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Marc Ravalomanana a dissous l?Assemblée nationale
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Marc Ravalomanana a dissous l?Assemblée nationale
Le Palais de Tsimbazaza a fermé son portail aux visiteurs, dont les journalistes, depuis la publication du décret de dissolution de l?Assemblée nationale, sur les ondes de la Radio nationale, avant- hier.
Les mesures de sécurité à l?entrée de l?Institution sont aussi renforcées. Une dizaine d?éléments des forces de l?ordre y surveillent la circulation des parlementaires ainsi que des employés de la Chambre basse. Les voitures des députés, qui sortent de l?enceinte du Palais, font l?objet d?une fouille. ?Nous avons reçu l?ordre de procéder ainsi pour éviter les vols de matériel de l?Assemblée nationale?, confie un agent de la sécurité.
Samuel Mahafaritsy Razakanirina, président de l?Institution, se montrant fort occupé par son travail, a brièvement expliqué au téléphone la nouvelle mesure. ?Elle s?applique jusqu?au moment où la transition devient effective à l?Assemblée nationale?, précise-t-il.
De nombreux députés n?ont pas tardé à quitter leurs chambres au Centre d?accueil des parlementaires. Parmi eux, M. Razafindrakotohasimbola, élu à Amparafaravola et membre du Comité pour la redynamisation du Tim (CRT), a déménagé dès hier. Il positive la dissolution de l?Assemblée nationale. ?Je me sens maintenant un peu plus libre?, affirme-t-il, en plaisantant avec quelques-uns de ses pairs dans la cour de l?Institution.
De leur côté, les députés de l?opposition décompressent, malgré l?interruption de leur mandat. Mara Niarisy, président du Groupe parlementaire pour le rassemblement (GPR), ne pose aucun problème quant au court délai accordé aux parlementaires pour terminer leurs préparatifs de départ. Le décret présidentiel d?application de la mesure annoncée par le chef d?Etat, Marc Ravalomanana, à Toliara, stipule que l?Assemblée nationale est dissoute à compter d?aujourd?hui.
?Cela revient au même qu?on nous donne 48 heures, une semaine voire plus. Le président de la République ne fait que concrétiser ses propos?, déclare Mara Niarisy, au cours d?un entretien particulier.
Julien Reboza, président du plus jeune groupe parlementaire, celui pour la démocratie à Madagascar (GPDM), considère, pour sa part, la dissolution de l?Assemblée nationale comme le début du mouvement de solidarité de l?opposition. ?Cela suscite un élan de solidarité. Nous demandons simplement la sincérité des élections?, soulève-t-il, en faisant allusion au rapprochement des députés de l?opposition qui aspirent à la cohésion face aux élections.
Par contre, les députés élus sous la couleur du Tim, en général, préfèrent se taire. C?est le cas de celui de Fianarantsoa, Philippeson Gérard. ?Je ne veux pas commenter la situation?, s?excuse-t-il devant le portail du Palais de Tsimbazaza.
La Haute cour constitutionnelle (HCC) approuve les motifs avancés par le président de la République Marc Ravalomanana, pour expliquer la dissolution de l?Assemblée nationale.
?Les motifs invoqués pour une éventuelle dissolution de l?Assemblée nationale ne sont pas contraires aux dispositions constitutionnelles. Dans ce cas, les nouvelles élections auront lieu 30 jours au plus tôt et 60 jours au plus tard, après la date de dissolution?, ont annoncé les neufs membres de la HCC dans leur avis du jeudi 19 juillet. Les députés figurent parmi les grands électeurs des sénateurs.
Le président de la République reste le seul juge de l?opportunité de la mise en ?uvre du droit de dissolution et apprécie les causes déterminantes pour y procéder. Quant au pouvoir du chef de l?Etat de dissoudre l?Assemblée nationale, la Constitution y met une limite dans son article 59, qui stipule: ?Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans les douze mois qui suivent cette élection?.
Fano RAKOTONDRAZAKA © L?Express de Madagascar
LEGISLATIVES ANTICIPEES
Le code électoral remis en question
■ Des voix commencent à s?élever à nouveau pour réclamer la révision du code électoral. Mais le pouvoir ne semble pas disposé à accéder à cette demande. Alors que le président Ravalomanana a décrèté la dissolution de l?Assemblée nationale, une partie de la classe politique se tourne déjà vers les élections. Des voix s?élèvent à nouveau pour réclamer la révision du code électoral censé régir les prochaine législatives. Les dirigeants du parti Asa vita ifampitsarana (Avi) ont déposé récemment une proposition de loi de révision du code électoral au Parlement, avant la sortie du décret présidentiel.
Ainsi, les députés Laurent Ramaroson, président du groupe parlementaire, et Liva Raharison ont remis 250 exemplaires du texte du Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) au Parlement. Les parlementaires de l?Avi se sont lancés dans une course contre la montre pour déposer les documents avant la sortie du décret présidentiel à midi. Cependant, avec la dissolution de l?Assemblée nationale, la voie parlementaire pour la révision du code électoral se ferme.
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