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La grande peur du remaniement

4 août 2007, 20:00

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Certains parieraient leur chemise sur l?imminence d?un remaniement ministériel du gouvernement. D?autres jurent que Navin Ramgoo-lam, le Premier ministre (PM), a désormais commencé à y penser sérieusement. Tout le monde semble convaincu que remaniement, il y aura. Mais quand ? Seul Ramgoolam semble avoir la réponse. Entre-temps, les ministres, qui savent que leur maroquin pourrait leur échapper, s?inquiètent?

Plus qu?autre chose, c?est l?attitude de Sphinx du PM qui met certains de ses collaborateurs mal à l?aise. « Ramgoolam a plus d?une fois fait des commentaires à l?effet que même ses ministres ne devraient pas s?attendre à de la complaisance de sa part, si d?aventure ils ne donnaient pas les résultats escomptés », explique un ancien ministre rouge proche du PM.

Or, certains accumulent les mauvais points et donnent l?image de ministre-boulet pour le gouvernement. « C?est un gouvernement à deux vitesses. Je ne suis pas d?accord avec la politique de certains, mais je reconnais qu?ils sont compétents et qu?ils sont à leur place. Mais d?autres n?ont pas l?étoffe et le PM devrait profiter d?un remaniement pour carrément les remplacer par des jeunes », commente un cadre du Parti travailliste.

Les avis des proches de Ramgoolam pourraient ne pas inquiéter outre mesure des ministres. Mais c?est sans compter sur quelques signaux que le PM a envoyés récemment. Notamment traitant assez sèchement avec quelques-uns de ses ministres jugés comme des « under performers » par l?entourage du PM.

Faire rouler des têtes rouges

Ainsi, Étienne Sinatambou, le ministre de la Technologie informatique, passe pour être l?un des ministres les plus menacés. Il y a d?abord eu les vives critiques de Jean Suzanne, le conseiller de Ramgoolam, à son égard. Sans que Suzanne soit le moindrement inquiété par le PM.

Puis, cet ordre de Ramgoolam demandant que les conseils d?administrations des institutions tombant sous la responsabilité de Sinatambou soient temporairement suspendus. Bien que jugé brillant, plusieurs de ses collègues pensent toutefois qu?il n?est pas à sa place au ministère qu?il occupe.

Rajesh Jeetah est dans le même cas de figure. Critiqué dans sa gestion des dossiers du fer et du lait, aussi bien par l?opposition que par ses propres collègues, le ministre du Commerce et de l?Industrie semble avoir de bonnes raisons de s?inquiéter de son avenir à ce poste. Toutefois, d?aucuns au gouvernement font remarquer que ce dernier pourrait changer de ministère, mais que son « pedigree » lui vaudrait sans doute de conserver un marocain de ministre.

Ailleurs, ce sont Asraf Dulull, Satish Faugoo et Sylvio Tang, respectivement ministre des Terres et du Logement, de la Santé, et des Sports qui pourraient subir le couperet du PM. Ce dernier ayant moyennement apprécié leur gestion, surtout celle de Dulull et de Faugoo, des dossiers jugés épineux.

Mais Ramgoolam pourrait ne pas se contenter de faire rouler des têtes rouges. Des partenaires de son Alliance sociale : notamment Anil Bachoo et Madun Dulloo sont loin d?entretenir des relations extrêmement chaleureuses avec le PM ces deniers temps. Dans le cas de Bachoo, l?intérêt que le MMM porte au leader du Mouvement social démocrate, ne serait pas étranger au refroidissement de ses relations avec le leader de l?Alliance sociale.

Toutefois, alors même que certains se font un sang d?encre, d?autres ministres demeurent sereins, car jugés « inamovibles » par beaucoup. C?est le cas des trois vice-Premiers ministres, mais aussi de Rama Valayden. Le seul ministre non élu du cabinet ne peut de toute manière occuper de fonction ministérielle autre que celle d?Attorney General. Et de l?avis de ses collègues, il abat un bon travail pour la mise en ?uvre de la réforme de notre système judiciaire.

D?autres ministres pourraient aussi continuer à vaquer à leurs occupations, car jugés à leur place par l?entourage du PM. C?est le cas de Vasant Bunwaree, le ministre du Travail, qu?il serait épineux de déplacer au moment même où il a su établir une relation de confiance avec tous les acteurs de la réforme de la loi du travail.

Promu au rang de mascotte

Le même constat est fait à l?Agro-industrie, aux Infrastructures publiques et à l?Éducation que dirigent respectivement Arvin Boolell, Abu Kasenally et Dharam Gokhool. Le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo, promu au rang de mascotte du gouvernement est quasiment assuré de conserver son portefeuille, lui qui s?enorgueillit d?avoir défendu avec succès le dossier de l?Aapravasi Ghat et qui s?attend à ce que le dossier du Morne connaisse le même succès que celui de l?Aapravasi Ghat.

Au moment même où certains ministres ne cachent plus leur inquiétude de se voir retirer leurs responsabilités, d?autres députés trouvent une bonne raison d?espérer. Soit en comptant sur l?acuité du Premier ministre à reconnaître en eux des ministrables compétents. Ou comme d?autres, en tablant sur la probable décision de Ramgoolam de refaire passer le nombre de ses ministres de 19 à 24.

Ce qui ouvrirait encore plus de portes pour des backbenchers soucieux de briller un peu plus. Notamment Maurice Allet, le leader du PMSD, qui a rejoint l?Alliance sociale sans obtenir de portefeuille en retour?

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