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Le PM : ?Donner la chance aux autres de participer à l?économie?
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Le PM : ?Donner la chance aux autres de participer à l?économie?
Le ton est calme. Aimable même. Les propos, fermes, mais sans chercher à polémiquer. Dans un discours long de deux heures, hier soir au Parlement, Navin Ramgoolam place son action gouvernementale dans le contexte de son pacte avec l?électorat : la démocratisation de l?économie. Et il affirme qu?il ne reculera pas.
Le Premier ministre tient aussi à répondre aux critiques de l?opposition en mettant le budget 2007-2008 dans son contexte, c?est-à-dire, une continuation des réformes de l?année dernière, rendues inévitables par la ?mauvaise gestion sans précédent ? de l?économie par l?ancien régime. Elogieux envers son ministre des Finances, Navin Ramgoolam rappelle que ?les engagements qu?un gouvernement prend, c?est comme un contrat qu?on a signé avec le peuple. Je ne permettrai à personne de dire le contraire?.
Ce contrat, explique-t-il, n?est pas une question de ?déposséder les gens mais de créer de la place additionnelle pour donner la chance aux autres de participer à l?économie?. Navin Ramgoolam s?insurge contre la comparaison avec le Zimbabwe et fait une sortie contre ceux ?qui insultent l?intelligence des gens en faisant croire que les gens de la commission pour la démocratisation de l?économie ont pour objectif principal de s?attaquer à une section de la population?. Navin Ramgoolam est d?avis qu?une couleur ?ethnique? est donnée à cette affaire ?parce qu?ils croient que nous allons prendre peur et n?allons pas oser aller de l?avant. Pas moi ! ?
Il ajoute que ?ce n?est pas un péché d?être riche aussi longtemps que l?on n?empêche pas les autres de devenir riches aussi. Les possédants ne devraient pas être inquiets à moins que ce soit parce qu?ils ne veulent pas que d?autres puissent participer à la richesse.?
Evoquant les relations avec les sucriers, il explique qu?il veut ?faire le lien entre la réforme de l?industrie sucrière et la transformation de la société?, c?est-à-dire une société avec des Mauriciens ?empowered?. Le Premier ministre annonce qu?il va bientôt reprendre les réunions avec les sucriers. ?S?ils sont de bonne foi, je ne vois pas pourquoi ils diront non à la proposition que je vais leur faire.? Il ne précise pas la nature de la proposition mais affirme que ?nous devons penser aux travailleurs de l?industrie et aux petits planteurs?. Il dit espérer que le corporate sector de l?industrie sucrière va ?collaborer avec le gouvernement dans sa tâche d?élargir les bases de l?économie. Pour ma part, je vais les approcher dans un esprit de justice et d?équité?.
C?est ce même ton que le Premier ministre utilise pour parler du budget. Il explique que le budget de la ?rupture? de l?année dernière était nécessaire dû aux trois chocs et à la situation économiques de même que ?les squelettes?. Navin Ramgoolam ajoute que certains dans l?opposition aiment ?rester dans leur cocon? et ne pas prendre des risques mais que son gouvernement a eu le courage de venir de l?avant avec des mesures ?courageuses et audacieuses?.
?Gérer cette phase de transition?
Rappelant un commentaire d?un membre de l?opposition qui avait dit ?ki sa ena pou fer ek nou sa ?? quand le ministre des Finances a parlé de Singapour, Navin Ramgoolam dit qu?au contraire, dans le cadre de la mondialisation, ?ce qui se passe partout ailleurs a un effet sur nous?.
La mission que s?est donnée son gouvernement, affirme-t-il, est de diriger le pays vers ce nouveau mode de fonctionnement. Et dans cette ?phase de transition radicale, c?est normal qu?il y ait des débats passionnés. Mais nous devons nous assurer de gérer cette phase de transition tout en protégeant les plus vulnérables. En ce faisant, nous ne devons pas perdre de vue l?impératif de la croissance?. C?est la raison pour laquelle, ajoute le PM ? après avoir cité la liste des 23 mesures sociales du budget ? que son gouvernement a baissé la corporate tax. ?En Irlande, la taxe est à 12,5 %. Si nous n?adoptons pas une politique fiscale légère, pourquoi est-ce que les investisseurs viendront chez nous ?? demande-t-il, s?adressant à l?opposition. La démocratisation de l?économie et l?efficience économique vont de paire, ajoute-t-il.
Parlant de la nouvelle diplomatie économique adoptée par son gouvernement, le PM s?est attardé sur Tianli. Il est en train, dit-il, de préparer sa prochaine visite en Chine la semaine prochaine. ?Pa pe al vakarne kouma ena kontan dir?, fait-il néanmoins ressortir. Parce qu?il n?a pas l?intention de revenir les mains vides.
Mais la position de l?opposition dans l?affaire Tianli, ?encourageant les planteurs à aller en cour, est une preuve qu?elle ne veut pas que l?on réussisse. Moi, je ne permettrai pas que le projet échoue?. Auprès de l?opposition, Navin Ramgoolam prend aussi l?engagement qu?il ?va s?asseoir autour d?une table avec vous pour discuter de la réforme électorale?.
Le PM affirme également à Sylvio Michel que c?est Robert Shell qui présidera la commission justice et vérité. S?agissant du law and order, il demande à l?opposition de ne pas faire de la politique sur un sujet aussi sensible, tout en listant une série des vols, viols et meurtres qui ont eu lieu sous l?ancien régime. Il annonce aussi le recrutement de 500 policiers prévu dans le budget mais que l?opposition affirme ne pas avoir vu.
Le Premier ministre se dit confiant de la réussite de son gouvernement. Il a plaisanté à plusieurs reprises sur le fait qu?il restera au pouvoir et que l?opposition continuera pendant de longues années à faire de l?opposition. A moins que ?Dieu nous en préserve, vous ne reveniez au pouvoir?. Il est si sûr de lui, dit-il, parce qu?il a des convictions et une vision.
Sa vision, c?est de faire de Maurice un pays compétitif où les gens seront fiers d?être Mauriciens. Où les Mauriciens auront droit à l?égalité des chances. ?Il faut empower les gens car la clé de la démocratisation est l?empowerment.?
Le ministre Sithanen, qui devait faire son summing-up, a demandé l?ajournement des travaux vers 20 h 30. Les travaux reprennent ce matin à 10 h 30.
VERBATIM
?La croissance, l ?équité et les gens?
■ ?Lorsque nous étions dans l?opposition, nous avons fait de la démocratisation de l?économie un des points saillants de notre campagne et à présent que nous sommes au pouvoir, nous sommes déterminés à atteindre ce but. Ceux qui ne souhaitent pas nous voir honorer nos promesses à la population ont délibérément essayé de donner une coloration ethnique au débat sur la démocratisation, et ainsi, de nous pousser à renoncer à notre projet. Mais ce combat d?arrière-garde perd du terrain, de jour en jour. C?est une insulte à tous ceux qui ont travaillé sur le programme de démocratisation pour créer de nouvelles opportunités pour les Mauriciens, que d?affirmer que leur principale motivation était de nature communale.
Le principe de démocratisation n?équivaut pas à une tentative de déposséder certains. Démocratiser l?économie, c?est créer plus d?espace pour un plus grand nombre d?acteurs et de créateurs de richesses. Ce n?est pas uniquement une question d?utilisation de ressources mais une question d?équité. Elle n?est pas uniquement une notion économique mais se rapporte à la qualité de la vie. Il s?agit des gens que nous sommes et des relations que nous nouons avec nos semblables. Quand, il y a bientôt quatre ans, j?ai commandé notre programme de démocratisation, je souhaitais créer un consensus : celui d?aller au-delà de la traditionnelle alliance entre croissance économique et équité sociale comme thème central de notre politique. Il s?agissait de faire de la croissance, l?équité et les gens notre triple objectif.?
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