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Jeu d?écriture et substance

27 juin 2007, 00:00

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par Akilesh Roopun

Le gouvernement et l?opposition se sont engagés dans une polémique autour de la définition technique des investissements étrangers directs (IDE). Les opposants au régime estiment que le ministre des Finances a comptabilisé une entrée de capitaux qualifiée de sans substance concernant l?incorporation à Maurice de la HSBC dans les chiffres des IDE. Rama Sithanen répond que cela s?est fait en conformité avec les standards internationaux et qu?il est injuste de parler de jeu d?écriture comptable dans cette affaire.

Au lieu de polémiquer sur la définition technique des IDE, le débat aurait dû porter sur la qualité et la pertinence des capitaux étrangers par rapport à notre stratégie de développement. C?est l?effet multiplicateur d?un investissement sur l?activité économique en termes de croissance et de création d?emplois qui doit primer dans la problématique autour des IDE.

Maurice a fait le pari de l?ouverture économique. Le pays veut s?ouvrir aux capitaux, aux compétences, au savoir-faire, aux technologies, aux marchés et aux réseaux étrangers. Le flux des capitaux doit être mesuré par rapport à ces critères.

La stratégie de développement vise plusieurs objectifs : réaliser le plein emploi dans les prochaines quatre années, accélérer la croissance et transformer qualitativement l?activité en misant sur l?économie des services.

L?incorporation d?une banque qui opère déjà dans le pays ne contribue pas forcément à l?objectif de résorber le chômage. Mais elle aide à renforcer la confiance des investisseurs étrangers dans le pays.

Les services financiers sont un pôle de croissance très vital à la nouvelle économie qui se met en place. L?apport des opérateurs financiers est indispensable dans le processus de sophistication des structures économiques.

Il faut s?attendre à d?autres transactions similaires à l?opération de la HSBC. N?empêche que Maurice se doit de diversifier ses IDE. Outre les impératifs de création d?emplois, le pays a également besoin de renforcer ses capacités techniques et industrielles dans les nouvelles industries telles les technologies de l?information et de la communication, la pharmaceutique et la ?land-based oceanic industry?.

Il faut encourager un transfert de technologies à travers les IDE dans des domaines où nous manquons d?expertise mais que nous voulons explorer. Reste que l?objectif de création de nouveaux emplois est prioritaire. Certes, il y a beaucoup de nouveaux investissements dans l?hôtellerie et le tourisme (Rs 2,6 milliards sur des IDE totaux de Rs 7,2 milliards en 2006). Toutefois, les ?integrated resorts schemes? (IRS) mobilisent le gros de ces ressources.

Les investissements dans les IRS ont un effet multiplicateur moindre. Les bénéfices sont essentiellement vers le bas de la ?skills ladder?. Les IRS peuvent résoudre en partie le problème du chômage de longue durée dans des régions sous-développées du littoral. Toutefois, il ne faudrait pas minimiser les implications de ce développement en termes de spéculation foncière et de moyen de financement. Beaucoup d?acheteurs de villas financent leurs acquisitions par des emprunts en devises auprès des banques locales. La classification de ces opérations prête encore à confusion.

La bataille pour les IDE ne se gagne pas uniquement sur les chiffres. La dynamique en faveur de l?investissement étranger est bien enclenchée. Il faudrait mettre la barre plus haut sur le plan de la substance et de la qualité des flux étrangers.

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