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Sur la piste du magot
La police tente peu à peu de reconstituer la provenance des billets abîmés en circulation. Bien que soupçonnant qu?ils proviennent du hold-up du siège de la Mauritius Commercial Bank (MCB) le 11 février 2005, rien ne permet, pour l?heure, aux policiers de l?affirmer avec certitude. Les interrogatoires se poursuivront, cette semaine encore, pour comprendre comment ces billets usagés se seraient retrouvés en la possession des suspects.
Cette enquête se déroule, par ailleurs, sur fond de polémique entre la Major Crime Investigation Team (MCIT) et le Central Criminal Investigation Department (CCID). Ce dernier reproche aux officiers de la MCIT de n?avoir pas objecté à la remise en liberté sous caution des suspects.
« Nous essayons de connaître le rôle qu?aurait joué chacun des suspects dans cette affaire. Certains éléments de l?enquête laissent à penser que les billets proviendraient du braquage de la MCB », sous-entend un enquêteur proche du dossier. Les policiers ont bien tenté de savoir si les numéros de série des billets correspondent à ceux volés à la banque, mais en vain.
La direction de l?institution bancaire a fait savoir qu?elle ne possédait pas les numéros de série des billets volés. Les officiers de la MCIT n?ont d?autre choix que de remonter la piste de ces billets usagés. D?aucuns laissent entendre que les coupures de Rs 1 000 et de Rs 2 000, que les suspects auraient tenté d?échanger, auraient pu être enterrées.
Les informations recueillies jusqu?à présent donnent à entendre certains enquêteurs, tendent vers la thèse du blanchiment d?argent. C?est un haut cadre de la banque de Maurice qui a donné l?alerte. Des individus, a-t-il plus tard expliqué aux policiers, se sont présentés à plusieurs reprises à la banque pour échanger de grosses sommes d?argent. La somme était composée de coupures de Rs 1 000 et de Rs 2 000. Les individus auraient refusé de fournir des pièces d?identité, ce qui aurait intrigué les responsables de cette institution bancaire. La police est aussitôt alertée. Fort des informations recueillies après des jours d?enquête, la MCIT décide le 8 juin dernier de monter une opération pour appréhender les suspects.
« Il aurait fallu les garder en détention »
André Chung Chuen Yeung Wong Siew Siap, comptable à la mairie de Beau-Bassin- Rose-Hill, est arrêté ce jour-là à la Banque de Maurice, alors qu?il tentait d?échanger 20 coupures de Rs 2 000. Interrogé, il explique que l?argent lui a été remis par Kwoh Hing Fung Yen, un commerçant d?une soixantaine d?années. Ce dernier est aussitôt arrêté et soumis à un interrogatoire.
Celui-ci incrimine à son tour André Jean François Amourdapin, un représentant de commerce de Grand-Baie, qui conduit les policiers aux frères Salva. Interrogé par la police en présence de son homme de loi, Me Ashley Hurhangee, Alain Salva a nié les faits qui lui sont reprochés et a soutenu avoir obtenu cet argent « honnêtement ». Les quelque Rs 3 millions figurant sur son compte en banque proviennent de ses gains à la loterie verte cette année, a-t-il affirmé.
Percy Salva s?est, pour sa part, défendu d?être mêlé de près ou de loin à cette affaire. Il a expliqué que les 52 coupures de Rs 1 000 retrouvées à son domicile proviennent de son activité de vente et d?achat de véhicules. Deux autres suspects, Abou Bakar Kurmallee, un habitant de Vallée-Pitot, et Rakesh Jeetun, résidant à Baie-du-Tombeau, ont eux aussi été arrêtés.
Tous ont été autorisés à être relâchés sous caution, après leur comparution en cour de Port-Louis. Ce qui n?a pas plu aux officiers du CCID, qui estiment que la MCIT aurait dû émettre une objection. « Toutes les vérifications n?avaient pas encore été faites. Il aurait fallu les garder en détention en attendant de vérifier la véracité de leurs dires », explique, pour sa part, un haut gradé de la police qui a souhaité garder l?anonymat.
Certains d?entre eux devraient être entendus à nouveau dans le courant de la semaine. En attendant, les policiers se sont lancés sur la piste des billets?
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