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Travailler autrement

27 mai 2007, 00:00

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Ils sont jeunes, gagnent déjà correctement leur vie et sont chouchoutés par leur patron. Sur le marché de la première embauche, les bébés requins des Call Centers nagent plus vite que le menu fretin. Prenez Stanley, diplômé de l?université de Maurice. À 23 ans, son salaire est certes encore loin d?atteindre les sommets vertigineux de son P.-D.G. Mais ses émoluments s?élèvent déjà à Rs 15 000 par mois, soit, près de deux fois son salaire de départ.

Stanley crâne parfois devant ses amis. Mais pas question de craquer pour un resto chic ou un home cinema. À raison de douze heures de travail par jour, six jours par semaine, Stanley, qui jure « se régaler », n?a guère le loisir de flamber. On l?aura compris, les « bosseurs » ont l?avenir devant eux. Pas seulement parce que le travail finit toujours par payer. Mais aussi parce qu?il n?y a plus le choix.

« Terminés les jobs en or où l?on devenait roi du pétrole sans forcer. La hausse générale du niveau d?études a changé la donne », analyse un responsable des ressources humaines dans un grand groupe mauricien. « Restent des secteurs porteurs, poursuit-il, le tourisme, la communication, l?informatique. Ces branches offrent un niveau de rémunération appréciable à la sortie du HSC et les perspectives d?évolution sont réelles. En contrepartie, il faut être tout le temps sur le pont. »

Même son de cloche pour Annick Lavigilante, DRH chez De Chazal du Mée. « À chacun d?établir sa priorité. Si c?est la rémunération, il n?y aura peut-être pas l?intérêt intellectuel, la reconnaissance, le moyen d?exercer une passion ou la qualité de vie. »

Les DRH ne sont pas les seuls à encourager les « travaillomanes ». Juliette Halbwachs est directrice du cabinet de recrutement Service Bureau. Sa devise est limpide : « Un salarié gagne plus s?il produit plus. » Autrement dit, c?est donnant-donnant.

Du « working hard » au « working smart »

Elle ajoute : « La recherche de l?efficacité et de la performance passe par l?auto-évaluation. Il faut se poser les bonnes questions :

??De quel projet suis-je porteur ? Quel est mon apport à l?entreprise ? Suis-je un maillon important ??? Se remettre en question est souvent la meilleure façon d?améliorer son sort. Ensuite, oser un dialogue franc et direct avec son entreprise. Dire à son patron : ??Voilà, je suis prêt à faire plus, que puis-je avoir en retour ??? »

Travailler plus pour gagner plus, bienheureux les fêlés du travail, les toxicos du boulot, ceux qui perdent leur vie à la gagner : ce serait donc ça la méthode ?

« Pas du tout », s?empresse de corriger un directeur du groupe Rogers. « Travailler plus ne veut pas dire plus longtemps, mais mieux. Non pas working hard, mais working smart. La performance permanente et la quête éperdue de reconnaissance sont vouées à l'échec. Je crois à la passion, à la créativité et à l?ambition.»

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