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« L?échec du gouvernement ne profite pas à l?opposition »
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« L?échec du gouvernement ne profite pas à l?opposition »
<B>Vous revenez de Londres. Avez-vous pris le temps de la réflexion politique comme cela a été avancé par certains de vos proches ? </B>
Je ne suis pas parti à Londres pour faire de la réflexion politique. J?y étais pour assister à la cérémonie de remise des diplômes de ma fille. Je ne sais pas d?où vient cette rumeur et qui en est à l?origine.
<B>Quelle lecture faites-vous de la situation politique dans le pays ? </B>
Le pays va mal. La situation des familles ne cesse de se dégrader. Les personnes au bas de l?échelle éprouvent beaucoup de difficultés pour joindre les deux bouts. Même au niveau de la classe moyenne, il y a des signes négatifs. D?autre part, tous les secteurs, que ce soit l?économique, l?éducation, la santé, etc. vont mal. Seule exception : le tourisme où il faut le reconnaître, il y a une progression.
Le gouvernement est à bout de souffle et complètement dépassé. Il ne cesse de parler du triple choc, alors que la dépréciation de la roupie est une action délibérée du gouvernement et que l?inflation ne cesse d?augmenter. Certes, il y a des facteurs externes, mais on ne peut pas occulter le fait que certains ministres, de par leur politique, ont aussi contribué à appauvrir la population.
Le Premier ministre (PM) devrait-il remanier son cabinet ?
Je pense que le PM doit avoir réfléchi à la question. Mais il y a beaucoup de facteurs à prendre en considération avant d?effectuer un remaniement et qui ne concernent pas nécessairement les compétences. À Maurice, il n?est pas facile de faire un remaniement, car il y a des éléments externes qui entrent en jeu. Toutefois, j?entends des noms ici et là. Attendons?
<B>Comment évaluez-vous la performance du gouvernement ?</B>
Les carottes sont cuites pour ce gouvernement. Personne ne veut entendre parler de l?Alliance sociale. La confiance s?est érodée. Les ministres et les députés ne sont plus présents sur le terrain. Le gouvernement est en perte de vitesse.
Mais cela ne profite pas à l?opposition. Toutefois, cette dernière se consolide et la population s?identifie de plus en plus à elle. Au niveau de l?Union nationale (UN), la mobilisation sur le terrain continue et je suis satisfait du response que nous avons.
<B>L?alternance est en panne. Pourquoi ce désarroi dans l?opposition ? </B>
Il n?y a pas de désordre dans l?opposition. Chaque parti mène son action en toute liberté. Il n?y a pas encore un front commun de l?opposition. En tout cas, au niveau du MMM et de l?UN, il n?y a pas de problème. L?UN n?attaque pas le MSM. Le véritable problème se pose au niveau des relations entre le MMM et le MSM.
Je souhaite une entente de l?opposition qui pourrait déboucher sur une alliance électorale. Il ne s?agit pas de faire une alliance pour savoir qui va occuper tel ou tel poste, mais bien de travailler sur un programme pour faire partir ce gouvernement et remettre ce pays sur les rails. La question n?est pas de savoir qui va occuper tel ou tel poste, mais d?organiser une alternance crédible et qui bénéficie du soutien du peuple. Aujourd?hui, le peuple attend cette alternance.
<B>Vous avez déclaré que vous étiez disposé à vous retirer si cela pouvait aider à l?union de l?opposition. Expliquez-vous ? </B>
Je suis disposé à me sacrifier et à me retirer de la politique, si cela peut faciliter une alliance de l?opposition. Je le ferai dans l?intérêt du pays. En fait, mon départ du MSM était une affaire politique. Il y avait des divergences entre moi et la direction du parti. Par la suite, j?ai créé l?UN. Il faut bien comprendre le contexte de mon départ. Alors qu?on discutait du meeting du 1er Mai, j?avais insisté pour que le MMM et le MSM y soient ensemble. Mais les circonstances et la position de certains de mes collègues d?alors ont fait capoter le projet.
D?autre part, j?estimais tout à fait logique qu?avec mon expérience, j?occupe le poste de leader de l?opposition. Mais j?ai fait l?objet d?acerbes commentaires de la part de la direction du MSM. Même Sir Anerood Jugnauth, dans un communiqué de presse de la présidence de la République, avait déclaré qu?il ne me considérait plus comme un membre de la famille.
<B>Qu?est-ce qui empêche cette alliance de l?opposition ? </B>
L?intransigeance de la direction du MSM. D?autre part, il y a des incohérences dans l?action politique de ce parti.
On ne sait plus dans quelle direction évolue le MSM.
<B>Il y a eu des spéculations sur un rapprochement entre le MSM et le PTr. Croyez-vous que cela est possible ? </B>
Je m?en tiens à la déclaration de Paul Bérenger à l?effet qu?il n?y a pas de rapprochement entre ces deux partis. Ceci dit, rien ne m?étonne plus en politique. Mais comme je vous l?ai dit, les partis de l?opposition doivent mobiliser leurs énergies et préparer l?alternance démocratique.
<B>Et votre procès devant le Privy Council ? </B>
Mes hommes de loi s?en occupent. Nous prendrons une décision en fonction du jugement du Privy Council. Cela ne m?empêche pas de mener mon action sur le terrain. Pour le moment, notre affaire a été enregistrée au Privy Council, mais je ne m?étendrai pas sur ce sujet.
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