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Ordination du 161e prêtre mauricien</b>

1 août 2007, 00:00

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Entouré de tout le clergé, Mgr Maurice E. Piat, évêque de Port-Louis, ordonnera Laurent Rivet prêtre pour le service du diocèse de Port-Louis, le 5 août prochain, à Les-Salines, Tamarin. Pour son ordination, le futur prêtre a choisi le thème : ?Vous êtes le sel de la terre?, qu?il explique par son souhait de ?donner aux chrétiens le goût à l?Evangile, pour qu?ils puissent donner goût au monde.?

Originaire de Beau-Bassin, Laurent Rivet, 27 ans, sera le 161e prêtre mauricien. En septembre 2001, il intègre le séminaire interdiocésain à Beau-Bassin pour son premier cycle d?études et, en 2003, il met le cap sur Nantes pour le deuxième cycle. De retour à Maurice en 2005, il effectue un bref stage pastoral dans la paroisse du Saint-Sacrement, à Cassis. Le 24 juin 2006, il est ordonné diacre ? ultime étape avant d?être ordonné prêtre ? en la cathédrale de Nantes, en France, et accomplit une année de stage diaconale à la paroisse Saint-Pierre-de-l?Océan, à Saint-Nazaire, où il s?investit particulièrement auprès des adolescents en milieu populaire.

Laurent Rivet, fils de Pierre et de Liliane Rivet, est le benjamin d?une famille de quatre enfants. Dès son plus jeune âge, il est témoin de l?engagement de ses parents dans l?Eglise. Adolescent, il intègre un mouvement scout qui l?aide à acquérir le sens des responsabilités, l?esprit d?entraide et de partage. En 1999, après des études secondaires au collège du Saint-Esprit, Laurent Rivet souhaite entreprendre des études d?architecture. Il obtient une bourse pour l?Australie. Avec humour, il dit qu?il ?voulait dessiner des plans mais le Seigneur allait l?inviter à en dessiner d?autres avec lui?.

En effet, avant de partir pour l?Australie, Laurent souhaite faire du bénévolat et donner un peu de son temps aux plus démunis de la société. Ce désir de s?engager auprès des plus pauvres coïncide avec les émeutes de février 1999, à la suite de la mort du chanteur Kaya. Ces événements lui ouvrent les yeux sur les conditions difficiles dans lesquelles vivent les pauvres.

Il sent alors que sa ?carrière éventuelle d?architecte était en décalage avec ce désir profond de vivre et de s?engager auprès des plus démunis?. A cette époque, il redécouvre également sa foi lors d?une retraite Jéricho animée par la communauté du Chemin Neuf. Dans la prière quotidienne, il découvre peu à peu l?appel à devenir prêtre, ce qui, de son propre aveu, ?chamboulait pas mal de projets?. Pour cette raison, il décide de renvoyer son admission à l?université et de prendre un an de recul à l?abbaye de Hautecombe, en France.

De retour à Maurice, il renonce à la bourse d?études, intègre le Foyer La Source et, en septembre 2001, il entre au séminaire interdiocésain à Beau-Bassin. Ces deux ans au séminaire sont pour lui ?un temps d?affermissement de son appel et de découverte des réalités du diocèse?.

Le jeune séminariste est fan de musique et de guitare. Ses préférences vont à Tonvié et Cassiya au niveau local, et à Pearl Jam et Ben Harper côté rock. Il décide de ne pas rejeter la musique mais de lui donner une autre dimension dans sa vie : alors qu?avant, il composait des chants profanes, surtout en anglais, il compose désormais des cantiques pour toucher les gens. En 2003, il sort un CD intitulé ?Enn zom enn bon die?dont il est le principal auteur, compositeur et interprète. Pour la sortie de ce CD, il reçoit notamment l?aide d?un autre séminariste mauricien et de Marclaine Antoine.

En 2003, il intègre le séminaire Saint-Jean à Nantes. Il vit cette ouverture qu?offre la formation à l?étranger comme une ?grande richesse?. Pour le jeune séminariste, ?ce contact avec l?Eglise et la société française lui permet de mieux appréhender les propres richesses et les pauvretés de l?Eglise et la société mauriciennes qu?il désire servir?. Il dit notamment avoir appris ?en vivant dans une Eglise qui a passé par bien des crises, des remises en questions et qui se voit vivre dans une société avec une minorité de chrétiens, qu?on ne doit rien prendre pour acquis et sans cesse accepter de se remettre en question: suivre le Christ n?est jamais une évidence?.

A quelques jours de son ordination, le futur prêtre est serein : ?Je sais que l?Eglise et la société mauriciennes connaissent des crises dues aux mutations qu?elles sont en train de vivre : départ de jeunes prêtres, sécularisation, mondialisation, défis de l?économie? mais je sais que malgré toutes ces difficultés, le Christ reste fidèle. C?est lui qui nous donne l?espérance pour avancer. Je veux être au service de cette espérance pour aider les chrétiens à avancer avec tous les défis qu?ils doivent vivre dans le monde. Comme prêtre je souhaite leur donner goût à l?Evangile, pour qu?ils puissent donner goût au monde.?

La cérémonie d?ordination sera retransmise en direct à la télévision, sur MBC 3.

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