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Le point d?entente
<B> Par Raj MEETARBHAN</B>
Le diktat écologique peut terroriser les décideurs et les entrepreneurs et les amener à renoncer à développer des activités économiques. Les tenants de la pensée écologique ont un moyen d?action caractéristique : par leurs discours alarmistes, ils montent l?opinion publique contre des projets d?envergure et découragent ceux qui veulent investir et entreprendre.
Toutefois, la résistance à l??Aquatic Business Activities Bill? ne doit pas être rangée d?emblée parmi les démarches stériles cherchant à bloquer à tout prix le développement. Dans ce cas, la campagne repose également sur des arguments économiques.
De quoi s?agit-il ? Pour faire suite à l?intention de l?ancien gouvernement de transformer l?industrie des produits de la mer en un pilier de l?économie, les dirigeants actuels proposent une loi pour encadrer ce secteur émergent. Elle prévoit la location à bail de portions de la mer à des opérateurs privés. Les enclos marins privatisés serviront à pratiquer l?aquaculture. Un rapport officiel évalue à 30 000 tonnes la production aquacole (poissons, coquillages) à moyen terme dans ces parcs. Beaucoup pensent que c?est un moyen imaginatif de valoriser les ressources de notre zone économique exclusive qui s?étend sur 1,9 million de kilomètres carrés. Elle est actuellement sous-exploitée.
La première contestation à ce projet de loi est d?ordre académique. La location à bail de portions du territoire marin est une atteinte à l?intégrité du domaine public, proclament les contestataires. Ils s?appuient sur l?article 538 du code civil qui stipule que ?les rivages, lais et relais de la mer, les ports, les havres, les rades, et généralement toutes les portions du territoire national qui ne sont pas susceptibles d?être une propriété privée, sont considérées comme des dépendances du domaine public?. Or, pour les Mauriciens qui veulent vivre dans le concret et qui ne se préoccupent pas de questions métaphysiques ce débat autour du domaine public ne devrait avoir aucune pertinence. D?autant plus, qu?un des pionniers du ?seafood hub?, la ferme marine de Mahébourg, bénéficie déjà d?un tel bail et a démontré les avantages que le pays peut en tirer.
En revanche, des arguments sérieux qui se fondent sur la raison économique ont été avancés pour attirer l?attention des autorités sur les méfaits de la nouvelle politique. Les centres de plongée et de pêche sportive ainsi que les plaisanciers soutiennent que leurs activités sont compromises par les espaces réservés. Les hôteliers sont inquiets parce que le paysage sera défiguré avec les fermes marines. Des opérateurs ont prévenu contre une perturbation de l?écosystème marin et la disparition à terme de la pêche hauturière et artisanale.
La bonne stratégie, pour l?Etat, consiste à chercher un bon compromis acceptable aux opérateurs existants et aux investisseurs de la nouvelle industrie. Quant aux protestataires, ils doivent comprendre que rejeter en vrac le projet de loi, c?est jeter le bébé avec l?eau du bain.
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