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Miss mamie a un idéal
Elle est fringante dans ses habits de fête, Bernadette Camoin. C?est une miss mamie loin des caricatures condescendantes de notre culture pub qui a été élue dimanche. L?ancienne religieuse du Bon et Perpétuel Secours a fait beaucoup de sacrifices durant son long engagement.
Mais telle la flamme vive, souple et altière du violon, l?âme bienveillante du Centre de l?Amitié de Bambous, ?Miss?, comme on la surnomme, a gardé intactes son énergie et sa jovialité communicatives.
Née il y a une soixantaine d?années, Bernadette évolue dans une famille très pieuse de Rose-Belle. Le drame, ce sera la mort de sa mère, alors qu?elle n?est âgée que de neuf ans. ?C?est ma grande s?ur qui m?a alors élevée. Si bien qu?elle ne s?est mariée qu?à 35 ans.?
Sa foi l?aidera. L?abnégation, le sacrifice, le courage font aussi partie de la culture de Bernadette. Entrée en 1958 au Couvent, elle s?y occupe des lépreux : ?Je ne portais pas de gants?, avoue-t-elle. Elle se souvient aussi de la récompense : ?Docteur laissez la faire, je ne veux que d?elle pour s?occuper de moi?, s?écrie un jour un patient.
Au son de Sancta Maria de la mer de Mireille Mathieu, les yeux de Bernadette s?emplissent d?un éclat renouvelé, la petite dame se laisse pousser des ailes. Sancta Maria, c?est la Vierge ?qui protège ceux que j?aime?. C?est peut-être aussi l?exemple de Mère Augustine, qui l?a inspirée. Bernadette n?a renoncé ni à sa foi ni à ses ?v?ux de pauvreté, de chasteté et d?obéissance? ni à sa fidélité à l?idéal de service à tous. Si on comptabilise 14 années chez les religieuses, Bernadette a consacré 49 ans aux nécessiteux. Quitter les ordres répondait à un appel d?en haut. Si elle a hésité, jamais elle n?a été ébranlée sur la justesse de sa mission. Mission dont le vrai moteur est la prière.
Cette justesse lui aura été confirmée par des êtres venus à point nommé sur son chemin, au premier rang duquel le père Ah Kong, le curé d?une paroisse de Bambous d?un autre temps et le père Adaëkalum, le maître spirituel de Bernadette.
Commencer à l?époque, c?est accepter de loger dans une salle d??uvre, sillonner tout le district, dormir à même le sol? ?Nous avons vite monté les classes de catéchuménat à la seule école de l?époque, le SSS de Bambous.? Dans le village, des maisons d?aloès et de chaume de Camp-Lapaille à Camp-Carol, Bernadette devient une légende. Elle sera aussi la deuxième mère d?une douzaine de filles qu?elle fera réussir. Et parfois ceux qu?on a aidés vous aident à leur tour : c?est ainsi que lors de la construction de sa Fondation, Bernadette sera hébergée par la famille Sournois, à Flic-en-Flac, où elle réside toujours.
Au Centre de l?Amitié, Bernadette a préparé la relève : ses deux aides, Amrita Dookhee et Annema Martine, peuvent en témoigner. Tout comme ceux qui la saluent aussi bien par des namasté à miss nanny que des bonjours à miss mamie. Nous, nous lui souhaitons bon voyage et bon séjour à la Réunion !
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