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Fracture
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
L?ajustement économique a un coût social qu?il ne faut surtout pas sous-estimer. La fracture peut parfois être si brutale que la reprise tant attendue n?ait jamais lieu. Les politiques sociales doivent créer les conditions nécessaires pour intégrer toutes les couches de la population dans le ?mainstream? de l?économie. Pour l?instant, la situation ne semble pas très confortable. L?humeur de l?île Maurice profonde reste morose même si le gouvernement promet le boom économique dans quelques années.
L?état de santé de notre économie est plus que jamais tributaire des conditions externes. Le pays a connu les trois chocs économiques à savoir la fin de l?Accord multifibre dans le textile, la réduction drastique du prix du sucre et la flambée (continue) des cours pétroliers. Le paysage commercial qui se dessine à l?échelle mondiale ne présage rien de très positif non plus pour l?économie mauricienne à l?avenir.
Dans l?entretien qu?il nous accorde, Vijay Makhan, ancien secrétaire aux Affaires extérieures et porte-parole du MMM du dossier Affaires étrangères, s?inquiète que Maurice risque fort de faire partie des perdants du cycle de négociations commerciales de Doha.
En d?autres mots, Maurice sera contrainte d?ouvrir son marché de manière agressive avec les risques de dislocation sociale accentuée. Même si en théorie, nous avons un plus grand accès aux marchés d?exportation, la question des capacités industrielles pour saisir ces opportunités se pose. Le pays a besoin des moyens financiers et techniques conséquents pour rehausser son infrastructure commerciale notamment le port, l?aéroport, les télécommunications et les services douaniers pour pouvoir exporter des produits et des services de qualité à des coûts compétitifs.
Le gouvernement compte beaucoup sur l??aid for trade? (AFT) pour obtenir les financements nécessaires à cet effet. Toutefois, ces initiatives tardent à prendre forme. Les conditions d?accès à ces fonds (promis) ne sont pas très claires non plus. Les AFT n?aideront pas la cause des pays en processus de réforme si les critères de qualification sont trop contraignants.
Dans ces conditions, Maurice perd des deux côtés. L?aide au commerce censée compenser nos faiblesses structurelles n?aurait pas suivi l?ouverture de notre marché aux produits des pays riches et émergents.
L?AFT a été introduite à l?agenda de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) en novembre 2004 lors de la conférence ministérielle de l?institution à Hongkong. Cette initiative a été précipitée après un constat d?échec concernant le volet développement du cycle de Doha.
Les pays donateurs potentiels n?ont pas prévu de structures pour débourser les financements. Il y a même des dangers qu?ils recyclent les fonds existants destinés au développement social (éducation, santé, sécurité sociale...) en des aides au commerce (développement de l?infrastructure commerciale).
Les pays moins avancés et ceux en développement ont tout aussi besoin des aides au développement social que des soutiens à leurs industries. Ils ont besoin des ressources pour prévenir une éventuelle fracture sociale tout en s?assurant de la mise en place des conditions propices pour rehausser et diversifier leurs activités économiques.
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