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Dans son élément, la mer
Il porte une longue cicatrice à l’avant-bras, laissée par la morsure d’un requin. Il a déjà plongé à 70 pieds de profondeur, un record pour un Rodriguais. Il a été sollicité plusieurs fois pour ramener les corps de noyés. Irené Rose, 68 ans, ne peut toujours pas se passer de la mer.
Aujourd’hui, il gagne sa vie comme opérateur de bateau de plaisance sur le trajet Port-Mathurin-Ile-aux-Cocos. Il a transporté dans son bateau l’équipe de plongeurs étrangers qui a participé à la dernière édition de Raid Atlantide, une chasse au trésor sous-marine. “Cette compétition s’est déroulée pendant six jours dans la passe, à vingt pieds de profondeur. Nous avons pu récupérer deux des quatre indices et sommes sortis deuxième de la compétition”, raconte le plongeur.
<B>Attaqué par un requin </B>
Irené a appris la plongée sous-marine avec Ali Hossen. “A 20 ans, j’ai plongé à une profondeur de 70 pieds et retenu mon souffle pendant une minute et 35 secondes. Aujourd’hui, je peux encore plonger à 40 pieds.”
A 12 ans, Irené participe à sa première partie de pêche hors lagon. Quatre ans plus tard, il se lance dans la pêche sous-marine. Mais le 6 février 1963, il va vivre sa plus grande mésaventure en mer : un requin a failli lui arracher le bras droit. “Mo ti pik enn carang 7 livres avek mo fisil sous-marin dans la pass Grand-Bassin. Enn requin 400 livres finn attrap poisson-la ek mo lamain et finn sarie moi. Mo finn naz ar li sinon li ti pou arras mo lebra. Mo finn bizin lutter enn demi her pou capav tir mo lamain dans so la machoire et saute recif”, raconte-t-il.
Irené sera secouru par son père et un garçonnet, Cyril Colette, qui se trouvaient non loin. “J’ai failli perdre mon bras. Deux médecins n’ont pas réussi à suturer le tendon sectionné. Mais le Dr Bathfield m’a permis de retrouver l’usage de ma main. Mon traitement a duré huit mois et j’ai dû interrompre mes activités pendant une année et demie.”
Pendant 13 ans, Irené a participé à la pose de radeaux en haute mer et à la pêche aux crevettes. “J’ai travaillé pour le compte d’un bateau français. C’était la bonne époque où on obtenait 10 % sur les prises.” Irené a retiré plusieurs noyés de la passe de Grand-Bassin, dans le canal de Baie-aux-Huîtres et à la passe de l’île-aux-Cocos, entre autres. “Ma plus grande opération a été de ramener un noyé qui gisait par 35 pieds de fond à la passe Login où le courant est très fort.”
Comme pêcheur, le sexagénaire a beaucoup d’exploits à son actif. “Ali Hossen et moi, nous avons déjà ferré un requin de 700 livres à Grande-Rivière-Sud-Est. J’ai aussi pêché un thon et une carangue pesant chacun quelque 90 livres”.
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