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La sucrerie de Mon-Loisir suspend sa fermeture

30 juin 2007, 00:00

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La direction de Mon-Loisir a décidé de ne pas fermer cette sucrerie comme prévu cette année. Raison évoquée : les négociations entre le gouvernement et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) portant sur la cession de 1 500 à 2 000 arpents de terre dans le cadre de la fermeture de trois usines.

«On n?arrive pas à prendre une décision quant à la date de fermeture de l?usine », dit Anil Dwarka, responsable de relations publiques du group Mon-Loisir. Jean-Noël Fayolle, Factory Manager, est plus explicite : «On est venu maintenant imposer des conditions de fermeture que le groupe étudie toujours.»

«Tout est maintenant remis en question», ajoute le Factory Manager. Il fait surtout référence au fait que la participation financière aux coûts sociaux dans le cadre de la fermeture de l?usine n?est pas spécifiée. Dans une première lettre à l?industrie sucrière, le gouvernement avait fait part de son intention de puiser des mesures d?accompagnement de l?Union européenne, à hauteur de 75 % pour le Blue-Print et de 70 % pour le Volontary Retirement Scheme.

Autre problème : la répartition des cannes entre Belle-Vue et Fuel au cas où Mon-Loisir met la clef sous le paillasson. Ce litige n?a pas été résolu avant la date butoir du 31 mai dernier.

L?annonce de la non-fermeture de Mon-Loisir Sugar Estate cette année a été faite la semaine dernière au cours d?une réunion entre la direction et les travailleurs. «Les travailleurs de la sucrerie sont dans la crainte. Ils affirment qu?il a été dit au cours de cette réunion que Mon-Loisir a décidé de ne pas fermer ses portes et de continuer à rouler jusqu?à la faillite. Les cas des employés de la sucrerie seront alors soumis au Termination of Contract Service Board», fait ressortir Lall Deonath, président de l?Artisans and General Workers Union (AGWU).

<B>Les syndicats mécontents </B>

Interrogé, Jean-Noël Fayolle nie que la direction de l?usine ait tenu un tel discours. «C?est de la pure spéculation. Il faut savoir que Mon-Loisir fait partie d?un groupe solide. Je ne vois comment un propriétaire peut laisser son usine à l?abandon», fait-il remarquer.

Dans le rang syndical, c?est le branle-bas de combat. Les syndicalistes veulent avoir la garantie que l?usine ne soumettra pas le cas des employés au Termination of Service Contract Board.

Un front commun des syndicats de l?industrie sucrière comprenant l?AGWU, la Sugar Industry Labourers Union et l?Union of the Artisans of the Sugar Industry a été constitué. La décision de Mon-Loisir de remettre à plus tard sa fermeture n?est certainement pas accueillie favorablement par les quelque 155 travailleurs de cette sucrerie. « Si Mon-Loisir avait fermé ses portes cette année, les employés de cette sucrerie auraient alors bénéficié des conditions qui prévalent dans le Blue-Print. C?est-à-dire un lopin de terre équivalant à entre dix et seize perches et une compensation située dans la fourchette de Rs 600 000 à Rs 1 million par travailleur», explique le syndicaliste.

C?est le 20 juillet prochain que la sucrerie de Mon-Loisir commencera à tourner. Les employés vérifient les machines et nettoient les équipements en attendant que l?usine commence à broyer la canne. Cette sucrerie a maintenant jusqu?au 14 octobre prochain pour reformuler sa demande de fermeture.

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