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Le flop des syndicalistes
D?aucuns se seraient attendus, dans le sillage du montant de la compensation salariale, à une manifestation d?envergure jeudi. Or, il semble bien que les syndicats aient été court-circuités par le National Pay Council et ses mesures.
La mobilisation de toutes les forces syndicales de jeudi dernier, censée faire fléchir le gouvernement sur sa politique des relations industrielles, n?aura été qu?un feu de paille. En effet, elle n?a pas réuni la grande masse de fonctionnaires et autres employés du secteur privé. Et pour cause, les employés du gouvernement avaient reçu leur paye et étaient déjà au courant du montant de la compensation salariale. Le National Pay Council (NPC) avait, en effet depuis la veille, livré les chiffres, et la man?uvre a fait mouche.
Il semble, à première vue, que les propositions du NPC d?une compensation graduée semblent avoir été, à ce stade, plutôt bien acceptées. Si l?ensemble des forces syndicales avait milité pour une compensation de Rs 800, le quantum de 8,7 % proposé n?a certes pas le goût amer des Rs 135 accordées l?année dernière.
La manière de faire du ministre du Travail
Mais les centrales syndicales ne se désarment pas. « Nous maintenons notre demande d?une compensation de Rs 800, car le coût de la vie n?a cessé de grimper, et cette compensation est insuffisante pour ceux qui sont au bas de l?échelle », a déclaré Toolsiraj Benydin.
Et de dénoncer la manière de faire du ministre du Travail. Toolsiraj Benydin se dit convaincu que Vasant Bunwaree veut briser l?élan syndical, sauf, selon lui pour ceux qu?il qualifie de syndicalistes « collabos », à l?instar de Yusuf Sooklall.
Pour ceux qui sont montrés du doigt par les dirigeants des centrales syndicales, on estime que l?échec de cette manifestation ne peut que leur être imputée. « Il s?agit tout simplement pour certains de ces meneurs syndicaux de maintenir leurs positions. Il y a des gens obtus et dépassés. Le syndicalisme doit se moderniser », affirme un ancien responsable syndical.
Mais les centrales syndicales veulent toujours en découdre avec le ministre du Travail. « Nous n?allons pas laisser faire Vasant Bunwaree. Nous allons poursuivre notre action, et après un travail sur le terrain, nous déclencherons une grève générale », a déclaré Reaz Chuttoo, le président de la Federation of Progressive Unions (FPU). Alors qu?il y avait une attente quant à la capacité du NPC à trouver la bonne formule qui puisse satisfaire les demandes syndicales, au ministère du Travail, on se félicite que le nouvel organisme a prouvé son efficacité et à « deliver the goods ».
« Qu?on se mette au travail »
Pour le ministre du Travail, maintenant que le NPC est bien en selle, il se penche, dit-il, sur les réformes qui s?imposent dans le secteur des relations industrielles. Quel constat fait-il de la marche organisée par les centrales syndicales ? « Cette manifestation a été un échec total. La population m?a approuvé dans ma campagne d?explication sur le NPC. Je dois ajouter que je sens qu?il y a un feel good factor, à la suite des travaux du NPC », a déclaré Vasant Bunwaree.
Et d?ajouter, qu?il ne faut pas avoir peur des réformes. « C?est une rupture avec les habitudes du passé. Je suis, tout comme les syndi-calistes, très proche des travailleurs. Je veux comme eux le bonheur de la classe ouvrière de ce pays. »
Le ministre, qui est parti hier pour assister à une réunion de l?ILO, dit garder la porte ouverte et fait un appel aux syndicalistes pour que le dialogue soit entamé dans un souci d?ouverture. « Qu?on tourne la page et qu?on se mette au travail. »
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