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Comme en 1994 ?

27 juin 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

L?enjeu est capital, il faut désamorcer le conflit avant qu?il n?atteigne une dimension catastrophique pour l?industrie sucrière. Une atmosphère pesante a régné au sein des comités Beebeejaun et Boolell, ce qui a fait monter la tension. En revanche, la promesse d?une rencontre avec les sucriers faite hier par le Premier ministre donne l?espoir d?un apaisement.

La question mérite toute l?attention du pays parce que la place qu?occupe le sucre dans notre économie reste prépondérante. Cette industrie est non seulement une source importante de devises mais son avenir concerne directement 26 000 petits planteurs, 18 000 salariés et 1 200 métayers outre les usiniers et gros planteurs. Au vu de ces chiffres, avancés par le ministre des Finances récemment, on comprend à quel point les conséquences seront graves si l?industrie sucrière négocie mal le tournant auquel elle est confrontée actuellement.

D?une part, le prix du sucre exporté sur le marché européen connaîtra une réduction totale de 36 % d'ici 2009. De l?autre, la réforme que l?industrie entend mener pour rester compétitive se heurte à un environnement politique défavorable. La démocratisation de l?économie ayant été une des pierres angulaires du programme du Parti travailliste aux dernières élections, l?industrie sucrière, riche en biens fonciers, est vulnérable à l?approche idéologique du gouvernement.

Une fois au pouvoir, le PTr s?est vu contraint de s?attaquer à des symboles. Une campagne hostile à l?égard des sucriers est intervenue alors que la survie de l?industrie est menacée et que les opérateurs sont appelés à prendre des risques financiers pour moderniser un secteur voué au déclin. Cette industrie ne peut plus se contenter d?être un producteur de sucre roux. Elle doit développer des produits à valeur ajoutée, dont des sucres raffinés, de l'électricité à partir de la bagasse et de l'éthanol à partir de la mélasse. Des activités qui nécessitent des investissements considérables.

L?antagonisme entre les deux parties a conduit le gouvernement à ne pas respecter des accords signés avec les sucriers. En outre, l?Etat prend le risque de ne pas honorer des engagements pris auprès de l?Union européenne en attachant de nouvelles conditions à la fermeture de trois usines en vue de la centralisation. La tranche variable de l?aide de l?UE est compromise si des conditions telles que la fermeture de ces trois usines ne sont pas respectées.

Rama Sithanen a rappelé, lors de la présentation de son budget, les débuts de la démocratisation : ?In 1994, as Minister of Finance, I negotiated and signed a landmark agreement with the sugar industry. This historic agreement for the first time made small sugar cane planters and employees owners of sugar milling companies to the tune of 20 percent of the capital.? Voulait-il expliquer que la démocratisation peut se dérouler dans le calme ?

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