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Dialogue de sourds

18 mai 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Deux ?walk-out? en une journée : une étape supplémentaire est franchie dans le processus de rupture du dialogue social. Entre le gouvernement et le secteur privé, la trêve aura été de courte durée. Entre les centrales syndicales et le gouvernement, la paix armée vire à la guerre ouverte.

En milieu de semaine, le ton était redevenu cordial chez les protagonistes dans le conflit entre le secteur privé et l?Etat. Mercredi, le président du JEC, Jacques de Navacelle, regrettait les dérapages et souhaitait ?reprendre nos relations de travail sérieuses avec le gouvernement?. Le lendemain, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répond : ?Je les rencontrerai s?ils réalisent qu?ils ont fait une erreur?? Une sortie de crise était en vue, d?autant plus que le patronat se montrait très souple. Puis, il y a eu une brusque montée de la tension qui a culminé avec le boycott du discours du ministre Rajesh Jeetah par Jacques de Navacelle hier après-midi lors d?une cérémonie officielle à Pailles.

Durant la matinée, la quasi-totalité des syndicalistes invités à une session de travail pour réfléchir sur la création d?un forum tripartite avaient quitté la réunion afin de manifester leur désaccord avec le ministre Vasant Bunwaree. Les partenaires sociaux adoptent tous une stratégie de combat alors que la concertation est plus que jamais nécessaire pour trouver des solutions gagnant-gagnant, qui tiennent à la fois compte des entreprises, des salariés et du pays.

Rarement les relations sociales n?ont eu à faire face à autant de menaces sur une période aussi courte. Si on peut attribuer la dégradation des relations entre l?Etat et les syndicats à la réforme de la négociation collective, en revanche il n?est pas facile d?identifier la nature du conflit entre le gouvernement et le secteur privé. Plusieurs causes probables sont avancées : l?imminence d?une loi pour réguler la concurrence, les terres réclamées aux sucriers en contrepartie de l?autorisation de fermeture de trois usines, la politique interventionniste du ministre de l?Industrie, etc. Mais il n?est pas exclu que ce soit en fait pour des raisons de tactique politicienne que le Premier ministre ait décidé de nourrir un sentiment anti-secteur privé.

Les positions des uns et des autres sont très divergentes. Rajesh Jeetah alignait hier une série de faits pour prouver que les résultats sont là : l?investissement direct extérieur s?élèvera à Rs 10 milliards cette année, les bénéfices des groupes hôteliers sont au-delà des attentes, les banques enregistrent des profits ?records?, les projets IRS foisonnent dans le pays. L?organisation patronale, elle, adopte une perspective radicalement opposée. Le déficit commercial est ?alarmant?, la part de Maurice dans le commerce global est en chute libre, nous reculons au tableau de la compétitivité, l?emploi dans la zone franche reste un ?serious concern?, dit la MEF.

Manifestement, les partenaires sociaux ne s?entendent pas. Pire, ils ne s?écoutent même pas.

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