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Fibrome : une tumeur, pas un tueur
Il peut être de la taille d’un haricot mais il n’est pas impossible qu’il atteigne celle d’un fœtus de 24 à 28 semaines. Cette tumeur bénigne dont souffrent bon nombre de femmes est le fibrome. Certaines se voient contraintes, à la suite de son apparition, d’avoir recours à une hystérectomie (ablation de l’utérus). Mais ce n’est pas toujours nécessaire. Lumière sur ce mal qui en effraie plus d’une.
Le fibrome apparaît le plus souvent durant la période appelée périménopause, c’est-à-dire celle qui précède la ménopause. “Les symptômes apparaissent la plupart du temps chez les patientes âgées de 40 à 50 ans. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il peut, en effet, y avoir des patientes chez qui la tumeur est décelée vers 25 ou 30 ans.
On a remarqué cette apparition précoce surtout chez les femmes d’origine africaine”, explique le Dr Farhad Aumeer, gynécologue obstétricien.
Selon les estimations, cette tumeur bénigne (elle n’évolue pas en cancer) est généralement décelée chez quelque 20 à 40 % des femmes âgées de 30 à 45 ans dans le monde. Le fibrome trouve son origine dans le smooth muscle de l’utérus. “Il peut être soit dans l’endomètre soit à l’extérieur de l’utérus. Il se développe ensuite selon l’âge et l’état hormonal de la patiente”, explique notre interlocuteur.
Il a, en effet, été établi qu’il y a un lien entre les hormones et le développement du fibrome. Ainsi, à la ménopause, des fibromes peuvent disparaître étant donné que la production d’hormones cesse. “Il est important de ne pas être trop alarmiste si la patiente a moins de 45 ans. Le ou les fibromes régressent normalement à la ménopause.” On parle de fibrome au pluriel parce qu’il peut aussi y en avoir plusieurs, des fibromes multiples qui grossissent à différents points au niveau de l’utérus.
Comment savoir si on a un fibrome ? Il peut ne pas y avoir de signe annonciateur. Mais en général, les symptômes sont nombreux. Ils vont de la douleur au niveau du bas ventre aux règles abondantes et douloureuses, en passant par la sensation de pesanteur… “Tout symptôme anormal lié aux règles doit impérativement être rapporté à un gynécologue. Il prendra les mesures qui s’imposent à la suite d’un toucher vaginal ou d’une échographie”, précise le Dr Aumeer.
L’ablation pas automatique</B>
Si une anomalie est effectivement décelée, ne vous affolez pas. L’ablation de l’utérus n’est pas automatique. Il y a d’autres options thérapeutiques. “Le traitement vise l’allégement des symptômes présentés par la patiente. Il peut s’agir d’un traitement d’hormones par injections. Il y a aussi la myomectomie, c’est-à-dire l’enlèvement d’un ou plusieurs fibromes en préservant l’utérus.”
L’hystérectomie est envisagée quand le fibrome est volumineux ou quand il y en a plusieurs et que le délai jusqu’à la ménopause serait trop long. C’est une très importante décision vu qu’elle comporte un facteur fondamental qui affecte le reste de la vie d’une femme : le fait qu’elle ne pourra plus avoir d’enfant. Lorsque la patiente en question a des enfants et qu’elle n’a plus de désir de grossesse, il lui est plus facile de l’accepter.
Le Dr Aumeer précise cependant que les femmes les plus à risque en ce qu’il s’agit de fibrome sont celles qui n’ont jamais eu d’enfant. Ce qui ne veut nullement dire que celles qui sont mères ne courent aucun risque. Toutefois, la tumeur ne survenant en général qu’à la périménopause, elle ne représente pas véritablement, dans la plupart des cas, une entrave au désir d’être mère.
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