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L?Inde va devenir le centre asiatique de production de voitures

2 août 2007, 20:00

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?La prochaine révolution automobile aura lieu en Inde?, avertit l?Institut de l?automobile du cabinet de conseil Pricewaterhouse-Coopers (PwC) dans une étude publiée récemment.

Dans le sillage de Tata Motors, qui a annoncé la commercialisation pour 2008 d?une voiture à 1 700 euros (environ Rs 73 100 ), le groupe Renault Nissan et l?indien Bajaj sont sur le point de signer un accord pour concevoir des ?véhicules très compétitifs?. Carlos Ghosn, le président du groupe français, avait affiché sa volonté il y a deux mois de construire une voiture à 3 000 dollars (environ Rs 96 000)?dont le potentiel, énorme, dépasserait les frontières de l?Inde?. Bajaj a le profil du partenaire idéal pour atteindre cet objectif. Spécialiste des véhicules légers, de deux et trois roues, le constructeur dispose d?un large réseau de concessionnaires dans le pays.

De nombreux groupes choisissent l?Inde pour y fabriquer des voitures à bas coût. En inaugurant, en octobre 2007, une deuxième usine près de Chennai, le sud-coréen Hyundai produira chaque année 600 000 voitures, vendues à moins de 5 500 euros (environ Rs 236 500). ?L?Inde va devenir notre plate-forme d?exportation, tous nos véhicules? explique Heung Soo Lheem, le directeur général de Hyundai dans le pays.

Le constructeur chinois Guangzhou Motors vient également de signer un partenariat avec Xenitis, un groupe indien basé à Calcutta, pour commercialiser, en 2008, un véhicule à 2 500 euros (environ Rs 107 500). D?après les estimations de l?Institut de l?automobile, l?Inde produira, en 2014, 34 % des voitures vendues entre 3 000 et 5 000 dollars dans le monde, contre 11 % pour la Chine.

La force du pays repose d?abord sur ses ingénieurs. ?Nous sommes capables de réaliser la conception d?une voiture entièrement par ordinateur, ce qui évite de passer par l?étape, souvent très coûteuse, des prototypes?, explique Dilip Chenoy, président de l?association des constructeurs automobiles indiens.

L?américain General Motors emploie ainsi des ingénieurs à Bangalore, et Renault va ouvrir un centre de recherche qui emploiera 1 000 personnes d?ici à 2010. Grâce à des dépenses réduites en matière de conception, les voitures à bas coûts n?utiliseront pas de technologies anciennes, et respecteront les standards de qualité et de sécurité. Tous les constructeurs bénéficient de la présence de leurs sous-traitants, comme Valeo et Delphi, dont l?implantation a été facilitée par le gouvernement indien. Contrairement à la règle imposée en Chine, ils n?ont pas été obligés de nouer d?alliance avec un partenaire local pour ouvrir une filiale sur place. Pour attirer l?industrie automobile, le gouvernement a également créé des zones économiques spéciales dans lesquelles les sites d?assemblage sont exemptés de taxes.

Malgré des coûts de production et de conception réduits, les constructeurs vont devoir atteindre des volumes de vente importants pour devenir rentables. Or le marché indien est justement un des plus dynamiques d?Asie. Il progresse chaque année de 10 % et devrait atteindre les 2,1 millions de voitures commercialisées en 2010. En 2006, les véhicules d?entrée de gamme représentaient 75 % des ventes. ?Contrairement à la Chine, les voitures à bas coût sont très appréciées en Inde, note Abdul Majeed, consultant associé chez PwC. Les constructeurs comptent également exporter vers les pays émergents.?

La proximité des marchés asiatiques florissants est un atout considérable. Mais certains constructeurs restent toutefois prudents en raison du manque d?infrastructures. Les travaux pour relier les sites des futures usines de Suzuki et de Honda dans le nord du pays jusqu?au port de Bombay n?ont toujours pas débuté. Le gouvernement, qui ne veut pas rater le tournant du développement industriel, promet d?aller vite. ?Si rien n?accélère dans les deux ou trois prochaines années, nous perdrons beaucoup d?opportunités?, prévient Dilip Chenoy.

Julien BOUISSOU

© Le Monde 2007 Distribué par The New York Times Syndicate

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