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L?honneur de l?honorable
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
C?était la moindre des choses que Yatin Varma soit exclu de l?Icac pendant que la commission anticorruption mène une enquête sur lui. Sa démission de la présidence du comité parlementaire de l?Icac est un acte naturel. Ceux qui le saluent comme un grand acte méritoire se trompent.
En fait la démission de Yatin Varma est intervenue bien tard. Soit longtemps après que l?affaire le concernant a pris une dimension considérable. Depuis plusieurs semaines l?on attendait un sursaut de dignité chez lui. Président de l?instance suprême de contrôle de l?Icac, il est censé être une autorité morale incarnant le combat contre la corruption. Or, il est resté à son poste plusieurs semaines après avoir été mis en cause pour infraction présumée au ?Prevention of Corruption Act? (Poca). S?il voulait poser un acte honorable, il n?aurait pas attendu qu?il fasse l?objet d?une enquête officielle avant de partir.
En sollicitant un emploi de conseiller auprès d?un ministère à partir d?une position d?autorité, l?élu Yatin Varma a pu enfreindre une ou plusieurs dispositions du Poca. Il s?agit notamment de l?article 7 qui traite d?abus des fonctions d?un élu, de l?article 10 qui sanctionne le trafic d'influence et de l?article 13 qui concerne le conflit d?intérêts.
En renonçant à son poste au sein de l?Icac, le député de Mahébourg ? Plaine-Magnien ne peut prétendre qu?il a fait montre d?un grand courage. Il n?avait pas de choix. Initialement, il a pu se permettre de rester sourd aux appels de l?opposition. Par la suite, il a dû sentir le danger venir quand Anil Gayan a annoncé son intention de déposer un recours devant la justice pour contester un éventuel refus de l?Icac d?enquêter.
Les tergiversations de Yatin Varma confirment les difficultés de nos hommes politiques à mettre leurs actes en accord avec leurs discours sur le sens de l?honneur. Son cas est loin de constituer une exception. Ils sont plutôt nombreux ceux qui refusent de quitter spontanément une fonction quand le sens moral l?exige.
De même, il existe au sein du cabinet des ministres qui n?ont pas une colonne vertébrale politique et qui ignorent le sens de l?honneur. Prenons le cas du ministre de la Technologie informatique et des télécommunications, Etienne Sinatambou. Le Premier ministre a donné des directives pour que les conseils d?administration de plusieurs organismes tombant sous sa tutelle ne se réunissent pas. Il n?y a qu'une seule réponse, d'honneur, à cette injonction premier ministérielle. Le ministre aurait dû présenter immédiatement sa démission. Car, dans une démocratie parlementaire, les relations entre le chef de gouvernement et ses ministres doivent être claires.
L?honorable Varma a essayé, tant bien que mal, de récupérer son honneur perdu en démissionnant. Il reste à savoir si l?Icac, elle, permettra à sa propre image d?être rognée par un traitement embarrassé de l?affaire.
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