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Deux personnes détenues à Mahajanga
Les rumeurs de trafic de personnes ou d?organes humains ont engendré une psychose au sein de la population malgache, sans qu?il y ait de preuves tangibles ni de plaintes pour disparition.
La justice ne traîne pas. Un suspect, originaire d?Antsiranana, a été incarcéré récemment, après les rumeurs se rapportant aux soi-disant trafiquants d?hommes à Ambohiboaka, sur la route d?Amborovy. Son présumé complice, victime de la vindicte populaire, est toujours soigné pour diverses blessures au Centre hospitalier universitaire d?Androva.
Fait étonnant pour le commissaire central Hajanomena Razatovo : depuis l?arrestation des deux hommes, personne n?est venue déposer une plainte pour enlèvement, kidnapping ou rapt d?enfant ni d?homme, pour confirmer les rumeurs.
?C?est devenu une véritable psychose parmi la population locale en ce moment. Il y a eu un tel écho au sujet de ces rumeurs mais chose étrange, aucune plainte n?a été déposée jusqu?à ce jour. Pourtant, les ragots vont bon train sur la disparition d?une jeune fille, d?un homme, ou encore sur le cas des sept tireurs de pousse-pousse enlevés dernièrement. Et j?en passe?, note-t-il.
Climat de méfiance
?En outre, être placé sous mandat de dépôt ne veut pas dire que la personne est coupable. Acquérir une liberté provisoire ne signifie pas qu?elle est innocente. La détention préventive est aussi à titre provisoire?, explique le commissaire.
Le premier responsable de la sécurité au niveau de la police nationale met également en garde ceux qui sont tentés de répandre des rumeurs et d?inciter aux troubles.
?Je ne réfute pas qu?il n?y a jamais eu de plaintes déposées pour enlèvement et kidnapping. Mais jusqu?à présent, toutes les charges ne sont pas encore réunies pour conclure qu?un réseau de trafiquants de personnes, d?organes humains ou d?enlèvement d?enfants existe vraiment? argumente le commissaire Hajanomena Razatovo.
?Qui a vraiment intérêt à véhiculer ces rumeurs ? Aucun témoin ne s?est jamais présenté dans nos locaux pour témoigner. Un climat de méfiance réciproque règne en ce moment à Mahajanga. Les étrangers, possesseurs de voitures 4x4 teintées, ainsi que certains organismes, sont aussi taxés de trafiquants et de kidnappeurs. C?est dommage?, déplore-t-il.
Par ailleurs, en attendant son procès, une personne est placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Marofoto, la semaine dernière. Tel est l?issue provisoire du meurtre du jeune Dogna survenu le 16 juin dernier à Ambohimandamina, Mahajanga.
Le dossier a fait l?objet d?une enquête parallèle, ce qui n?est pas le cas d?habitude. Trois autres personnes sont mises en liberté provisoire.
Vero ANDRIANARISOA
© L?Express de Madagascar
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