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Allez Maurice !
Par Nazim ESOOF
Cette île est la leur pour les uns à l?occasion d?événements spéciaux. Pour d?autres, elle est la leur parce que les critères d?appartenances leur conviennent. Pour le reste enfin, le sentiment d?identification est quasiment inexistant pour diverses raisons. Ce sont autant de postures qui se vérifient à l?approche des 7e Jeux des îles qui se tiennent à Madagascar du 9 au 19 août. Des Jeux qui habituellement créent une effervescence pour chaque île organisatrice. Un patriotisme national très en décalage avec la solidarité et la coopération régionales qui auraient dû exister et qui ne s?expriment que dans les intentions.
A Madagascar ces jours-ci s?est mis en place un collectif «Allez Maurice», animé par des Mauriciens travaillant ou vivant dans la Grande île. Ne dit-on pas souvent que c?est surtout lorsqu?on est en terre étrangère que l?amour de la patrie mère trouve un sens ! Autrement, ce sens est très dilué. Pour différentes raisons. Et il faut avoir le courage de le dire : pas toutes injustifiées. Parce qu?il y a certaines ruptures qui sont légitimes. Tant de manière perfide est parfois engagée la stigmatisation de groupes sociaux.
Cela s?est passé auparavant. Cela se passe toujours.
Au citoyen donc de savoir aimer son île de manière inconditionnelle. C?est la raison pour laquelle que même ceux qui sont partis parce qu?il ne se voyait aucun avenir auront une pensée d?espoir et d?encouragement pour les athlètes mauriciens qui vont participer à ces 7e Jeux des îles. Certes sans un enthousiasme débordant mais dans une sorte de reconnaissance pour tout ce que cette île représente pour eux.
Sans verser dans un nationalisme primaire ou le piège du chauvinisme, il y a derrière le soutien à une équipe nationale l?expression d?une revendication d?appartenance. Pas à ce pays que certains s?approprient exclusivement mais à celui qui appartient à tous indistinctement.
A un moment où le doute et le soupçon s?installent pour les uns, l?événement sportif régional a intéressé les autorités mauriciennes à la dernière heure sans oublier le désintérêt des sponsors et enfin l?absence d?efforts de communication des principaux protagonistes du gouvernement.
C?est pourtant dans un tel contexte qu?il importe de démontrer par sa capacité à faire un choix que nous sommes fiers de cette île. Cela peut paraître ringard mais il est des ringardisations qui s?assument comme le cri d?une identification et d?une appartenance qui transcende les clivages et les sempiternels geignements autour d?une île qui n?arrive pas à prendre sa population en charge.
Voyons quand même : «Allez Maurice !»
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