Publicité
Vols : la police perd ses moyens
Pas un jour sans qu?un cambriolage ou un vol avec violence ne soit rapporté dans chacun des postes de police du pays? Ce qui fait dire à certains divisional commanders de la force policière que la recrudescence de la criminalité n?est pas qu?une perception de la population. Si les policiers ne baissent pas les bras, ils se disent freinés dans leur tâche par plusieurs facteurs : le peu de moyens dont ils disposent, la bureaucratie au sein de la force, mais aussi l?existence de ce qu?ils qualifient de guerre des polices?
La situation fait le bonheur des voleurs et autres voyous. Cette détérioration de la sécurité publique, disent nos interlocuteurs, est en rapport direct avec la crise sociale, elle-même découlant de la crise économique que traverse le pays. Un membre de la Criminal Investigation Division déclare sans ambages que la plupart des vols avec violence sont liés à la drogue. Ne travaillant pas, les auteurs de ces vols ont recours à la criminalité pour s?offrir leur dose quotidienne : bijoux, cellulaires ou autoradios dérobés et revendus à des prix dérisoires.
Pour contrecarrer cette situation, la police renforce ses effectifs sur le terrain, surtout dans des lieux publics très fréquentés. Elle a aussi augmenté la fréquence de ses patrouilles comme mesure de dissuasion mais aussi afin de réagir promptement face à toute requête. Mais certains membres du public se disent peu convaincus de l?efficacité de ces mesures.
A la gare du Nord, à Port-Louis, un passant lance avec un brin de cynisme : «Ki lapolis la, pa la, mem sitiasion. Kouto pe vande lor simin ondire gato.» Le pire, ajoute un sexagénaire, c?est de «voir que de la drogue et des psychotropes sont en vente libre au nez et à la barbe des policiers».
<B>Combat inéquitable</B>
Evoquant cet aspect des choses, un policier déclare que cette «indifférence» est le résultat de la création de différentes unités au sein de la police. «Si des policiers de la force régulière sont témoins de transactions de drogue, souvent, ils ne réagissent pas, arguant que c?est du ressort de l?Anti Drug & Smuggling Unit.» Notre interlocuteur explique que cette attitude, qui s?apparente à une guerre des polices, est de plus en plus répandue. Et c?est la sécurité publique qui en fait les frais. Si un policier n?est pas affecté à une unité spécifique, «li pa pou aste travay», dit-il.
Un autre policier ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer l?administration de la force policière. Selon lui, trop de bureaucratie nuit à la situation sur le terrain. Tout comme la multiplication de nouvelles unités. Or, il estime que l?impératif est de faire une utilisation maximale de toutes les ressources.
Impensable aussi, fait ressortir ce policier, que certains postes fonctionnent, durant le dernier shift (23 heures) avec seulement quatre policiers. Ce qui, selon lui, rend le combat contre les criminels inéquitable, une fois sur le terrain. Les policiers ne seraient pas assez nombreux pour répondre aux requêtes du public.
Pour mieux gérer ce manque dans certaines régions, des postes de police ont mis en place le concept de neighbourhood watch (surveillance des quartiers). La police demande ainsi au public de l?alerter au moindre mouvement suspect dans leur localité.
Autre facteur qui affecte le bon déroulement du travail : la logistique. Le transport est devenu un gros problème depuis ces deux dernières années. Les véhicules destinés aux patrouilles ne seraient pas suffisants. Certains postes ne disposent que d?un véhicule. Et quand ils en ont deux, le second n?est pas en parfait état de marche?
Les responsables de postes de police doivent alors trouver de nouvelles solutions. C?est ainsi que dans chaque division, les différents postes sont appelés à coopérer pour mener à bien leur tâche quotidienne. La Divisional Supporting Unit de la CID et l?Emergency Response Service sont aussi sollicités pour répondre à une requête.
Publicité
Publicité
Les plus récents