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Rapport des forces

2 mai 2007, 00:00

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par Raj MEETARBHAN

Le 1er Mai reste un rendez-vous important du calendrier politique. Ce moment fort de la vie nationale a surtout livré, hier, des enseignements sur les évolutions électorales et les stratégies des principales formations.

L?affluence aux différents meetings demeure la question la plus importante pour les états-majors des partis. Normalement, les chiffres d?hier devraient inspirer la satisfaction au MMM, le soulagement au PTr et la fébrilité au MSM. Ils n?indiquent pas de modification majeure du rapport des forces politiques. Cependant, la composition des foules laisse apparaître des développements.

Il était apparent hier que le PTr et le MMM ont, chacun, réussi à mobiliser davantage parmi leurs socles respectifs. Les deux ont réuni des foules ethniquement typées. Ils semblent éprouver des difficultés à mobiliser au-delà de leur bassin traditionnel. Dans le cas des travaillistes, la situation est plus compliquée parce qu?une des composantes de leur électorat de juillet 2005, récemment séduite, était pratiquement absente.

Le MSM a certes progressé par rapport à mai dernier, mais ce succès relatif reste en deçà de ses attentes. Il a probablement souffert d?une campagne qui a envoyé des signaux contradictoires. En s?attaquant, lors de ses réunions de mobilisation, au leader du MMM, il a créé une confusion sur son positionnement futur. N?ayant pas la taille critique pour gouverner seul, il sera forcément en alliance. Or, en privilégiant la cible Bérenger, il a dû dérouter beaucoup de ses sympathisants.

Sur le fond, la journée d?hier était plutôt décevante. Pour le leader du PTr, les invectives ont tenu lieu de discours. Navin Ramgoolam a concentré ses tirs sur Paul Bérenger quasiment tout le long de son discours. Il n?a pas parlé de ses réalisations ni de ses projets à venir mais a pourfendu ce dernier pendant 45 minutes. Pravind Jugnauth et Nando Bodha, le leader de l?opposition, sont-ils inoffensifs pour Navin Ramgoolam ? Ou les considère-t-il comme des futurs alliés?

On a bien compris depuis hier qu?au c?ur de la stratégie des travaillistes pour remobiliser leur électorat demeure le procédé terriblement efficace utilisé entre 2000 et 2005 : agiter l?épouvantail Bérenger. Dans ce contexte, la force retrouvée du MMM pourrait en fait devenir sa faiblesse. Si, le raffermissement de son parti encourage Paul Bérenger à se poser comme le Premier ministrable de l?alternance, Navin Ramgoolam en fera son argument favori.

En tout cas, personne n?émerge, pour l?instant comme une alternative à Paul Bérenger en tant que ?Shadow Prime Minister?. Vishnu Lutchmeenaraidoo, dont on peut penser qu?il en a les compétences, a donné hier des gages de loyauté à son leader qui ne laissent aucun doute sur son allégeance envers celui qu?il a appelé ?une légende?. Il a d?ailleurs consacré une large partie de son discours à rappeler ses origines militantes. Ce n?était pas innocent.

Les politiques nous ont abreuvé de discours hier mais, souvent, ils étaient orientés vers l?anodin. Faire de la politique, ce n?est pas que marcher vers le pouvoir. C?est aussi défendre des idées.

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