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Ces corps à l?ouvrage

19 mai 2007, 00:00

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Aller au-delà du vertige que procure le bonheur d?avoir face à soi, le chorégraphe le plus respecté de la planète, celui qui a fait danser les étoiles absolues de Broadway : Claud Paul Henry. La force de celui-ci, c?est d?être à la fois le maître et l?élève. Avec les étoiles de la scène locale, Claud Paul Henry règle ses pas sur les leurs et fait même preuve de modestie.

«Ils sont incroyables. Certains d?entre eux sont devenus chorégraphes. Ils montent leurs propres spectacles. Je suis impressionné par leur fougue et leur énergie, sans oublier leur volonté d?aller encore plus haut. Je les côtoie depuis quatre ans et depuis quatre ans, j?aime les retrouver pour partager notre art.»

Pour lui, la danse c?est la respiration, le plaisir, la plénitude. Autant de mots qui lui montent souvent aux lèvres, dans un sourire aussi large que les épaules qui dessinent sa silhouette de danseur émérite. De Londres à Tokyo, ses apparitions ont toujours jeté un sort aux spectateurs. Ses pas de deux savamment entortillés, sa fièvre intérieure qu?il sait si bien communiquer, tout cela, continue à fasciner.

<B>Précision des mouvements</B>

Au centre Equilibre à Trianon, la précision des mouvements fait frémir. Chacun s?y colle. Chaque corps fait penser à une sublime horlogerie. Chaque corps est habité d?une force pure chargée d?une sorte de tension secrète. Chacun entre dans la danse. Et c?est rapidement des corps à l?ouvrage, dans des mouvements tantôt aériens, tantôt au sol.

Ils brassent l?air, s?envolent un temps, soulevés par une impressionnante légèreté. Il y a chez eux tant de rigueur, tant de communion, dans cette énergie et cette passion partagées. On a l?impression soudain que le temps s?est vraiment suspendu dans ce manège virevoltant. « Come on, break, drop, pull, stretch, contract... » Et leurs corps s?étirent, ils deviennent d?incroyables machines à danser, suant sur les notes de Women in chain de Tears for fears.

Mais personne ne peste. Même si l?effort physique est souvent considérable, seules quelques crispations de leurs visages témoignent des difficultés rencontrées. La danse comme toute forme d?art est exigeante. On paye de sa personne. « On apprend toujours énormément avec lui. Sa technique il la met à nu pour que nous puissions nous améliorer. Il faut se donner à 200% sinon ça ne sert à rien, » explique Michael Marmitte.

Les perles de sueur dégoulinant le long de son visage, son t-shirt mouillé, sont révélateurs de la somme d?efforts que produit le jeune homme. Il veut en prendre un maximum avant de se lancer dans une nouvelle aventure scénique : Utopia the Game, dans un mois.

«Mon travail consiste à les apprendre à coordonner leur respiration. Tout part de là, du souffle, qui aide le mouvement à se construire, » explique le chorégraphe. «J?enseigne pour encourager, pas pour forcer. Ils sont suffisamment disciplinés pour savoir que s?ils veulent continuer à danser, ils doivent continuer à travailler. Il faut rester libre de ses mouvements et éviter d?enfermer son corps dans un carcan.»

De ces corps parfaitement maîtrisés, de cette énergie commune, partagée pendant une semaine, c?est la danse qui est venue structurer leurs êtres. Sur un air de fête, le c?ur léger, cette vingtaine de danseurs sait qu?au-delà du vertige d?être sur scène, c?est la rigueur du travail qui cultive leur passion.

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