Publicité

Rivaltz Quenette ressuscite le souvenir de Jean Lebrun

3 juillet 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Rivaltz Quenette se signale à l?attention de tous ceux qui s?intéressent sincèrement et sans parti pris à l?Histoire de Maurice en publiant, à compte d?auteur, à la mi-1982, une étude biographique des plus intéressantes, intitulée L??uvre du Révérend Jean Lebrun à l?île Maurice. Le travail ne manque pourtant pas pour ce fonctionnaire modèle, attaché au secrétariat de notre Assemblée législative, en ces jours d?élections législatives, de prestation de serment de nouveaux ministres et de nouveaux députés, d?ouverture de session parlementaire, de lecture du discours du trône, de laborieuse nomination de députés correctifs, d?ailleurs contestée par certaines factions et même par certains backbenchers d?une majorité pléthorique. Le futur secrétaire de notre Parlement, le confident de Sir Harilal R. Vaghjee et de Sir Harold Walter, trouve pourtant le temps de présenter son ?uvre au public. Des frères d?armes, Portlouisiens comme lui, Joseph Tsang Mang Kin, président de la SEMEF, Emmanuel Juste, Karl Offman imprimeur et député fraîchement élu, Rama Poonoosamy, nouveau ministre des Arts et de la Culture, l?accompagnent à cet effet.

Contrairement à beaucoup d?autres confrères, Rivaltz Quenette n?est pas historien pour le simple plaisir d?écrire sur l?Histoire de Maurice. A l?instar de nos autres historiens, il ressuscite, bien sûr, et avec talent le souvenir de personnalités disparues et d?événements passés. L??uvre d?historien, l?engagement au service de notre Histoire, sont pour lui, un combat, la défense d?une noble cause, un devoir de gratitude, un acte de filiation. Il n?étudie pas n?importe quelle personnalité disparue mais uniquement ceux et celles qui ont exercé une influence majeure et déterminante sur sa vie, sur son jugement, sur son comportement, sur les valeurs humaines qu?il chérit, sur les principes qui le guident et l?inspirent. Tout ce qu?il écrit est acte de reconnaissance et devoir de remerciements à l?égard de tous ceux qui lui ont permis de devenir ce qu?il est devenu, à savoir, un Mauricien exemplaire, un éminent patriote, un modèle pour les générations à venir. Il suffit d?ailleurs de parcourir les nombreux titres de sa bibliographie pour savoir qui sont les Mauriciens qui font partie de son panthéon personnel et qui hantent son profond désir de toujours nous donner le meilleur de lui-même, de nous donner ce que ses modèles et gourous historiques lui ont apporté en termes de nourritures spirituelles et de balises.

Il consacre donc son ?uvre historique au Révérend Jean Lebrun, mais aussi aux esclaves affranchis, expulsés hors des établissements sucriers pour faire de la place aux travailleurs agricoles engagés, en Inde, pour devenir les nouveaux esclaves de Sa Majesté le Sucre, aux principaux acteurs du combat réformiste qui nous offrent la constitution de 1885, une législation certes oligarchique mais déjà une brèche décisive dans la forteresse du colonialisme et de l?arbitraire absolu, Onésipho Beaugeard, un des grands prêtres de ce combat réformiste et démocrate, à la Loge maçonnique de la Triple Espérance qui défend ces nobles valeurs humaines un bon siècle avant la constitution de 1885, à Emmanuel Anquetil et, bien sûr, à un siècle d?histoire particulièrement édifiante de la corporation municipale du Port Louis, véritable épopée mauricienne, mettant en scène nombre de maires, de conseillers, de fonctionnaires municipaux, tous brûlant du même feu sacré : prouver que les meilleurs Mauriciens peuvent être d?aussi bons administrateurs que les meilleurs fonctionnaires anglais. Il est donc à l?école des Rémy Ollier, des Evenor Ithier, des Charles Newton.

Manquent à ce panthéon rivaltzien, Rémy Ollier, Raoul Rivet et Edgar Laurent (mais nul besoin pour lui de refaire ce qu?a fait et si bien son ami, le regretté Marcel Cabon) mais surtout le Grand Laurent (Eugène). Mais ce n?est que partie remise car notre talentueux biographe doit déjà avoir commencé à compiler la matière première pour rendre à ce grand démocrate un tribut digne de son noble combat politique. Sur ce point, nous pouvons d?ores et déjà lui faire confiance.

Rivaltz Quenette a d?autant plus de mérite de rédiger la biographie de Jean Lebrun qu?il sait que son livre ne plaira pas à tous. En fait, l?Histoire doit retenir qu?au milieu du XIXe siècle, deux hommes, deux missionnaires d?égal mérite et de comparable dévouement, se dévouent corps et âme au mieux-être surtout spirituel de la portion la plus démunie, la plus méprisée de notre population mauricienne, à savoir les esclaves affranchis et leurs enfants. Seule l?Histoire peut expliquer pour quelle raison l?ensemencement de l?un d?entre eux sera plus fructueux que celui de l?autre, en d?autres mots pourquoi, grâce à Jacques Désiré Laval, les Mauriciens d?origine afro-européenne seront majoritairement catholiques et francophones au lieu de devenir protestants et anglophones comme le souhaitait le non moins méritant Jean Lebrun. Ils devaient mourir à un an d?intervalle (1864-65).

Publicité