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?Madame Bovary?, l?intégrale

6 août 2007, 00:00

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Ce n?est pas une nouveauté, mais le roman de Gustave Flaubert n?a rien perdu de sa fraîcheur, de son attrait. Flaubert a lui-même rétabli les coupes que la censure voulait imposer. Certes, Madame Bovary (le livre en question) est disponible depuis cent cinquante ans : son premier éditeur, Michel Lévy, l?a publié le 16 avril 1857. Une nouvelle édition vient de paraître en France, en librairie. Depuis, ce texte est tombé dans le domaine public depuis bien longtemps, nous explique le quotidien français Libération.

Seulement voilà, c?est une Madame Bovary plutôt singulière qui nous revient d?outre arsenic : cet ouvrage est le fac-similé d?un exemplaire dans lequel Flaubert a reporté toutes les coupes que la censure voulait lui imposer. Pour la publication en feuilleton de Madame Bovary, qu?au Figaro on estima pas loin de ?glisser dans le vulgaire? , les dirigeants de la Revue de Paris ont préféré sortir eux-mêmes leurs gros ciseaux plutôt que de subir ceux de la police de Napoléon III.

C?est cette tentative de mutilation qui ne fut finalement que partiellement réalisée car Flaubert a défendu son enfant bec et ongles, que raconte cette passionnante édition. Aux deux tomes du roman est adjoint un troisième, dans lequel Yvan Leclerc, directeur du Centre Flaubert de l?université de Rouen, donne les détails de l?affaire ainsi que son contexte. Et, comme procès il y eut malgré les coupes, le lecteur peut également prendre connaissance des pièces de la procédure : réquisitoire de maître Pinard, plaidoirie de maître Senard, jugement de la cour en date du 9 février 1857. Ces textes, souvent drôles, parlent de littérature avec un talent fou. Flaubert sera acquitté, ?attendu qu?il n?apparaît pas que le livre ait été, comme certaines oeuvres, écrit dans le but unique de donner une satisfaction aux passions sensuelles? .

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