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Le postulat

19 mai 2007, 00:00

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Le postulat

Par Nazim ESOOF

Les uns jubilent. Enfin un gouvernement qui ose faire front au secteur privé blanc. Les autres s?alarment. Le Premier ministre et son gouvernement seraient-ils perpétuellement en campagne électorale? Ce sont deux gageures différentes qui posent un décor manichéen qui n?a rien de sain. Chacun, en fait, met les pieds dans le plat. Tout cela n?est pas très nanan. On nage en plein dans l?inconscience idéologique et les délires de persécution. Il est pourtant temps de sortir des schématisations simplificatrices. Il n?y a pas un secteur privé homogène. Des électricités contraires existent au sein du secteur concurrentiel. Il existe des différences d?approche, des visions distinctes et surtout des conceptions variées du rapport avec l?Etat au sein de ce secteur privé. On y relève aussi des lobbies aux objectifs et intentionnalités divergentes. C?est ce secteur qui est aujourd?hui pris pour cible par le gouvernement. Derrière, il y a une haine et un rejet à peine voilés pour une communauté de femmes et d?hommes, présentés comme signes d?une opulence provocante et dédaigneuse du malheur des autres. Il n?y a pas non plus un gouvernement qui mène par indivis une croisade contre le secteur privé. Réalistes, certains sont conscients qu?il faut composer avec tous les partenaires pour ?uvrer en faveur du mieux-être collectif. Des dirigeants qui ne font pas du bluff la substance de leur action politique. Qui savent qu?on ne gouverne pas en dressant un groupe contre un autre. Dans un tel contexte, le postulat à poser est le suivant : ce pays appartient à tous ceux qui y vivent. Dans tous les pays du monde, il existe une élite économique composée d?un groupuscule fortuné. Ce n?est pas pour autant qu?on doit lui lancer l?opprobre. Car, en fin de compte, c?est déjà sa caractéristique première de vivre en réclusion, caché sauf pour les signes ostentatoires de richesse qu?il ne peut masquer. Mais, même à ce niveau, ce sont le plus souvent les nouveaux riches qui ont tendance à pratiquer l?exhibitionnisme de leur attelage de Crésus. Quant au Premier ministre, il aurait tout à gagner à quitter le plus rapidement possible son rôle de chef de parti pour devenir le chef de gouvernement pour tout un pays. Pour l?instant, il ne défile son chapelet anti secteur privé blanc que pour plaire aux partisans de l?Alliance sociale. Ou alors se verrait-il comme le Robin des Bois de la politique mauricienne?En fait, avant d?aborder ce dossier du volontarisme et de l?équité économiques, il faudrait bien qu?on pose la question du cloisonnement ethnique et de la méfiance interraciale. Ce serait la meilleure façon pour éviter les tentations de désinformation qui existent de part et d?autre.

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