Publicité

Faire sauter les verrous de l?entrepreneuriat

23 juin 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Corinne MINERVE

«Le marché de l?entreprise est verrouillé. Il faut faire sauter les verrous.» Tel est l?avis exprimé par Cader Sayed- Hossen, président de la commission de la démocratisation de l?économie. C?était jeudi soir lors d?une conférence-débat organisée au Domaine Les Pailles par The Indus Entrepreneurs (TIE) (Mauritius) et ayant pour thème : « A quand l?envol de l?entrepreneuriat mauricien ? »

Les autres intervenants étaient Raj Ringadoo, président de la State Investment Corporation, Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius et José Poncini, ex-président de la National Productivity and Competitiveness Council et Managing director de Poncini Ltd. Jean Claude de l?Estrac, président de l?Empowerment Programme, agissait comme maître de séance.

Ce dernier s?est demandé pourquoi l?entrepreneuriat tardait à prendre son envol en dépit des mesures mises en place par le pays, telle que la facilité d?accès aux finances. Ce qui l?a mené à se demander si le problème n?est pas le fait de l?absence d?une culture de l?entrepreneuriat.

Cader Sayed-Hossen a mis l?accent sur le fait que le pays a «un énorme problème d?hésitation vis-à-vis du risque». Il a pris pour exemple les personnes qui souhaitent quitter le secteur privé pour un poste dans la fonction publique, considérée plus sûre. Il a également souligné qu?il y a un problème de contact entre les petits entrepreneurs et le réseau des grandes entreprises.

Amédée Darga a, lui, affirmé que l?envol de l?entrepreneuriat a commencé depuis un certain temps, car «j?entends beaucoup de mauriciens qui veulent, sauf qu?ils ne savent pas quoi faire!» Mais, il est d?avis qu?il faut accélérer le processus.

Et si absence de culture de l?entrepreneuriat il y a, est-elle due à l?enseignement qu?on reçoit? Entre autres raisons oui, selon Amédée Darga, car «on est en train de former des administrateurs et pas assez de techniciens». Autre difficulté : «L?entrepreneur a un mental de rentier.» Il a ajouté que ce ne sera pas simple de faire évoluer les choses car «à Maurice, chacun travaille pour soi, personne ne veut travailler avec l?autre même si les deux sont en train de couler».

José Poncini s?est aussi attaqué au chapitre de l?enseignement. Il a déclaré que notre système éducatif privilégie les fonctions administratives. Cela parce qu?«il n?y a pas de vraies écoles d?arts et métiers à Maurice».

A la question de savoir si les grandes compagnies ne sont pas un obstacle à l?entrepreneuriat, Jean Claude de l?Estrac pense qu?«on ne pourra pas compter sur les grandes entreprises pour faciliter la venue des petites entreprises, mais que ces dernières trouveront leur place».

TIE s?intéresse à Maurice depuis l?année dernière. Urmila Boolell, présidente de TIE (Mauritius) a fait savoir qu?une synthèse de tous les commentaires sera étudiée par un comité.

Publicité