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Ingrid Betancourt serait en vie
Très affaibli et amaigri, dans son uniforme, Jhon Pinchao raconte ses huit ans et demi de captivité aux mains des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). Il vient de réussir l’exploit d’échapper à ses ravisseurs. “J’espère que, par ma faute, mes camarades, ne vont pas souffrir”, dit l’homme dans un sanglot, au cours d’une conférence de presse improvisée (audio ; video), avant-hier.
Trois fois, les journalistes l’interrogent sur la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et les trois Américains aux mains des FARC. “Une fois j’ai été avec eux”, répond-il. Tout à son récit, il enchaîne sur les problèmes de santé des otages en général. Lorsqu’une journaliste revient gentiment à la charge et lui demande “Quand avez-vous vu Ingrid et ses camarades pour la dernière fois ?”, l’homme répond : “le 28 avril dernier”. C’est la date de son évasion.
Dans l’assistance, le doute s’installe : a-t-il bien compris la question ? Entre-temps, il a croisé “une fois” Clara Rojas, l’assistante d’Ingrid Betancourt. “Elle a eu un enfant, confirme l’ex-otage. Il doit avoir trois ans. Il s’appelle Emmanuel.”
Sous-officier de police, Jhon Pinchao avait 24 ans quand il a été capturé par la guérilla. Il ne connaît pas son fils qui va bientôt avoir 9 ans. Sa famille n’avait reçu aucun signe de vie depuis plus de quatre ans.
Son père et sa mère, Rosa, ont milité en faveur de “l’échange de prisonniers” exigé par les FARC. La joie des Pinchao est indicible, les familles des 57otages politiques encore aux mains des FARC la partagent ce mercredi soir.
Jhon Pinchao avait été fait prisonnier le 1er novembre 1998, lors de l’attaque menée par les guérilleros contre la base militaire de Mitu, à 600 km au sud-est de Bogota. Des indigènes l’auraient retrouvé non loin de là, exténué après 17 jours de marche dans la forêt amazonienne.
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