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Quand la CIA approchait la mafia pour assassiner Castro

28 juin 2007, 00:00

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La Central Intelligence Agency (CIA) a collaboré au début des années 1960 avec trois pontes de la mafia américaine sur un projet d’assassinat du dirigeant cubain Fidel Castro(photo), confirment des documents déclassés par l’agence centrale du renseignement.

Sous la houlette de son directeur, Michael Hayden, l’agence de Langley a rendu publiques 700 pages d’archives confidentielles qui détaillent certains des agissements les moins nobles de la CIA pendant près d’un quart de siècle. Toutes sont marquées d’un tampon “Secret Eyes Only”. Dans un communiqué, Hayden a prévenu ses employés que ce trésor dévoilerait aussi “des choses que la CIA n’aurait pas dû faire” et mettrait en lumière “une ère très différente et une agence très différente”.

Et c’est ainsi que dans la publication de ce que la CIA désignait sous l’expression de “Family Jewels”(Bijoux de famille – un long mémorandum de 700 pages datant de mai 1973) est apparue avant-hier une description détaillée des plans imaginés par l’agence immédiatement après la révolution cubaine de 1959 et la conversion au communisme de Fidel Castro. La hiérarchie de la CIA d’alors décide qu’“une mission délicate impliquant des actions de type gangster” est nécessaire. “La cible de la mission était Fidel Castro”, poursuit le document .

La CIA entre alors en contact avec Johnny Roselli, un ancien membre important de la mafia qui contrôlait notamment l’ensemble des machines à glace du Strip, le principal boulevard de Las Vegas.

Un pseudo-intermédiaire devait lui expliquer que plusieurs multinationales lésées par la politique de Castro étaient disposées à verser 150 000 dollars en échange de la suppression du problème castriste. “Il fallait faire comprendre à Roselli que le gouvernement fédéral des Etats-Unis n’était pas au courant de cette opération et qu’il ne devait jamais l’être”, peut-on lire sur un des documents diffusés avant-hier.

Contact est pris avec Roselli au Hilton Plaza Hotel de New York en septembre 1960. Mais l’homme n’est pas emballé par le projet. Deux autres mafieux entrent alors en piste via ce même contact, Momo Salvatore “Sam” Giancana et Santos Trafficant, qui figurent tous deux sur la liste des dix suspects les plus recherchés aux Etats-Unis. Giancana estime qu’assassiner Castro par arme à feu poserait trop de problèmes ; il suggère de l’empoisonner.

Six pilules “hautement létales” sont fournies à Juan Orta, que les archives de la CIA identifient comme un fonctionnaire cubain ayant perçu des pots-de-vin liés aux casinos et ayant conservé un accès direct à Castro.

“Après plusieurs semaines de tentatives signalées, Orta a apparemment pris peur et s’est retiré de la mission. Il a suggéré un autre candidat qui a mené plusieurs tentatives sans succès”, peut-on encore lire.

Les “Bijoux de famille” de la CIA regorgent aussi de notes sur le scandale du Watergate qui amené Richard Nixon à démissionner en 1974.

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