossible que ceux de nos compatriotes qui les possèdent choisissent d?aller ailleurs. Cest le pays qui est perdant. »
Aujourd?hui, le Surya Ayurvedic Spa, qui emploie une quarantaine de personnes, est bien implanté dans le secteur du tourisme. Et pour Niveditha Nathoo, le maître mot, c?est la qualité. « Il est impensable que nous utilisions de l?huile de paraffine pour le massage. Nous nous servons de produits de qualité. Nous avons même trouvé une formule à base de produits authentiques venus d?Inde, et nous l?avons fait développer en Allemagne. Certains trouvent que nous pratiquons des tarifs trop élevés. Si on les compare à l?investissement auquel nous avons consenti pour assurer un service de qualité, ces tarifs ne sont pas chers. La qualité a un prix. »
<B> Créer un centre de formation</B>
Autre message qu?elle voudrait faire passer, c?est la nécessité de tenir les jeunes opérateurs au courant de l?existence des fonds. « Je me suis déjà entendu dire qu?il y a de l?argent pour soutenir les idées nouvelles, mais pas assez de projets, alors que j?ai fait l?expérience inverse. J?ai des projets, mais les fonds pour les financer ne m?étaient pas accessibles. Quelque part, quelqu?un ne fait pas son travail comme il faut. »
Son ambition, c?est de créer un centre de formation qu?elle qualifie d?incubateur, pour entraîner les artisans à s?initier à un savoir-faire répondant aux exigences d?un marché touristique de plus en plus sophistiqué.
Ce n?est plus la directrice d?une entreprise qui parle, mais la présidente du National Women Entrepreneurs Council qui milite pour que les entrepreneuses émergent. Sa pugnacité et sa détermination ont eu raison des obstacles qui se sont dressés sur son parcours. Rien ne l?arrêtera.
À la question de savoir si elle souhaite faire de la politique pour influencer le cours de l?histoire, Nivedita Nathoo répond qu?elle préfère s?investir dans ce en quoi elle est plus à même de produire les meilleurs résultats aujourd?hui.
<B> Son rêve s?est réalisé</B>
Il est rare qu?à 39 ans, un homme constate que son rêve s?est réalisé. C?est ce qui est arrivé à Eyaz H. Kinoo. S?il a tant voulu décrocher cet Award, ce n?est pas tant pour se targuer d?avoir un trophée que pour bénéficier d?une plate-forme pour lancer son message. À la tête de sept entreprises, l?homme est certes comblé, mais il pense surtout à ceux qui pourraient ne pas bénéficier des opportunités pour faire de leur rêve une réalité.
« C?est lors de mes déplacements à l?étranger que je me suis rendu compte de la richesse de Maurice. Parfois, nous avons du mal à en cerner toute la mesure. Il est rare de trouver un pays où autant de cultures cohabitent. Les autres m?ont ouvert les yeux et je suis arrivé à la conclusion que ce qu?ils disent sur notre pays est vrai. Le niveau de mon patriotisme s?en est trouvé renforcé. C?est pourquoi je suis particulièrement inquiet lorsque les phénomènes tels que le racisme, le communalisme et le castéisme gagnent du terrain. Mon rêve, c?est un changement de mentalités qui nous permettra de considérer selon ses mérites », affirme-t-il
Son ambition, c?est d?aménager un centre commercial avec hôtel et restaurant sur un site situé à proximité de la gare du Nord, et dont son défunt père, Issoof Kinoo, a fait l?acquisition dans les années 80. « À l?époque, le site avait peu d?attrait. Mon père avait toutefois prédit que l?économie allait se développer et que cet emplacement aurait une grande valeur. Il n?avait pas tort. »
La Jeune chambre internationale a pour mission de contribuer à l?avancement de la communauté en offrant aux jeunes la possibilité de développer leur talent de leaders, d?assumer pleinement leur responsabilité sociale et leur flair d?entrepreneur pour apporter des changements positifs dans la société. En voici la preuve.
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