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La légende du Dr Maurice Curé - 4

1 mai 2007, 00:00

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Nous terminons ce matin une série de quatre chroniques consacrées au Dr Maurice Curé, à qui nous devons la fondation de notre Parti travailliste et la première célébration de la fête du Travail, le 1er mai 1938. Aux lecteurs de juger si les dirigeants travaillistes, au pouvoir pendant plus de trois décennies, ont fait preuve de la gratitude qui convient à l?égard du fondateur de leur parti et au premier défenseur de la classe ouvrière des temps modernes à Maurice.

Mais revenons plutôt en 1948. Le gouverneur d?alors, Mackenzie Kennedy, choisit Maurice Curé pour être un des membres nommés du conseil du gouvernement avec toute une bande de conservateurs qui faussent grandement le vote socialiste de l?électorat. Cette nomination sera suivie d?une autre, au conseil exécutif, en même temps, que Seewoosagur Ramgoolam, André Nairac et A.M. Osman. Cela suppose pour Curé et Ramgoolam des rencontres hebdomadaires pendant tout un lustre.

Le 30 avril 1949, Curé approuve la motion de Guy Rozemont demandant que la fête du Travail du 1er-Mai soit décrétée jour férié. Elle le sera à partir de 1950. Des motions, dans le même sens, de Curé en 1936 et de Rozemont en 1947, avaient été rejetées.

En octobre 1950, Maurice Curé, avec 15 autres députés, entre autres travaillistes, se prononce contre une motion du gouvernement colonial en faveur des monopoles dans le transport en commun par autobus.

En décembre 1950, il pose sa candidature en tant qu?indépendant aux élections municipales à Curepipe. Le PTr ne présente pas de candidats. Le groupe de conservateurs l?emporte aisément. Curé recueille 802 voix et arrive à la 15e place.

Il décide de présenter sa candidature aux législatives d?août 1953 car, dit-il, ?un parlementaire élu a plus de poids qu?un seulement nommé?. Aurait-il conservé son siège de conseiller nommé au conseil du gouvernement et au conseil exécutif s?il ne s?était pas porté candidat, nul ne le sait. Mais déjà les élections, comme l?ensemble de la vie politique, deviennent à Maurice davantage une affaire de partis que de personnalités. Il n?obtiendra que 1 273 voix aux Plaines Wilhems, soit 5,48 % des voix disponibles.

Le 29 avril 1956, une foule hostile empêche le Dr Maurice Curé de tenir un meeting au Jardin de la Compagnie à l?occasion de la fête du Travail.

Le 22 octobre 1957, Curé se présente contre le travailliste J.N. Roy à une élection partielle à Grand Port-Savane. Il obtient 3 366 voix contre 5 424 voix à Roy et 177 voix à Maquet. Il n?aura pas plus de chances aux législatives de 1959 à Curepipe. Il n?obtient que 8,33% (319 voix) et se trouve devancé par le travailliste Romriky Ramsamy et par Gaëtan Duval.

Le 10 décembre 1963, il publie une lettre dans laquelle il explique qu?il accepte, en 1925, sa nomination au conseil urbain de Curepipe afin que celui-ci ne demeure pas ?une affaire de famille?.

En 1964-65, il y a un revirement dans les relations du PTr et de Curé. Il est des 40 000 partisans travaillistes présents à Plaisance pour accueillir, en héros, le Dr S. Ramgoolam, de retour d?une conférence constitutionnelle à Londres. SSR lui donne une accolade remarquée. Mieux encore, il fera partie de la délégation travailliste à la conférence constitutionnelle de 1965. Le 24 octobre 1964, il entre de nouveau au Conseil Législatif en tant que membre nommé, proposé par le PTr.

Le 15 juin 1965, il veut savoir si Maurice a pris les mesures nécessaires afin de garder le contrôle des possibles ressources pétrolifères aux Chagos, en dépit de l?excision unilatérale et illégale du territoire mauricien de cet archipel. Le 8 décembre de cette année, il réclame l?éducation secondaire gratuite et obligatoire. Le 7 août 1967, pour son chant du cygne électoral, il se porte candidat indépendant au

No 15 et n?obtient que 159 voix, soit 1,08 % des suffrages. Les candidats victorieux du PTr sont Chettiar, Mewasing et Marcel Mason.

Le 13 août 1973, son épouse et lui ont l?heureuse consolation de pouvoir célébrer leurs noces de diamant de vie conjugale. Le 28 octobre suivant, le conseil municipal lui octroie la citoyenneté d?honneur de la Ville Lumière. Il saisit l?occasion pour se rebiffer contre une nouvelle déviation anti démocratique du PTr : ?Je ne sais si la rumeur qui circule selon laquelle les municipalités seront transformées en commissions administratives est exacte. Si tel est le cas, ce serait un recul ni plus ni moins, un crime de lèse-démocratie?. Ce crime sera pourtant commis trois mois plus tard par les dirigeants travaillistes.

Le Dr Maurice Curé meurt, en mars 1977, dans l?indifférence générale, même si Seewoosagur Ramgoolam et Paul Bérenger sont les rares politiciens à assister à ses obsèques. L?opposition MMM à l?Assemblée législative rompt avec la tradition parlementaire et refuse de s?associer à l?hommage ?hypocrite? que lui rend son PTr. En avril 1989, le MSM d?Anerood Jugnauth choisit son neveu, Cyril, pour contester victorieusement la candidature du militant Ivan Collendavelloo, lors d?une élection partielle, au No 15. Le Dr Serge Maurice dira à cette occasion : ?Le neveu hérite de ce qui a été enlevé au petit-fils de Maurice Curé? (le Dr Jacques Domaingue qui perd son emploi de médecin de la propriété sucrière d?Etat de Rose-Belle, au profit d?un médecin travailliste).

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