Publicité

Une femme de 36 ans arrêtée pour avoir abandonné son bébé

16 mai 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?J?ai laissé mon bébé chez une amie mais j?ignore qui l?a abandonné dans une cafétéria.? C?est ce qu?affirme une femme d?origine irakienne, 36 ans, habitant Vallée-Pitot et mariée à un Mauricien dont elle s?est séparée tout récemment.

Arrêtée hier par la Criminal Investigation Division Nord, elle comparaît en cour de Mapou, ce matin, sous une accusation provisoire d??abandoning child?. Elle est soupçonnée d?avoir mardi après-midi abandonné son nourrisson, de sexe féminin et âgé de trois jours, devant la porte des toilettes d?une cafétéria située en face de la plage de Péreybère.

La police a pu remonter jusqu?à l?Irakienne, déjà mère de deux petites filles, grâce à la cord clamp (pince) attachée au cordon ombilical du bébé, utilisée dans les cliniques. Dans sa déposition hier, elle a expliqué qu?elle a accouché dimanche et qu?elle a quitté la clinique lundi contre l?avis de son gynécologue.

?J?ai caché mon bébé dans une armoire car j?avais peur que mon mari, qui sait que l?enfant n?est pas de lui, ne lui fasse du mal. Le vrai père, qui est à l?extérieur, ne désirait pas ce bébé...? Elle dit avoir pris un taxi, mardi, pour aller confier son bébé à une amie qui habite Péreybère et à qui elle devait donner 500 euros par mois pendant un an.

Interrogée à propos de cette ?amie?, la femme dit ne pas se souvenir de son numéro de téléphone car elle a ?la tête fatiguée?. Elle nie catégoriquement avoir abandonné son bébé. Montrant ses traces de coups et de blessures, l?Irakienne allègue être une femme battue.

C?est Malini, une serveuse qui découvre le bébé avant-hier. ?Eh, venez voir : il y a un bébé qui pleure devant les toilettes?, lance-t-elle à ses collègues. Toutes se précipitent. Le nourrisson, portant un polo et une couche et recouvert d?un morceau de tissu, se trouve dans un panier en raphia,

La police de Grand-Baie est alertée et des policiers sont dépêchés pour interroger le personnel de la cafétéria et les clients. ?Il pleuvait et la cafétéria était bondée à cette heure-là, raconte Christine, une autre serveuse. Nous étions débordées et personne n?a vu quelqu?un avec un bébé dans un panier.?

Ni vue, ni connue...

De son côté, un marchand de fruits se rappelle avoir vu la jeune femme une demi-heure avant que le bébé ne soit découvert. ?Madam la ti pe asize 50 met pli lwin et li ti ena enn panye rafia, affirme Raffick Moosun. Apre linn leve, linn kit so panye et li finn vinn aste Rs 50 konfi. Apre li finn real asize. 20 tan ki mo travay isi e se premyer fwa ki mo trouv li dan le zanviron.?

Selon un enquêteur, la mère aurait choisi cet endroit pour abandonner son enfant afin de ?s?assurer que son bébé se retrouve entre de bonnes mains?. L?enquête est placée sous la supervision de l?inspecteur Sailesh Kumar Beeharry et supervisée par le surintendant de police, Bala Kamatchi.

Contrairement à la formule consacrée, le bébé se porte bien mais la mère sera examinée, aujourd?hui, par un médecin de la police...

Nicolas ATCHIANE

MIEUX COMPRENDRE

Adoption : quelle possibilité ?

Karoona Chooremun, Head de la Child Development Unit du ministère de la Femme s?est empressée de préciser, à l?express qui l?interrogeait sur la question d?adoption d?un bébé retrouvé abandonné, qu?une telle éventualité doit être écartée, d?autres procédures devant être suivies. ?Dans une telle situation, c?est l?État mauricien qui prend l?enfant en charge en l?envoyant d?abord dans une de ses institutions.?

La question d?adoption n?est pas à l?ordre du jour pour deux raisons. Premièrement parce qu?elle a été mise en veilleuse, le temps de permettre aux officiers du parquet de terminer la rédaction d?un nouveau texte de loi pour réglementer toute la procédure. En somme, ces amendements sont rendus nécessaires afin de permettre à notre pays de se conformer à la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d?adoption internationale, ratifiée à la Conférence de La Haye le 29 mai 1993 et en vigueur depuis le 1er mai 1995.

En second lieu, la question d?adoption est exclue du fait qu?un enfant âgé entre 14 jours à deux ans est prédestiné à être dirigé, après le séjour dans une institution du gouvernement, vers une famille d?accueil qui est habilitée à le garder jusqu'à sa deuxième année.

Certes, il existe des possibilités d'extension du délai de prise en charge de la part de la famille d?accueil. ?Cela, dans l'éventualité où les parents biologiques ne se seraient pas manifestés pour la récupération de l?enfant?, précise Karoona Chooremun.

Par ailleurs, un regard en arrière nous fait voir que des étrangers, jetant leur dévolu sur des petits Mauriciens, avaient la possibilité de repartir avec un enfant à travers des démarches sur place après un ordre de la Cour suprême. Mais une fois dans leur pays, ils doivent repartir à zéro pour se conformer aux lois en vigueur.

C?est pour cela que l?agence française d?adoption, à Maurice, qui assure la liaison entre les demandeurs d?enfants à adopter en France et le National Adoption Council présidé par Anita Bacha, n?a enregistré ?aucune demande depuis un bon bout de temps de la part des ressortissants français?.

Cependant, une fois les amendements votés au Parlement mauricien, ces difficultés sont appelées à disparaître

La France a été le seul pays qui acceptait de considérer les adoptions sur leur sol. Les autres pays, tels l?Australie, l?Angleterre et le Canada, entre autres, ont toujours adopté une position plus rigide. Ils ont toujours été résolument opposés à toute adoption qui ne serait pas conforme aux résolutions de La Haye.

Marc ATCHIANE

Publicité