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L?evenementiel un boost pour le tourisme

18 juillet 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nouveau créneau identifié par le gouvernement pour apporter une plus-value à la destination touristique mauricienne, l?événementiel est en train de se faire une place. Mais la partition comporte également quelques couacs qu?il convient de corriger si Maurice veut devenir un haut lieu de l?événement international.

?Il y a de plus en plus d?événements, de plus en plus de beaux et de vrais concerts?, constate Claire Le Lay, directrice de Bao Communications, société qui est de plus en plus présente dans le secteur. D?ailleurs, elle devrait organiser un des événements phare de l?année? Avec le concours de son partenaire réunionnais, Yvan Sudre, Bao Communications prévoit de produire les artistes de La Nouvelle Star, en septembre. Le public, principalement des adolescents, devrait être comblé par un grand concert qui se tiendra, à coup sûr, à guichets fermés. Le tout orchestré avec le concours d?Events Mauritius.

Nouvelle compagnie 100 % contrôlée par le gouvernement et officialisée en juin, elle est désormais chargée de promouvoir et d?organiser, de cofinancer et de gérer les événements internationaux à Maurice. La Nouvelle Star devrait être l?un de ses premiers opus. Mais l?organisme, présidé par Michaël Sik Yuen, prépare surtout la deuxième édition du Festival international créole, prévu pour début décembre. Soirée poétique, conférences, défilé de mode, festival culinaire et grand concert live? Il sera ?le plus grand événement organisé par le ministère du Tourisme et des Loisirs?.

?Il faut qu?il y ait des choses qui se passent? pour agrémenter le séjour mauricien?, insiste Xavier Duval, le ministre du Tourisme. Il veut faire de Maurice une destination excitante, offrant plus que la plage et le soleil. D?autres dates seront inscrites au calendrier d?Events Mauritius, dont un festival du prêt-à-porter et une soirée spéciale avec la participation de l?emblématique Ministry of sound.

?Notre objectif est de créer des loisirs, d?attirer l?attention médiatique et surtout celle des touristes?, insiste-t-on chez Events Mauritius. Une façon de diversifier l?offre de la destination mauricienne, qu?il s?agira cependant d?inclure dans un calendrier pré-établi. ?Car nous voulons aussi impliquer les tour-opérateurs dans certains événements, à condition de les prévoir longtemps à l?avance de façon à ce qu?ils puissent figurer dans les catalogues?, insiste-t-on chez Events Mauritius. Mais au-delà des objectifs de croissance du tourisme, l?événementiel est un secteur émergent qui mobilise déjà beaucoup de monde. ?La venue d?Events Mauritius est une très bonne chose qui va permettre de créer des choses d?envergure, avec le soutien de l?Etat mais il faudrait aussi que tous ceux qui sont déjà dans le circuit puissent continuer à en profiter?, intervient Patrick Antonopoulos, d?Olympic Events.

?A Maurice, l?événementiel arrive à nourrir son homme à condition de savoir s?y prendre. Car le pouvoir d?achat du public mauricien est limité (...) Pour certaines vedettes, rien que le cachet coûte entre Rs 500 000 et Rs 2,5 millions.?

Sa société a déjà plusieurs événements à son actif, des concerts, des soirées et quelques vedettes de la scène musicale internationale. Patrick Antonopoulos se réjouit. Les nouvelles mesures annoncées dans le récent budget vont booster le secteur : suppression de l?Entertainment tax, assouplissement des procédures pour permettre aux artistes étrangers de se produire sur le territoire mauricien.

Claire Le Lay accueille, elle aussi, très favorablement le nouveau train de mesures. ?Fini le parcours du combattant?, se réjouit la directrice de Bao Communications qui travaille en collaboration avec un organisateur de tournées réunionnais. Elle est passée de la communication à l?événementiel et après quelques rendez-vous réussis, son catalogue s?allonge. Et le secteur mobilise de plus en plus de monde. Ils sont une petite centaine, ceux qui sont déjà engagés dans le domaine.

?Mais nous sommes aujourd?hui une poignée seulement à savoir man?uvrer car dans l?événementiel, il y a une série de métiers bien distincts, que ce soit au niveau de la création de l?événement ou de sa gestion. Ce n?est pas la même chose et malheureusement beaucoup n?ont pas les compétences voulues pour les deux?, insiste Claire Le Lay.

Le paysage événementiel en est donc à ses premiers balbutiements. Il faut d?ailleurs distinguer les événements qui sont créés pour la scène locale de ceux qui ont une ampleur plus internationale. Il y a des organisateurs qui font preuve de beaucoup d?amateurisme. Dans le secteur, on n?en est encore qu?au début, loin, par exemple, de Dubayy, le modèle type.

La métropole arabe est l?un des pôles internationaux de l?événementiel. Il ne s?y passe pas une semaine sans qu?il y ait un événement, petit ou grand. Concerts, courses, défilés ou journées et soirées thématiques autour des fleurs, des bijoux, etc., tous les prétextes sont bons. ?Le but est de créer une attraction afin d?attirer les gens. Tous les acteurs économiques sont mis à contribution?, explique un homme d?affaires qui se rend régulièrement à Dubayy.

A Maurice, l?événementiel arrive à nourrir son homme à condition de savoir s?y prendre. Car le pouvoir d?achat du public mauricien est limité alors que les budgets sont lourds. Pour certaines vedettes, rien que le cachet coûte entre Rs 500 000 et Rs 2,5 millions. Autrement dit, pour les concerts, il est impératif de faire intervenir les sponsors, comme le souligne Claire Le Lay.

Et les infrastructures posent toujours problème. Le centre de conférences Swami Vivekananda est opérationnel mais ne répond pas à toutes les attentes. ?Rien à voir avec un Palais des Congrès de Cannes?, note un spécialiste des concerts. Pour certaines prestations, il est déjà dépassé, surtout en ce qui concerne l?accès. ?Lorsqu?il a accueilli Francis Cabrel, les gens ont dû faire la queue pendant deux heures avant de pouvoir atteindre le centre.?

Or, si Maurice veut se mettre sur la carte mondiale, il lui faut un ?Palais des Congrès? ou quelque chose dans le genre, sur un site beaucoup plus propice. L?Etat va-t-il délier les cordons de la bourse ? Peu probable?

Pour mettre Maurice sur la carte, il faudrait donc réunir les ingrédients nécessaires, de grosses pointures et un site adéquat. ?Sinon on reste coincé, c?est le cas de le dire?, note le spécialiste des concerts. Ou alors réviser les ambitions à la baisse et miser plutôt sur les semaines thématiques comme cela se fait à Dubayy.

Quelques opérateurs prospectent, eux, loin des feux de la rampe. Ils se sont spécialisés dans l?organisation de soirées pour les groupes qui viennent régulièrement tenir leur séminaire à Maurice. ?Les événements privés et internationaux exigent un grand professionnalisme mais leur fréquence dépend aussi de la capacité de la destination à accueillir des groupes de plus en plus importants, tentés par d?autres pays plus concurrentiels?, n?hésite pas à avancer un events manager. Dernier événement en date : la soirée IBM qui a réuni 2 000 personnes autour de concerts et de spectacles variés.

Quoi qu?il en soit, il y a de plus en plus de spectacles, divers et variés, à Maurice. La qualité est aussi au rendez-vous. Et, comme le signale Patrick Antonopoulos, les prestataires de services qui ont trouvé leur place dans le paysage événementiel sont ceux qui ont fait leurs preuves au fil des rendez-vous. Et le public est prêt à leur renouveler sa confiance.

<B>Les soupirs de l?industrie musicale </B>

Intimement liée à l?événementiel,l?industrie musicale mauricienne suit, elle aussi, la tendance. Dans le monde, elle est l?une des premières industries pesantplusieurs dizaines de milliards de roupies. Un pays comme la Jamaïque exporte plus de musique que de sucre. A Maurice, le monde des spectacles emploie quelque 2 000 personnes, selon la Mauritian Society of Authors. Dans les petites économies, industrie musicale et tourisme sont étroitement liés, selon une étude réalisée par le Centre for Applied Social Research de l?université de Maurice. Plusieurs projets de studios musicaux pour l?enregistrement d?albums internationaux ont été énoncés mais n?ont jamais vu le jour...

<B>La bataille de Grand-Port aura encore une fois lieu... </B>

Un événement de taille devrait se produire en 2010. Events Mauritius pourrait en effet commémorer le bicentenaire de la bataille de Grand-Port par une course de bateaux entre l?Afrique du Sud et Maurice. Lindsay Noé, conseiller au ministère du Tourisme et des Loisirs, est l?un des concepteurs du projet.

Il précise que plusieurs pays comme la Russie et le Venezuela, ont déjà signifié leur intention de participer avec leurs navires école, de grands voiliers datant du 19e siècle. L?événement devrait se tenir en mai au lieu d?août, date exacte de la bataille. Un tel événement devrait contribuer à donner un grand coup de projecteur sur Maurice?

<B>Le centre aux prestations diverses </B>

Polyvalent, avec ses 17 000 m2 et ses 3 000 places, le centre de conférences Swami Vivekananda, à Pailles, peut offrir des prestations diverses (salons, conférences, concerts, etc.). Le premier événement a été le sommet des petits Etats insulaires en janvier 2005. Au niveau des concerts, stars françaises et indiennes y ont défilé, depuis 2005. Le centre de conférences de Pailles appartient à la State Investment Corporation. Il reste cependant le plus cher et coûte en moyenne Rs 100 000 pour une prestation.

Les autres salles les moins onéreuses (autour de Rs 40 000) sont : le Mahatma Gandhi Institute, l?Indira Gandhi Centre for Indian Culture, le centre de conférences de Grand-Baie ou encore, plus modestement, le théâtre de Port-Louis. Les stades et La Citadelle sont de moins en moins disponibles?

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