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Shoba pleure son mari emporté par les houles

19 mai 2007, 00:00

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La vie a repris son cours à Vieux-Grand-Port, petit village du Sud. Mais chez la famille Babooa, elle semble s?être arrêtée. Shoba pleure son époux Ramchandar, Kishore pour les intimes, un surveillant (supervisor) de 41 ans. Il a péri dans les houles de samedi dernier, englouti par les flots comme le racontent les trois amis qui l?accompagnaient en pirogue. Son corps a été repêché, mardi, par les garde-côtes de la National Coast Guard.

Une semaine après cette terrible tragédie, Shoba est parvenue à se confier à l?express. Nous l?avons rencontrée hier à son domicile, face à la plage. «Je ne pourrai jamais l?oublier», dit la jeune femme, qui arrive à peine à terminer sa phrase. Elle éclate en sanglots, tentant de se cacher le visage pour sécher ses larmes?

Dans la maison, le silence est pesant. La télé et la radio sont éteintes. Le petit Ashish, le fils de cinq mois du disparu, est dans les bras de Shoba, sa jeune mère. Il sourit à notre photographe à chaque fois qu?il braque son appareil sur lui. Contrairement à sa s?ur Amshika, 4 ans, il ignore encore qu?il est orphelin de père. Shoba regarde un instant une photo de son époux sur la table de la salle à manger. C?était le jour de leur mariage. La jeune veuve semble se remémorer ces instants de bonheur. Elle sourit un instant et se replonge aussitôt dans une profonde tristesse.

Elle nous confie qu?elle devra maintenant affronter chaque jour cette terrible réalité avec ses deux enfants. Pour elle, ses petits sont «le plus bel héritage qu?il m?a laissé avant de partir. Mais comment oublier l?homme avec qui j?ai partagé ma vie pendant sept ans». Ils venaient de fêter cette étape de leur vie commune. C?était le 30 mars. Le meilleur souvenir qu?elle garde de son époux, c?était le petit-déjeuner en tête-à-tête, chaque matin. «Désormais, je n?entendrai plus sa voix», lâche-t-elle, en larmes.

Époux et père exemplaire

Elle se retourne un instant et regarde la mer. «Il aimait la pêche. C?était sa passion depuis qu?il était tout petit», raconte-t-elle d?une voix cassée. «Il était un époux et un père exemplaire. Pendant que je préparais le dîner tous les soirs, il s?occupait d?Ashish et d?Amshika», poursuit-elle avant d?éclater de nouveau en sanglots.

Sa mère arrive et prend le petit Ashish dans ses bras. Quelques instants après, Shoba pousse un soupir et nous confie que son époux manque énormément à leur fille. Cette dernière, dit-elle, montre des signes de nervosité depuis qu?elle a appris le décès de son père. «Je lui ai dit que son père s?est noyé et qu?il ne reviendra plus jamais à la maison. Cette séparation a été trop brutale pour elle. Car elle était très attachée à son père.»

«Lorsque mon époux rentrait de son travail, il l?emmenait souvent avec lui se promener dans la localité», raconte-t-elle encore. Elle devra maintenant se trouver un travail pour subvenir aux besoins de ses enfants. En attendant, ses proches l?aident financièrement.

Elle nous parle de Kishore, qui a abandonné ses études en Form III, qui s?est consacré à la plantation de légumes de son père et qui a ensuite trouvé un emploi comme éboueur au conseil de district de Grand-Port ? Savanne. Quelques années plus tard, il a été promu chauffeur. Kishore, ambitieux, a rapidement grimpé les échelons.

Le 15 avril 2005, il est promu surveillant. Toutefois, il ne jouissait pas d?une bonne santé. «Il tombait souvent malade, depuis l?an dernier. Il était parfois fiévreux et souffrait de son estomac», raconte Shoba. En novembre 2006, il est allé chez un médecin pour un bilan complet. Le rapport a révélé que Kishore avait des calculs aux reins. «Le médecin lui a dit qu?il a vécu avec depuis plusieurs années. Il devait se faire opérer le mois prochain.»

Kishore, nous dit Shoba, avait un projet qui lui tenait à c?ur. Il voulait construire un étage sur sa maison. Mais ce projet, il ne le concrétisera jamais.

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