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Les raisons d?y croire
Rabin BHUJUN
■ Industrie : Cap sur la modernité
Si l?on vous dit que Maurice produit 100 millions de T-shirts chaque année. L?information peut ne pas vous surprendre. Si l?on vous précise que trente des plus prestigieuses enseignes mondiales de l?habillement font confiance à l?industrie locale, vous écarquillez sans doute les yeux ! En effet, Maurice compte parmi les fournisseurs attitrés de marques aussi renommées qu?Armani, Calvin Klein, Marks and Spencer, Tommy Hilfiger ou encore Quiksilver.
Mieux encore. Saviez-vous qu?Airbus et les fusées Ariane s?approvisionnent à Maurice. Non pas en piment confit ! Mais en matériel technologique. En effet, les « relais électriques » des fusées Ariane sont fabriqués par une entreprise basée à Maurice. Tout comme des pièces en aluminium, certaines parties des sièges et les sanitaires des avions du géant Airbus. Dix Mauriciens, dont une majorité d?ingénieurs, travaillent dans ce créneau ultra-spécialisé.
Pour d?autres activités plus « conventionnelles », il faut plutôt chercher du côté du port franc. En ce moment même, des techniciens locaux s?attellent à retaper des voitures accidentées en provenance du Sud-Est asiatique, pour ensuite les réexporter vers l?Afrique francophone, notamment le Bénin. L?activité vient de débuter, mais est qualifiée de prometteuse. Tout comme la fabrication de bateaux de plaisance. Des navires, dont certains atteignent les 120 mètres, sont aussi en construction dans le port franc au moment même où vous lisez cet article. Qui a dit que l?industrie mauricienne n?était pas à l?avant-garde de la technologie ?
■ Immobilier et IRS : Maurice à l?ère des grues
Si des centaines de grues parsèment le paysage mauricien, c?est en grande partie dû à l?essor du secteur Hospitality and Property Development. Dont les Integrated Resort Schemes (IRS) agissent pour le moment comme vitrine. On a du mal à imaginer le gigantisme de certains travaux. Par exemple, rien que pour le développement de l?IRS Tamarina dans l?Ouest, 20 000 camions de terre ont été déplacés. Un chantier IRS, c?est une ruche permanente. Rien que pour celui d?Anahita, dans l?Est, il a fallu 3 000 personnes ! Une fois terminée, chaque villa peut rapporter gros. Quand celles de l?IRS de Valriche, à Bel-Ombre, seront vendues à 2 millions de dollars minimum l?unité, l?État encaissera environ Rs 12 millions sur chaque vente. L?investissement cumulé sur seulement cinq des projets IRS les plus aboutis atteindra la somme astronomique de Rs 80 milliards.
Mais il n?y a pas que les IRS. Les développements fonciers entrent dans une phase supérieure. Ainsi, la cybercité d?Ébène connaît une deuxième naissance. Dix immeubles y ont déjà été bâtis et huit autres sont en cours de construction. Les premiers coups de pelleteuse devraient être donnés pour trois autres prochainement. Preuve que les investisseurs locaux croient au potentiel du marché de l?immobilier pour l?espace de bureaux ou encore les centres commerciaux ; 568 permis de construction dans ce domaine ont été octroyés en 2006. De quoi bâtir une superficie de 319 000 mètres carrés !
■ Biomédical : le soleil, la mer et les implants
Oubliez Miami et les cabinets de chirurgiens esthétiques hors de prix des États-Unis. Maurice se positionne déjà comme un centre médical d?excellence. La réputation du pays se consolide au fil des mois. Pour preuve, depuis le début de l?année, 1 500 touristes ont profité de leur séjour pour se faire implanter des cheveux ou pour avoir recours à la chirurgie dentaire. Et demain ce seront d?autres techniques, comme les lifting, les implants mammaires et le remodelage facial qui seront pratiqués dans les centres médicaux high-tech situés près des plages. Offrant à leurs clients la quiétude d?une station balnéaire mêlée à des techniques médicales de pointe.
Pour faire fonctionner ce secteur, Maurice attire les connaissances. Ou plutôt devient un centre de savoir médical. En août, l?université médicale Ramachandran commencera à sortir de terre avec le démarrage de ses travaux de construction. Plus d?un milliard de roupies passera dans ce projet. Et, bonne nouvelle, Ramachandran semble n?être que la première institution de ce type et de cette envergure à s?implanter ici. D?autres suivront.
Quand ce n?est pas dans le savoir, c?est dans l?équipement médical que Maurice excelle désormais. Totalement méconnue du grand public, l?entreprise Natec Medical Ltd, basée à Ébène, exporte des centaines de milliers de cathéters, ce petit accessoire médical, vers l?Inde, la Chine et l?Europe. Utilisant une technologie américano européenne et une main-d??uvre bien mauricienne, l?entreprise a exporté pour une valeur de Rs 70 millions en 2006. Cette année, elle atteindra la barre des Rs 100 millions.
■ « Seafood » : Nager enfin parmi les grands
En fait, Maurice se fait lentement une place parmi les grands exportateurs de produits de mer. Pour le moment, ce secteur a un début modeste, mais très prometteur avec ses exportations annuelles de 40 000 tonnes de poissons, fraîchement pêchés, vers les États-Unis et l?Union européenne chaque année.
Les performances du secteur à Maurice en matière de délais sont, d?ailleurs, impressionnantes. Ce qui aide à attirer de nouveaux clients. Par exemple, en 36 à 48 heures maximum, un poisson prélevé et transformé à partir des fermes aquacoles du pays, est déjà disponible sur le marché à New York ou dans une autre grande ville des USA. D?ailleurs, chaque jour, ce sont 275 kg de poissons frais non-transformés qui s?envolent vers ces deux destinations.
■ Secteur financier : Un géant méconnu
Le secteur financier n?est pas apprécié à sa juste valeur. Pourtant, c?est celui qui pèse le plus dans l?économie du pays. En effet, pour chaque Rs 100 de richesse créée à Maurice, Rs 11 proviennent directement du secteur financier bancaire et non bancaire. Le développement de ce secteur le positionne aussi comme un gros pourvoyeur d?emplois, avec des rémunérations qui comptent parmi les plus attractives du pays. Il emploie en ce moment 10 000 personnes. Le rayonnement du secteur bancaire dépasse largement les côtes mauriciennes. Afin de mener des activités offshore, 33 000 global companies opèrent à partir de Maurice, en s?appuyant sur les 32 traités de non double imposition bilatérales que Maurice a signés avec ses partenaires, et les 26 Accords de Promotion et de protection de l?investissement.
La plaque financière mauricienne occupe ainsi une importance cruciale pour d?autres pays, dont le géant indien. En effet, pour chaque dollar d?investissement direct étranger effectué dans la Grande Péninsule, 53 cents proviennent de Maurice. Ce rayonnement permet à ce secteur d?afficher une insolente santé. Chaque année, il affiche un taux de croissance oscillant entre 6 % et 10 %. Soit bien au-delà de la moyenne des taux de croissance des autres principaux piliers économiques du pays. Le succès appelant le succès, l?année passée, l?investissement dans ce secteur a crû de 60 %.
■ Externalisation et informatique : petit secteur deviendra grand
Un cap a été franchi dans ce secteur. En effet, les entreprises spécialisées dans le Business Process Outsourcing ou les Information Technology Enabled Services (ITES) emploient à ce jour 6 000 jeunes détenteurs d?un School Certificate (SC) ou d?un High School Certificate (HSC). Les entreprises de cette industrie vendent leurs services à une quinzaine de pays, dont une douzaine de l?Union européenne, les États-Unis, le Canada, l?Afrique du Sud, l?Inde et l?Australie.
Des activités les plus inattendues sont offertes à Maurice. Ainsi, les manuels techniques de l?entreprise qui construit les plus belles et les plus puissantes voitures françaises sont élaborés dans le pays. Dans un autre domaine, c?est l?étiquetage des prix d?une grande chaîne de supermarchés en France qui est également réalisé à Maurice.
De nouveaux métiers sont aussi externalisés dans l?île. Ainsi, une vingtaine de jeunes détenteurs d?un HSC au minimum, scrutent quotidiennement la presse et les télés françaises afin d?assurer un service de veille de l?information. Qui permet à leurs clients à travers le monde de savoir quand, comment et où le nom de leur entreprise ou d?un sujet qui les intéresse a été mentionné.
Cisco, le géant mondial des réseaux informatiques, fait également confiance aux Mauriciens. En effet, ce sont nos cadres locaux qui décrochent leur téléphone pour offrir des solutions à des techniciens et ingénieurs informatiques qui ont maille à partir avec leurs réseaux aux États-Unis ou en Europe !
Quand l?administration bosse?
Avec la mise en application du Business Facilitation Act en octobre 2006, l?administration a subi un véritable électrochoc. Les tracasseries faites aux investisseurs étrangers et aux entrepreneurs locaux commencent à être choses du passé. Les indicateurs de performances le démontrent. Le Board of Investment a enregistré des requêtes de 350 investisseurs dont 336 étrangers. L?agence a également, en travaillant en étroite collaboration avec les services de l?immigration, aidé 780 étrangers à obtenir leurs « Occupation permits » en l?espace de trois jours ouvrés depuis octobre 2006. Le parcours du combattant pour obtenir son permis de construction devient moins ardu. Ainsi, 4 500 Building and Land Permits ont été remis, en deux semaines. Dont 2 900 pour des constructions résidentielles. Preuve que lorsque l?administration se donne les moyens, elle peut être efficace et rapide.
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