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Guerres d?influence
La semaine a été pleine de rebondissements à Airports of Mauritius Ltd (AML). Après la démission du Chief Executive Officer, Dan Maraye, c?est celle du président du conseil d?administration, Roshan Seetohul, qui est intervenue vendredi. Et la crise a vite pris une tournure politique, avec le président qui évoque son souci d?éviter des remous politiques en soumettant sa démission.
Du coup, les supputations sur le remplacement de ces deux hommes vont bon train. AML gère quand même l?aéroport, d?où l?importance d?assurer la continuité et la sérénité dans sa gestion. « Aucune décision n?a été prise. Rien ne dit que ce sont les personnes dont les noms circulent dans la presse qui seront nommées », a prévenu, hier soir, un ministre directement concerné par ce dossier.
Et le cas AML pourrait bien être l?arbre qui cache la forêt. Un prési-dent de conseil d?administration d?un important corps parapublic restitue les enjeux.
<B>Chacun fait valoir son parrainage</B>
« Il faut rappeler la dimension de corporate governance. C?est au conseil d?administration de définir clairement les responsabilités de la direction. C?est lui qui définit les paramètres d?action de la direction et qui doit avoir le dernier mot sur les objectifs à atteindre et la stratégie. »
Mais ce dernier rappelle que l?élément politique peut vite fausser le jeu. Surtout quand le président du conseil d?administration et son directeur sont tous deux des nominés politiques. Dans ces cas, même en l?absence d?intervention ou d?influence politique directe, chacun fait valoir son parrainage pour défendre son point de vue ou imposer sa ligne directrice. C?est la situation qui prévaut en ce moment même au sein de plusieurs conseils d?administration importants du pays.
Les relations peuvent se corser quand un président de conseil d?administration ou un directeur, professionnel aguerri, se retrouve en face de collaborateurs utilisant leur allégeance politique comme caution de leur action.
Par exemple, même si dans les milieux proches de Vijaya Teelock, on soutient que la démission de celle-ci serait liée à un désir de prendre du recul par rapport à ses engagements, des divergences avec un de ses plus proches collaborateurs auraient contribué à son départ. Le mode de fonctionnement de ce dernier aurait créé la perception qu?il faisait voir ses relations. À l?université de Maurice, des tensions similaires commencent à se ressentir, selon un chargé de cours.
« C?est le professionnalisme qui doit primer. Après tout, le gouvernement choisit des professionnels pour diriger les corps parapublics. Ensuite, il appartient aux hommes qui dirigent l?institution ou qui font partie de son conseil d?administration de la gérer comme il se doit. J?entends des membres du secteur privé critiquer ce qui se passe. Il faudrait qu?eux aussi, car ils siègent sur plusieurs de ces boards, assument leurs responsabilités en évitant de cautionner les pratiques des directeurs ou présidents qui outrepasseraient leur rôle », rappelle ce président de conseil d?administration.
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