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Enterprise Mauritius aide les planteurs à se tourner vers l?agroalimentaire
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Enterprise Mauritius aide les planteurs à se tourner vers l?agroalimentaire
Le champ d?action d?Enterprise Mauritius (EM) s?élargit. Avec les problèmes dans le secteur sucre, notamment la baisse de prix du sucre sur le marché européen, elle peaufine sa stratégie pour le secteur agricole non sucre. L?objectif étant d?aider la communauté des petits planteurs à se reconvertir dans l?agroalimentaire à haute valeur ajoutée pour l?exportation.
?Il y a des créneaux porteurs. Mais il faudra tout d?abord donner un sens à la politique agricole, notamment le secteur non sucre. Cela aidera à restaurer la confiance dans la communauté des planteurs. Nous allons définir un plan d?action pour pouvoir atteindre cet objectif?, explique Prakash Beeharry, chief executive officer (CEO) d?EM.
Avec le développement industriel et économique, les habitudes de consommation ont changé, passant des produits frais de base pour inclure des produits transformés à haute valeur ajoutée, importés pour la plupart.
?En l?absence d?une politique nationale d?alimentation pour réglementer la qualité des importations des produits alimentaires et d?une industrie d?alimentation pas suffisamment structurée pour se tourner vers l?exportation, il y a eu de timides tentatives de la part de quelques entrepreneurs pour explorer le marché mondial de l?alimentation et celui des boissons non alcoolisées?, ajoute-t-il.
Le CEO d?EM pense ainsi qu?il est possible de concevoir une coopération régionale dans la fabrication de produits agricoles haut de gamme. Il y a des intrants qui peuvent être importés des pays de la région, du Mozambique ou de Madagascar, pour être utilisés dans la fabrication de ces produits à Maurice et exporter ensuite vers la région, l?Europe et les Etats-Unis.
D?autant plus qu?il y a une augmentation dans la demande de produits agricoles sur le plan international puisque la production est en baisse. Cette situation oblige certains pays d?Asie à imposer une interdiction ou une taxe sur leurs exportations de denrées alimentaires afin que les besoins de leur consommation locale soient satisfaits prioritairement. Une situation qui a provoqué une hausse de prix de certaines denrées alimentaires, dont des grains secs, sur le marché international. Aux Etats-Unis, le maïs est même utilisé pour la production d?éthanol. L?agroalimentaire est ainsi en compétition avec le secteur de l?énergie.
Ainsi, prenant en considération la nécessité de trouver des alternatives à la canne à sucre et les opportunités sur les marchés local et régional, deux rendez-vous agricoles sont prévus dans les prochains mois. Tout d?abord l?atelier de travail que le ministère de l?Agriculture se propose de tenir en août. Cet atelier de travail a pour objectif de déterminer les options stratégiques pour le secteur non sucre pour la période 2007 à 2015. Il portera sur les enjeux, contraintes et solutions, y compris le cadre légal et réglementaire pouvant mener à une réduction des importations de denrées alimentaires, la promotion des exportations de ces produits, et l?amélioration de la qualité et la sécurité alimentaire.
<B>Un secteur prometteur</B>
EM se propose d?organiser, à la fin de septembre, un forum qui s?appuiera sur cet atelier de travail pour identifier les contraintes spécifiques au développement d?une industrie d?exportation de produits alimentaires et identifier les pistes pour l?institution d?un plan d?action national pour le secteur.
Les forces et faiblesses du secteur de l?agro-industrie pour bouger vers les produits à haute valeur ajoutée pour l?exportation seront identifiées. Un consensus sera dégagé avec tous les partenaires, planteurs et institutions concernées.
?Mais il faut que le secteur agroalimentaire soit compétitif pour faire face aux importations au niveau du prix, et de la qualité et pour pouvoir exporter. C?est la condition sine qua non pour la réussite du secteur. Nous irons vers les planteurs, nous allons les accompagner et les aider à résoudre les contraintes au niveau des normes, des standards et de l?emballage, entre autres. C?est une stratégie réaliste. Nos participations à des foires ont montré qu?il y a de l?intérêt pour des produits alimentaires mauriciens?, souligne-t-il.
Maurice a aussi des engagements au niveau de l?Organisation mondiale du commerce et au niveau des accords multilatéraux pour une politique d?ouverture et la réduction de tarifs douaniers.
A Krishna Heeramun, directeur de Strategic Director d?EM, de souligner que de 1998 à 2007 le montant de la valeur ajoutée du secteur agricole non sucre est passé de Rs 3,2 milliards à Rs 5,2 milliards. Mais en même temps la contribution de ce secteur au produit intérieur brut (PIB) a baissé, passant de 3,2 % à 2,2 %. Alors que d?autres secteurs ont connu des taux de croissance bien plus importants.
Par contre la valeur ajoutée du secteur de l?agroalimentaire est passée d?environ Rs 5 milliards 2002 à près de Rs 9 milliards en 2006.
?Les potentiels et les marchés de l?agroalimentaire sont là. Nous allons créer l?environnement propice pour permettre à la communauté des planteurs de rentabiliser leurs opérations dans ce secteur. Le développement du secteur agricole non sucre est une planche de salut pour les petits planteurs, surtout la fabrication de produits à haute valeur ajoutée?, fait ressortir Krishna Heeramun.
Par exemple, il y a un gros volume de produits agricoles, notamment de légumes, qui sont parfois importés par avion pour être consommés dans le secteur de l?hôtellerie. Or, ces produits à son avis, pourraient être destinés au secteur touristique de la région.
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