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Pour une place au soleil...

20 juin 2007, 20:00

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Jaywantee Gungadin, 81 ans, est sous la garde de sa bonne. Cette mère de huit enfants, quatre garçons et quatre filles, mérite amplement sa retraite dorée. On le croit sans peine lorsqu?on écoute ses proches et son fils, Pravin, qui racontent sa traversée du désert. ?Ma satisfaction, c?est d?avoir pu éduquer mes enfants et les voir occuper des postes importants à la tête de certaines institutions.? Elle se tourne vers Pravin et esquisse un grand sourire. Celui-ci est recteur au collège Hamilton à Mahébourg.

Originaire de Rose-Belle, Jaywantee mariée à Harryparsad Gobin, elle détient seule la clé qui lui a permis d?accomplir son devoir envers ses enfants. L?octogénaire raconte que son mari et elle ont sillonné les flancs des montagnes de Bambous-Virieux pour fabriquer du charbon. ?Nous n?avions pas le choix. Il fallait grandir les enfants et les éduquer. Nous avons vécu dans une pauvreté extrême au point d?être contraints de pêcher des tilapia dans les rivières de Mahébourg pour manger, matin et soir?, raconte Pravin qui vendait des glaces dans le passé pour payer ses études secondaires.

Pravin rappelle que sa maman vendait des gâteaux près du collège Hamilton lorsqu?il y était encore étudiant et même lorsqu?il faisait ses premiers pas comme enseignant. ?J?étais quelque peu embarrassé. Je lui avais même conseillé de mettre fin à ce petit commerce.? Comment a-t-elle réagi ?

?Li rappele moi ki li ti la avant moi. Ki faire li ki bisin allé.? Elle est d?ailleurs toujours très populaire dans le village de Mahébourg.

<B>Sacrifices et discipline</B>

Il n?y avait pas que les sacrifices à cette époque pour Jaywantee. De la discipline aussi. Pour faire que toutes les conditions soient réunies pour que ses enfants réussissent dans leurs études, pour pouvoir plus tard devenir un bon professionnel.

Pravin poursuit : ?Maman n?était pas méchante mais sévère. Elle avait de grands desseins pour nous. Elle voulait pas que nous ayons la même vie qu?elle lorsqu?elle était enfant. Zot bizin lir, appran pou ki enn zour, zot arrive dan la vie?, disait-elle. Elle ne voulait pas non plus que ses enfants rejoignent leurs petits camarades qui faisaient une partie de dominos ou qui tapaient dans une balle au coin de la rue. ?Je m?en souviens encore. C?était pendant les vacances scolaires. Elle m?avait attrapé par l?oreille pour me forcer à retourner à la maison?, raconte Pravin dans un éclat de rire.

Si aujourd?hui Pravin et ses frères et soeurs ont pu faire une place au soleil, certains sont établis en Angleterre et travaillent dans l?immobilier, c?est un peu grâce à cette mère courage. ?Elle nous a conduit là où nous sommes. C?est pour cette raison que, en tant que recteur, j?applique la même rigueur au collège, pour que les élèves aussi étudient sérieusement pour se forger un avenir?.

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