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Sebastian Denton,le diamant en héritage

14 juillet 2007, 20:00

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Elle se glisse en solitaire au bout d?une bague, se tisse en fragments de poussières sur des bracelets ou s?écoule en rivière sur des parures? Elle fait rêver, émerveille par sa clarté et sa préciosité ! Fascinante cette pierre taillée aux 58 facettes qu?est le diamant !

Son histoire, Sebastian Denton la connaît sur le bout des doigts et la conte à son tour aujourd?hui. Vêtu d?une chemise rose et d?un pantalon gris-vert, le jeune homme de 24 ans l?évoque avec une passion foisonnante, dans un accent mêlant les divers pays qu?il a traversés. Afrique du Sud, Australie, États-Unis, entre autres, destinations.

Ces dernières l?ont façonné, mais elles jouent également un rôle prépondérant dans l?industrie du diamant, à laquelle le grand-père de Sebastian a insufflé la vie dans les années 40. « Tout a commencé à la fin du XIXe siècle. Albert Goldstein, mon grand-père, a fondé une fabrique de diamants en Afrique du Sud, qui s?est développée avec le temps. Mon père, Stephan, qui est né aux États-Unis, y a également travaillé », raconte Sebastian.

Dans les années 70, il vient s?implanter à Maurice après le rachat d?une usine spécialisée par le grand-père, qui ramène au passage des appareils, conçus par lui-même. Une fabrique de diamants importés est mise sur pied et baptisée Mauriden. Elle sera gérée par le fils d?Albert Goldstein, Stephan Denton. Dans les années 80, celui-ci met sur pied la boutique Adamas, qui effectue la vente des diamants taillés et les bijoux. Elle sera officialisée en 1987.

Durant la même époque, l?entrepreneur fait la connaissance d?Evelyn, une Australienne, lors d?une fête. Les deux tombent amoureux et se marient. Quelque temps après, un petit garçon vient au monde : Sebastian. Mais six mois après sa naissance, il doit subir une intervention chirurgicale en Afrique du Sud. Du coup, la famille embarque pour ce pays et y vit pendant trois ans. « Ensuite, nous sommes partis en Australie et y avons vécu pendant cinq ans, avant de revenir à Maurice », relate notre interlocuteur.

Étudiant à l?École du Nord, puis au Bocage, Sebastian Denton complète ses études secondaires au St Andrew?s College en Afrique du Sud.

À ce moment-là, son esprit fourmille d?idées de carrière : « J?ai toujours aimé les chiffres. Je voulais être un investisseur. » À la fin de l?an 2000, alors qu?il termine sa scolarité, Sebastian Denton décide de viser d?autres cieux et entreprend une licence pour devenir pilote. « Quand je voyageais, je visitais le cockpit de l?avion, car la plupart des pilotes étaient les pères de mes amis. Puis, il y avait aussi des copains qui exerçaient ce métier. Cela m?intéressait. Mais après ma formation, j?ai compris qu?il fallait passer beaucoup de temps à remplir des check-lists avant et après les vols. J?allais m?ennuyer? », raconte-t-il, en riant.

Un riche éventail de bijoux

C?est alors que Sebastian met le cap sur New York. Là, il effectue des études plus « libres » et suit un double degré en italien et en science du cerveau !

Et touche au passage à des matières comme l?histoire, le cinéma, la Russie et il se spécialise également en robotique !

Après cinq ans d?études, Sebastian en sort enrichi, mais également avec des contacts dans la bijouterie qui s?avéreront utiles pour l?entreprise familiale.

Le jeune homme s?imagine exercer dans le domaine scientifique. Mais là encore, cela implique de la paperasserie ! Très peu pour lui ! Il rentre au pays et intègre l?industrie du diamant. « Quand je suis arrivé, j?ai utilisé mes connaissances en science et en robotique pour réformer les départements informatiques, marketing et publicité, pour restructurer la logistique au niveau des stocks et des commandes avec un système de photographie digitale. Avant, c?était difficile d?évaluer les stocks », ajoute Sebastian.

Entre-temps, Adamas s?est implanté à Grand-Baie et à Belle-Mare, proposant un riche éventail de bijoux finement conçus en or et en argent, avec des perles, sertis de diamants et d?autres pierres précieuses, dans des designs originaux issus de griffes américaines, italiennes, entre autres pays.

« Nous avons aussi créé des gammes de bijoux fabriqués par notre usine, à partir d?or importé et de pierres que nous taillons. Le tout en axant sur une conception originale, une belle finition pour un travail de qualité. C?est important, car un bijou se porte toute la vie et se transmet à travers les générations », déclare-t-il.

Hormis les bijoux, le jeune homme a également mis les diamants taillés qui arborent toutes les couleurs dont du rose, du marron, du jaune, des mélanges de blanc et de noir, entre autres coloris, sur le marché.

Alors que la boutique fête sa vingtième année d?existence, la famille a décidé de diversifier ses services. Elle vient de s?associer à Mont Blanc, marque pour laquelle est consacrée une boutique exclusive à Floréal, et qui existe également depuis 20 ans. « C?est peut-être une coïncidence, mais je me suis dit qu?on pouvait associer les deux, vu que nous fêtons le même anniversaire », dit-il en souriant.

Et afin de rendre ses articles plus accessibles, il a entrepris des démarches pour que la vente puisse cibler non seulement les touristes, mais également les Mauriciens. Ainsi, depuis lundi, la vente locale est effective. « Adamas est une marque mauricienne, nous voulons que tout un chacun puisse acheter les bijoux de qualité à des prix abordables », ajoute-t-il.

Innover encore

Et pour continuer sur sa lancée, Sebastian, comblé par l?industrie du diamant, compte innover encore. Bientôt, il envisage d?étoffer ses collections de joyaux avec trois nouvelles lignes et ouvrir une quatrième boutique Adamas au Caudan. « Un autre rêve, c?est d?implanter des boutiques dans la région, par exemple à la Réunion, aux Seychelles ou encore aux Maldives. Pour que la marque mauricienne devienne aussi une référence sur le plan mondial », conclut-il.

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