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Les colliers africains de Dominique Espitalier-Noël

6 août 2007, 00:00

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De la Dominique Espitalier-Noël d?avant son ?exil? il y a 17 ans, nous connaissions de belles sculptures sur bois, des travaux raffinés sur céramique et sur papier, qu?elle avait exposés en compagnie d??uvres d?autres artistes. En décembre 2005, cette titulaire d?un diplôme en Textile Design de la Ruth Prowse School of Art de Cape Town, faisait mouche lors de sa première exposition en solo à la galerie du Moulin Cassé. Ses monochromes argentés et autres tableaux coloriés ont retenu les faveurs du public visiteur bien avant la fin de l?exposition.

Son tout nouveau centre d?intérêt est les perles en verre d?Afrique. Celles-ci, connues comme les African Trade Beans, sont chargées d?histoire. Coulées dans des moules ou tournées autour de tiges au 16e siècle par les Européens, en particulier les Vénitiens, elles étaient acheminées en Afrique où elles servaient de monnaie d?échange contre de l?or, de l?ivoire, des huiles de palme et de coco, de même contre des esclaves. On n?en fabrique plus et comme elles se raréfient, leur attrait est encore plus grand pour les collectionneurs.

?Depuis plusieurs mois, je m?intéresse à l?histoire du verre et en particulier aux perles de verre qui ont un vécu. Pour moi, c?est comme un talisman et par conséquent, c?est précieux?, confie l?artiste. Elle décide alors de se mettre en quête de ces fameuses perles en verre d?Afrique, passées de main en main, et qui ont orné beaucoup de cous, quand elles n?ont pas servi à conjurer le mauvais ?il.

Au gré de ses pérégrinations, Dominique rencontre quelques marchands de perles de verre venant de l?ouest de l?Afrique. En sus de perles en verre vénitiennes, allemandes ou originaires de Bohême, Dominique découvre aussi de vieilles croix en argent, de même que des morceaux de verre du nord de l?Afrique sur lesquels sont gravés des versets du Coran. Avec d?autres marchands, elle obtient des perles de verre de Tchécoslovaquie, de fabrication plus récente. Leur particularité est d?être translucides et brillantes.

?Elle décide alors de se mettre en quête de ces fameuses perles en verre d?Afrique, passées de main en main, et qui ont orné beaucoup de cous, quand elles n?ont pas servi à conjurer le mauvais ?il.?

Si, au départ, elle pense les collectionner pour les peindre, elle se ravise et décide de les monter en colliers. Elle laisse parler son inspiration, son ?feeling? comme elle le dit. Et c?est particulièrement réussi. Cela donne des colliers mélangeant des perles de verre vénitien et allemand de couleurs vives ou pastel à des morceaux de corne, à du cuir ou des morceaux de verre gravés du nord de l?Afrique ou encore à des agates brésiliennes.

D?autres colliers comprennent des perles de verre vénitiennes enfilées avec d?autres à la texture plus rugueuse et qui sont originaires du Ghana et du Nigeria.

En six mois, Dominique a réalisé 80 colliers uniques en leur genre dont chacun a pour elle un sens particulier. ?Chacun de mes colliers m?a été inspiré soit par une chanson, soit par un souvenir, soit par une couleur.?

Plutôt que de les porter, l?artiste peintre a décidé d?en faire profiter les Mauriciens. En effet, ses colliers africains seront en expo-vente les vendredi 10 et samedi 11 août entre 10 h 30 et 16 h 30 au complexe Around the World à Péreybère. ?J?ai choisi ce cadre en raison de son côté zen. En venant voir mes colliers, les gens peuvent se désaltérer au restau-bar du complexe, se faire masser au petit salon s?y trouvant ou même coiffer.?

Vu la rareté de certaines perles de verre, les prix des colliers sont raisonnables. Ils varient entre Rs 600 et Rs 2 500, le collier le plus cher étant celui comprenant la vieille croix en argent des Touaregs.

Quelques jours après l?expo-vente, l?artiste peintre regagne Cape Town où elle reprendra ses activités. A quand la prochaine expo ? Elle l?ignore. La connaissant, elle trouvera bien quelque chose prochainement?

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