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Vouloir et Pouvoir

1 juillet 2007, 00:00

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Des thèses entières pourraient être écrites sur l?éternel sujet de débat qui fait s?affronter gouvernement et opposition à chaque alternance. Passée la torpeur de la défaite ou l?ivresse de la victoire, on passe à autre chose. La phase de l?inventaire. L?opposition se targue de son bilan et accuse le pouvoir en place de « deklar piti ki pa pou li ». Tandis qu?avec force détails, le gouvernement s?applique à démontrer à quel point il lui est difficile de se dépêtrer de « l?héritage » catastrophique et des placards remplis de « squelettes » laissés par le prédécesseur.

Nous avons assisté à ce cirque depuis juillet 2005. Avec les débats budgétaires, ces rengaines sont apparues encore plus audibles dans l?hémicycle et au dehors. Il est temps que cela cesse. Et que l?on passe à autre chose. Pour ce faire, il faut quand même mettre quelques pendules à l?heure.

Le travail de ce gouvernement, sur le front économique, est appréciable. Il produit des résultats. Il ne peut qu?être soutenu.

Mais il ne faut pas non plus tronquer la réalité et tirer tous les draps à soi. Non, si la croissance revient aujourd?hui, ce n?est pas seulement parce que la réforme économique initiée par Rama Sithanen porte ses fruits. Il n?y a pas que ce gouvernement qui a semé les graines qui permettent le « early harvest » de cette année. L?essor de deux des secteurs qui dopent la croissance, attirent l?investissement direct étranger et aident à pourvoir des emplois ? le « Seafood Hub » et les « Integrated Resorts Schemes » ? est aussi imputable au gouvernement précédent. Malgré les railleries et les discours démagogiques d?il y a quatre ans, on a cru en l?avenir et au potentiel de ces secteurs. Si l?opposition a eu la vision de les promouvoir, il faut le reconnaître et l?en féliciter.

Tout comme il faut admettre que le redressement de l?industrie du textile a débuté, non en juillet 2005, mais au moins deux ans auparavant. Rajesh Jeetah ne peut s?attribuer seul les lauriers des 6 % de croissance que le textile va connaître cette année.

C?est parce qu?il y a eu une prise de conscience, certes tardive, sur les effets du démantèlement de l?accord multifibre, de la précarité de notre situation avec l?« Africa Growth and Opportunity Act », que le textile a su se ressaisir. Encouragé en cela ? de manière insuffisamment énergique peut-être ? par l?ancien régime.

Au niveau institutionnel, si la collecte des revenus de l?État s?améliore, c?est aussi parce que l?ancien gouvernement a saisi l?importance de regrouper toutes les activités de collecte sous le chapeau de la « Mauritius Revenue Authority ». Si l?industrie d?exportation, y compris les petites et moyennes entreprises, regarde l?Afrique avec espoir et appétit aujourd?hui, c?est en partie parce que la création d?« Enterprise Mauritius » leur a offert une plateforme de facilitation, d?aide et de développement plus cohérente.

Bien évidemment, l?on récolte parce que l?on a semé. Mais on le fait d?autant mieux si d?autres ont labouré en partie le champ auparavant. Mais voilà, l?opposition ne doit pas non plus se contenter d?utiliser ces arguments pour tenter de déposséder le gouvernement du bilan qu?il revendique déjà.

Il est temps qu?on solde les comptes des deux côtés. Sithanen semble être revenu à la raison en rappelant qu?il faut « guette lavenir pluto que le passé ». Tant mieux. Dans la foulée, il faut qu?il remise les squelettes au placard, qu?on cesse de parler d?héritage. Ce gouvernement est au pouvoir depuis deux ans. Et on peut dire que, d?ici quelques mois, il devra assumer l?entière responsabilité de tout ce qui lui arrivera de positif ou de négatif ? sauf conjoncture internationale ou locale exceptionnelle.

Dans ce contexte, les termes d?un nouveau débat entre opposition et gouvernement doivent être posés. Bien évidemment, Vishnu Lutchmeenaraidoo, avec une touche populo, c?est vrai, pourra faire ce que Sithanen faisait quand il était dans l?opposition. En expliquant à la population que les finances publiques sont truquées et qu?on nous cache la vérité au sujet de la dette, du déficit? de tout. Mais ce débat-là, la population n?en veut pas. Ceux qui ont à c?ur l?avenir du pays discernent très vite tout ce qu?il y a de politicien dans ce genre de discours.

Nous voulons plutôt savoir ce qu?eux feraient à la place de ce gouvernement. Étant entendu que si une opposition est responsable, elle n?attend pas que le gouvernement se plante pour re-prendre le pouvoir d?un pays en ruine et le redresser ensuite à coups de baguette magique. Il serait donc utile qu?on débatte de manière constructive sur l?avenir de la réforme dans le sucre, sur la façon de résorber le chômage des personnes peu qualifiées. Et sur les stratégies à mettre en place pour développer de nouveaux secteurs d?activités et attirer l?investissement dans le pays. La question est lancée. L?opposition peut-elle jouer ce jeu-là ? Et veut-elle seulement le faire ?

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