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Le casse-tête de Vasant Bunwaree

20 mai 2007, 00:00

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Le ministre du Travail, Vasant Bunwaree est dans une véritable impasse. Alors qu?il se veut résolument réformiste et novateur dans sa politique avec la mise sur pied du National Pay Council (NPC) et du National Tripartite Forum, et également avec la présentation dans les prochaines semaines de l?Employment Relations Act et de l?Employment Rights Act, qui visent à remplacer l?Industrial Relations Act et le Labour Act, il se retrouve en face du refus des centrales syndicales de participer aux forums de dialogue censés aider à la mise en place du nouveau cadre du travail.

En effet, même si ces dernières se disent pour le dialogue, elles estiment que l?empressement et la politique à la va-vite de Vasant Bunwaree, mettent en danger les relations industrielles dans le pays. Selon Tulsiraj Benydin, « le ministre a tendance à mettre la charrue avant les b?ufs. Alors qu?on parle de tripartisme, le ministre, lui, est un adepte de l?unipartisme ».

De plus, Vasant Bunwaree n?a pas la tâche facile devant la menace d?une grève envisagée par les centrales syndicales. En effet, le ministre du Travail, un temps très apprécié, est depuis quelques semaines la cible du mouvement syndical. Une manifestation est prévue jeudi pour protester contre le NPC. Les organisateurs réclament un retour à l?ancien système de compensation salariale. Les centrales syndicales ont durci la ligne depuis la nomination des syndicalistes proches du régime, selon Radakrishna Sadien, le président de la Government Servants Association.

Déçu par le corps syndical

Mais le ministre Bunwaree, estime, lui, que les responsables syndicaux démontrent une méconnaissance de l?évolution dans le monde du travail. Alors qu?il avance dans la voie de la modernité et veut faire table rase des anachronismes qui ont miné les relations industrielles. Vasant Bunwaree se dit très déçu du comportement et de l?attitude du corps syndical.

« J?ai constaté un virage de la classe syndicale au moment où elle a commencé à flirter avec les politiciens. Je prends pour exemple la dissolution de la Development Works Corporation. Je leur avais expliqué que les propositions gouvernementales donnaient plus de possibilités en termes de compensation et d?opportunités d?emploi. L?entêtement de certains syndicalistes n?a aucunement aidé à la cause de ces travailleurs », soutient le ministre.

En outre, Bunwaree trouve inquiétante la manière dont certains leaders syndicaux abordent les problèmes dans le secteur du travail. Sur la question de l?introduction du NPC, il estime là encore que les syndicalistes ont fait preuve de mauvaise foi. « L?épreuve du NPC est derrière moi. La structure a été mise sur pied et elle est totalement autonome. C?est cet organisme qui va désormais traiter de la question de compensation salariale. Des officiers du ministère des Finances, du service civil et de mon ministère sont des techniciens chevronnés, à côté de qui se trouvent les représentants du secteur privé et du monde syndical. J?attends maintenant des résultats. »

Et le ministre d?expliquer que depuis 1983, il y a des réunions tripartites, mais en fait c?était, selon lui, un exercicequi avait perdu de sa vitalité. Chaque année, dit-il, le ministre des Finances rencontrait les syndicalistes, et après avoir travaillé les chiffres en tenant compte de plusieurs éléments, dont entre autres, le taux d?inflation, l?endettement, la productivité, il présentait un quantum aux syndicalistes. Et finalement, après discussion entre les forces syndicales et le gouvernement, le quantum était accepté et soumis au Conseil des ministres et après au Parlement pour ratification.

Le NPC vise, lui, à donner une structure nouvelle, avec à sa tête un président indépendant, et à se pencher sur la question de la compensation salariale.

« Mon regard est tourné vers l?avenir »

Et le ministre de réfuter l?argument selon lequel il veut mettre un terme au tripartisme. Les responsables syndicaux invités, selon lui, à en faire partie, sont restés sourds à son appel. « Je leur avais dit de se joindre au NPC, même s?ils devaient le faire sous réserve. Aujourd?hui, ils trouvent toutes sortes d?excuses pour ne pas en faire partie. Qu?importe, mon regard est tourné vers l?avenir. J?ai d?autres chantiers devant moi. »

Toutefois, l?enjeu aujourd?hui est de rétablir les ponts entre un ministre qui, comme il le déclare, est conscient de ses responsabilités vis-à-vis des 550 000 travailleurs de ce pays et de l?autre, une classe syndicale qui campe sur ses positions. Comment se résoudra ce casse-tête ? L?avenir nous le dira?

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