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Corinne Faustin-Thérèse, la psychologie dans l?âme

5 août 2007, 00:00

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Malgré son jeune âge, il serait malencontreux de sous-estimer Corinne Faustin-Thérèse. En effet, à presque 26 ans, ce petit bout de femme a pourtant sept années d?études derrière elle et pas des plus simples : la demoiselle s?est lancée dans des études poussées en psychologie à l?université de Rennes 2 en France.

Elle y poursuit encore actuellement une thèse en psychopathologie et criminologie. Intelligente et chauvine : la jeune femme veut exercer coûte que coûte à Maurice dès son doctorat en poche. Avec un parcours scolaire plus que louable, Corinne avoue néanmoins s?être lancée dans la psycho par feeling.

D?abord attirée par le journalisme, puis par les métiers du social, la psychologie s?impose par la suite. « Finalement, je crois que la psychologie s?est révélée être l?évidence même, puisque dès mon plus jeune âge, j?avais l?habitude de me poser des questions sur un tas de choses. La psychologie a fini par m?apporter les réponses à ces interrogations. Je suis consciente aujourd?hui que c?est ma vocation », confie Corinne.

Son appétit est féroce

La jeune femme entreprend alors des études ardues en Haute-Bretagne, à des kilomètres de sa famille et de son île natale si chère à son c?ur. Et même si la Mauricienne s?est parfaitement intégrée à la culture bretonne, pas question pour autant de se dissiper.

Après son Master, elle intègre, dans la foulée, l?unité de recherche d?un laboratoire de cliniques psychologiques, psychopathologiques et criminologiques rattaché à son université. « Au début, je ne voulais pas faire de thèse, mais j?étais tellement passionnée? »

En parallèle, Corinne effectue toutes sortes de stages en psychiatrie adulte et enfantine dans des associations éducatives et mène des travaux, notamment sur les croyances en sorcellerie et troubles psychiques à Maurice, sur le placement d?enfants par les parents ou encore sur les enjeux criminologiques des positions maternelles autour de la mort des enfants. Son appétit est féroce.

Consciente que la psychologie reste cependant une science méconnue du grand public et souvent cataloguée à des procédés qui attisent la méfiance, Corinne Faustin-Thérèse, tient à rectifier : « La psychologie fait souvent l?objet d?incompréhension parce que les gens s?attendent à ce que les psychologues leur apportent une réponse toute faite. Or, il n?y a pas de formule magique. »

Très souvent aussi, la plupart des personnes pensent que les gens qui se rendent chez le psy sont atteints de folie. Corinne s?empresse : « L?éthique du psychologue est d?écouter les gens et de les aider à comprendre par eux-mêmes leur situation par une thérapie. Le psychologue crée un espace d?écoute où le patient met des mots sur les choses. Généralement, c?est le patient qui s?en sort par lui-même, par un travail personnel qui peut être plus ou moins long. Le psychologue joue en quelque sorte le rôle de tremplin vers l?issue du problème. Que l?on soit fou ou pas n?est pas le problème. Se rendre chez un psychologue, c?est la possibilité de parler de tout à quelqu?un sans tabous et sans gênes. »

« Important de s?autoanalyser »

Quand on demande à Corinne Faustin-Thérèse pourquoi les psychologues sont le plus souvent des femmes, elle répond avec le sourire : « Les femmes sont, sans vouloir être proféministe, naturellement plus à l?écoute. Chez les hommes, il y a souvent plus de pudeur. D?ailleurs, dans ma fac, les garçons qui étudient la psychologie sont peu nombreux. Quand un homme a un problème, il va se tourner vers une femme dans 95 % des cas. Et j?explique aussi cela par le fait que les hommes ressentent toujours le besoin de travailler dans un domaine plus concret. »

Être psychologue on l?aura compris, ce n?est pas à la portée de tout le monde. N?importe qui ne peut pas se déclarer psychologue. Il est par ailleurs important de s?assurer qui est votre interlocuteur, s?il est psychologue, psychiatre ou encore psychothérapeute.

Au fait, quelle est la différence entre un psychanalyste et un psychologue : « La psychanalyse n?est pas une science médicale, contrairement à la psychologie. Fondée par Freud, elle est plutôt un travail sur l?inconscient. De plus, le psychanalyste doit avoir subi une psychanalyse lui-même pour prétendre exercer », affirme Corinne Faustin-Thérèse.

Révolutionner la discipline

Pour nous, c?est du chinois. Mais pour elle, toutes ces notions qui commencent par « psy » font partie intégrante de ce qu?elle vit chaque jour. La jeune femme reconnaît volontiers aussi que la psychologie forme un tout avec sa propre personnalité et pour ne pas confondre ses propres difficultés avec celles des autres, il est important pour elle de s?autoanalyser. Y a-t-il des résultats ? « La psychologie ne peut se définir en termes de résultats. Si après en avoir parlé le patient se sent mieux, il arrête la thérapie par lui-même », explique Corinne.

En tout cas, la jeune femme s?est promise de revenir à Maurice dès la fin de ses études, car elle entend bien révolutionner la discipline. « À travers mes recherches, j?ai pu voir qu?il y avait encore beaucoup de domaines à explorer, notamment la délinquance, la violence humaine et la réhabilitation des prisonniers, par exemple. »

Une question récurrente revient aussi souvent à propos des psys : peut-on en faire nos amis ? « Il y a une éthique à respecter. Malheureusement, l?amitié avec un patient est proscrite. Et puis, je crois que ça n?aide pas le bon processus de la thérapie. » Quoi qu?il en soit, avec son intelligence et sa gentillesse innées, on a bien envie d?être l?ami de Corinne Faustin-Thérèse.

Magali KINZONZI

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