Publicité
Une ascension fulgurante
Ambition, terme qui permet au nouvel Executive Assistant Manager de voir aussi loin que l?horizon. Et pour Clency qui n?a que 43 ans, cette ligne imaginaire est sans cesse repoussée. ?Je me donne un an pour occuper le poste de Resident Manager, soit être le numéro deux de l?hôtel?, déclare-t-il avec tout le sérieux du monde.
Et Clency est en droit de placer la barre aussi haut car cet habitant de Coromandel est entré dans la vie active comme vigile pour Securicor. On est alors en 1981 et le chômage bat son plein. ?Je suis issu d?une famille très pauvre et c?était la première occasion qui se pressait à moi après mes études au collège Eden de Rose-Hill.?
Clency travaille alors souvent de nuit et fait des gardes tantôt dans la cour de la défunte usine Desbro, tantôt dans la cour des ambassadeurs à Floréal. Quand ce n?est pas dans des usines. Sa vie change du tout au tout lorsqu?il est envoyé à l?hôtel La Pirogue. ?C?était ma 27e assignation. J?étais subjugué par la beauté du cadre et par la possibilité de rencontrer des étrangers de toutes nationalités que je ne voyais pas sur la route de Coromandel?, dit-il avec l?humilité et la simplicité de ceux qui n?ont pas oublié leurs origines.
Clency profite de ses tours de garde de jour pour communiquer tant avec les directeurs et le personnel de l?hôtel qu?avec les touristes. Au bout de huit ans, Andrew Slome, le directeur d?alors à La Pirogue, qui l?a souvent vu faire, lui propose de quitter Securicor pour diriger le département de stewarding de l?hôtel qui va être créé. Clency n?hésite pas une seule seconde à démissionner pour occuper cette fonction. Il dirige alors une équipe de 23 hommes dont la tâche est de nettoyer la cuisine, le restaurant, le bar, les espaces publics et la sélection, l?achat et l?inventaire des équipements de l?hôtel, hormis le mobilier des chambres.
Comme le département qu?il dirige est intimement lié à la restauration, Clency se met à observer les différents départements où son équipe nettoie. ?Je me suis intéressé à voir comment fonctionne le restaurant, le bar, la cuisine?.
Lorsque le Sugar Beach ouvre ses portes et que le département de stewarding y est mis en place, Clency est appelé à former l?équipe du département. Il assure alors la responsabilité des deux départements de stewarding de ces hôtels.
Impressionné par sa capacité de travail et par son sens de l?initiative qui lui vaut notamment le titre d?Employé de l?hôtel en 1991, Andrew Slome lui offre cinq ans plus tard le poste d?assistant directeur de la restauration. Pour qu?il soit entièrement à l?aise dans ses nouvelles chaussures, Clency est envoyé à l?université de Cornell à New-York pour suivre un cours de quatre mois en restauration. Il en ressort diplômé et renforcé du point de vue de la gestion. Il continue à appliquer ses connaissances jusqu?en 2001 lorsqu?il est promu directeur de la restauration côté services.
?Moi, je n?ai pas l?air comme cela mais je suis très ambitieux. Je vous l?ai dit, je vise maintenant le poste de numéro 2. Il faut que je sois bon à 100 % dans tous les départements.?
Clency s?acquitte tellement bien de ses responsabilités que l?année suivante, il est nommé directeur de la restauration. Cela signifie davantage de contrôle sur tous les autres départements tombant sous la restauration ? bars, restaurants, service de plage, room service, département de stewarding ? et un temps de réaction ultra rapide dans la résolution de pro-blèmes. Il suit les cours de gestion hôtelière délivrés par l?Ecole hôtelière en collaboration avec la Singapour Hotel Association et décroche son diplôme sans peine. L?approche singapourienne se différencie de l?américaine dans le sens où elle est ?plus directe et plus adaptable au contexte local?.
A la fin 2003, Clency est élu Manager of the Year et se voit récompenser par un séjour à Dubayy. Notre homme poursuit son bonhomme de chemin jusqu?à avril 2005 lorsqu?une proposition lui est faite d?intégrer le One and Only Touessrok en tant que directeur de la restauration. Pour Clency, c?est une occasion unique de déployer son savoir-faire dans un cinq-étoiles, même si quitter La Pirogue l?attriste.
Au One and Only Touessrok, il traite avec une clientèle plus huppée et aussi plus exigeante mais apprécie le fait d?avoir davantage de moyens et de facilités à sa disposition. ?Ce qui me laisse le temps d?être plus à l?écoute de la clientèle?.
Le 1er juillet dernier, on le nomme Executive Assistant Manager, soit le numéro trois de l?établissement après le Resident Manager et le directeur général. ?C?est cinq fois plus de responsabilités et une plus grande visibilité auprès de la clientèle?, déclare Clency avec le sourire.
A croire que c?est simple comme bonjour. ?Je vous assure que ce n?est pas difficile. J?adore ce que je fais.? Et puis, les livres de Stephen Covey, guru international du management, lui ont été d?une aide précieuse. ?Il dit toujours : seek first to understand then be understood. Il faut écouter d?abord et ensuite essayer de régler le problème à son niveau. Tout est dans cette approche d?écoute qui induit le respect et facilite la communication.?
Lorsqu?on lui demande quelles qualités favorisent une si belle progression professionnelle, Clency cite les fameux trois ?P?. Et l?ambition dans tout cela ? ?Bien sûr qu?il faut aussi l?avoir. Moi, je n?ai pas l?air comme cela mais je suis très ambitieux. Je vous l?ai dit, je vise maintenant le poste de numéro 2.?
Clency a déjà identifié sa lacune et il compte la combler rapidement. ?Je n?ai pas suffisamment de connaissances dans la division des chambres et je vais y travailler. Il faut que je sois bon à 100 % dans tous les départements.?
Clency est reconnaissant à Joerg Roterberg, son directeur général et à Fabio Picirillo, Chief Executive Officer du groupe Sun pour la confiance placée en lui. ?Je ferai tout à mon niveau pour que le Touessrok reste le porte-drapeau du groupe.? Tout comme il remercie tous ceux qui l?ont aidé à un moment ou à un autre de sa carrière. Sans oublier sa femme Jeannine qui travaille au restaurant à La Pirogue et leur fils Johan, 16 ans, étudiant au Bocage, pour qui il reste sans nul doute une source d?inspiration. Clency Romeo, c?est assurément l?exemple à suivre?
Publicité
Publicité
Les plus récents