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Le Milan AC surfe sur la vague italienne

26 mai 2007, 20:00

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Faut-il mal jouer en finale pour gagner la Ligue des champions ? On est obligé de répondre par l?affirmative même si on aime le beau jeu sur ce qu?on voit ces dernières années. Milan 2005, Arsenal 2006 et Liverpool 2007 l?ont appris à leurs dépens.

Le Milan AC a en effet décroché la timballe mercredi en finale de la C1 en battant Liverpool 2-1 à Athènes, mais sans afficher le rayonnement qu?on lui avait connu en quart et en demi-finale face au Bayern Munich et à Manchester United.

C?est à l?italienne. Signé Superpippo Inzaghi que les Rossoneri ont fait pleurer les Reds. Sans dominer, en se procurant très peu d?occasions, que les Milanais ont forcé la décision.

Mais, attention, il n?y a pas non plus de quoi crier au loup. Le Milan AC a mérité son titre. Dominer n?est pas gagner. Liverpool devrait le savoir lui qui a l?habitude de refuser le jeu, de privilégier la tactique et d?anesthésier ses rivaux pour mieux leur porter le coup de grâce.

Tel est pris qui croyait prendre, serait-on tenté de dire pour résumer la finale 2007, même si mercredi les Italiens ont été etouffés et ont frôlé la défaite en première période. C?est l?absence d?un vrai finisseur qui a fait la différence à mon sens.

Il fallait aux Reds une goal machine du genre Lineker ou Shearer. Au grand dam du Kop, Keegan, Rush, Fowler et Rush n?ont pas encore de successeur à Anfield. Et les absences dans les autres postes ? Elles intéressent certes les fans mais tout cela n?est que littérature. Il est difficile de posséder une équipe parfaite et croire à cela serait utopique.

<B>Le scandale du Calciopoli</B>

Au grand dam de l?Angleterre, Chelsea, Manchester et Liverpool avaient une occasion en or de soulever la Coupe aux grandes oreilles cette année mais le Milan a su puiser largement dans la richesse du football italien pour leur infligé un véritable camouflet. Seul contre tous, Maldini et ses acolytes ont livré une partition de rêve.

Éclaboussés par le scandale du Calciopoli qui a secoué la Serie A l?été dernier, humiliés par une sanction de huit points en championnat et les critiques de l?UEFA avant le début du tour préliminaire de la Ligue des champions, les Milanais ont toujours lutté contre le sort cette saison. Leur victoire n?en est que plus savoureuse. L?adversité forge le caractère, c?est bien connu.

Tiens, tiens, ce cas de figure nous rappelle une équipe qui avait connu pareil destin il y a onze mois? La Squadra Azzurra ! À croire que Gattuso, Nesta et Inzaghi adorent se faire mal et souffrir le martyr pour gagner. À ce titre, la déception et la douleur des supporters de Liverpool est un peu comparable à celle des Français le 9 juillet dernier au Mondial allemand?

L?homme qui a fait du Milan une machine à remporter la Ligue des champions (huit finales depuis 1989), Silvio Berlusconi, un brin démagogique sur les bords, mesure le chemin accompli par son club : « Nous avons été plus forts que l?injustice et la jalousie. Milan est un exemple à suivre. Nous avons gagné pour nous et pour l?Italie. Pippo m?avait promis des buts. Nous sommes la plus grande équipe de ces vingt dernières années. Et maintenant je suis prêt à présenter aux fans une grosse acquisition. » On parle du retour de Schevchenko et de l?arrivée de Ronaldinho? Associés au magicien et futur Ballon d?Or potentiel Kaka, ça devrait valoir le détour !

La victoire appelle toujours la victoire. « À 38 ans, Paolo Maldini est immortel », faisait ressortir la Gazzetta dello Sport jeudi matin. C?est vrai que la famille Maldini détient six C1 à elle seule en additionnant la victoire du père Cesare dans les années 60 !

Le dernier exploit du club a transcendé les habitants de Milan en fin de semaine, ou des milliers de tifosi étaient venus acclamer les nouveaux champions d?Europe jeudi soir à l?aéroport de Malpensa, puis dans les rues et sur la place du Dôme. Milan est éternel.

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