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«La démocratisation n?est pas une revanche»
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«La démocratisation n?est pas une revanche»
par Jane L.O?NEILL
La Commission sur la démocratisation de l?économie veut éclaircir les «mauvaises perceptions», dissiper les malentendus. Pour son président, Cader Sayed-Hossen, cette politique ne constitue pas «une considération raciale et ethnique, un arbitraire idéologique ou une revanche sur l?histoire». Il intervenait à un séminaire sur la démocratisation de l?économie, organisée par sa commission conjointement avec l?université de Maurice, hier.
C?est en revanche, estime Cader Sayed-Hossen, un projet de société qui vise à faire de l?équité l?ultime objectif. Il ajoute que ce n?est pas «un vieux vin dans une nouvelle bouteille», contrairement à ce qu?a dit un des intervenants, qui s?est référé à Marx pour évoquer ce concept. Ce dernier est né d?un constat de concentration des richesses et des biens du pays entre les mains d?une minorité. Sans compter, dit-il, les difficultés pour les nouveaux opérateurs d?entrer dans le secteur économique.
Cette fonction a été marquée par l?absence des membres du secteur privé, dont le Joint Economic Council, invités à participer au débat. Absence déplorée par la présidente du panel des discussions, Nita Deerpalsing. Elle occupe également la vice-présidence de la Commission sur la démocratisation de l?économie.
Elle maintient également qu?il ne s?agissait pas de «white bashing» et de «règlement de comptes», après que Jean-Michel de Senneville, dans l?assistance, a soutenu qu?il y a un mélange entre propriété privée et colonisation. Pour la députée, c?est un «nouveau discours politique» en vue d?atteindre plus de justice dans une île Maurice moderne.
Si la philosophie de la démocratisation a été étayée, la réforme agraire a été discutée plus longuement. Pas question de se retrouver dans une situation à la zimbabwéenne. «Nous sommes un pays de droit où le droit à la propriété privée est garantie. Il s?agit de discuter autour d?une table», assure Cader Sayed-Hossen, pour bien faire comprendre qu?il n?est pas question d?expropriation?
Le syndicaliste Ashock Subron précise que la Constitution permet l?acquisition obligatoire contre une compensation.
?Concessions mutuelles?
Les 1 500 arpents de terres qu?a demandés le gouvernement aux sucriers dans le cadre de la centralisation et qui font l?objet de controverse, ont suscité des débats. Cader Sayed-Hossen indique qu?il avait débuté les discussions à ce sujet avec la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) il y a un an.
Raja Ramdaursingh, du cabinet comptable De Chazal Du Mée, met ce dossier de 1 500 arpents en perspective : «Ce sont des concessions mutuelles (trade off). Il ne faut pas se méprendre : c?est un deal. Il faut encore savoir maintenant ce qu?on va faire avec ces terres. Si le gouvernement va les proposer à ses agents, comme cela a été soutenu par quelqu?un auparavant (NdlR : référence avait été faite au Zimbabwe) ou s?il va les utiliser pour des besoins sociaux et économiques, pour plus de justice, c?est ce qu?il faut savoir.»
Cader Sayed-Hossen ajoute que ce deal se justifie par le fait que le secteur sucre n?est pas constitué que des sucriers, mais aussi de laboureurs, d?artisans, de planteurs, etc.
Le professeur Binod Lalljee, de la faculté d?agriculture, a fait un état des lieux sur la répartition des terres. Le pays couvre 86 500 hectares, incluant les montagnes, les forêts et les rivières. De cette superficie, 22 066 hectares sont des terres de l?Etat. 635 hectares représentent les pas géométriques. Selon les chiffres disponibles au Sugar Insurance Fund Board, les petits planteurs détiennent 14 572 hectares, alors que 50 gros planteurs possèdent à eux seuls 63,7 % des terres agricoles, soit 42 920 hectares.
Il y a eu quelques modifications portant sur la propriété récemment avec le deal Illovo et le Sugar Investment Trust Property Development, entre autres.
L?autre préoccupation majeure a été les projets Integrated Resorts Scheme (IRS). Sheila Bunwaree s?interroge sur les risques de spéculation. Ashock Subron, plus radical, évoque la «dilapidation des terres». Girish Dabysing, de State Land Development Property, vole au secours des projets IRS en insistant sur les investissements étrangers qui ne peuvent qu?être bénéfiques au pays. Nita Deerpalsing envisage d?organiser le prochain débat sur cette question, compte tenu des nombreuses interrogations.
Tim Taylor fait quelques suggestions, dont celle d?allouer des terres de l?état par appel d?offres. Il estime également que l?avenir de Maurice est la «knowledge economy» et s?interroge sur le fait que l?on veuille encore pousser les jeunes à l?agriculture. Ce à quoi Cader Sayed Hossen répond qu?il y a des milliers de personnes qui n?ont même pas un Certificate of Primary Education et, en plus, ne sont pas qualifiées. Il existe des opportunités nouvelles d?exportations, assure-t-il.
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