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L?assistance, un droit ?
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
L?idée qu?on peut attendre tout de l?État fait son chemin. Un nombre grandissant de citoyens ne veulent plus résoudre leurs problèmes sans l?aide du gouvernement. Il est possible d?attribuer cette aggravation de la situation aux largesses distribuées par l?État depuis l?arrivée au pouvoir des travaillistes.
Le syndrome de dépendance s?est manifesté à plusieurs reprises récemment. Un dernier exemple est offert par l?affaire CHA. Il a été annoncé, à la mi-avril, que les habitants des maisons de l?ex- Central Housing Authority (CHA) peuvent devenir propriétaires de leur terrain contre le paiement d?une somme dérisoire de Rs 2 000. Un précédent gouvernement leur avait déjà offert presque gratuitement la maison qui se trouve sur leur terrain. On peut penser qu?ils ont touché le gros lot. Ce n?est pas leur avis. Beaucoup d?entre eux sont insatisfaits. Ils réclament maintenant que le gouvernement assume les frais associés au transfert des titres de propriété. Ils veulent aussi que les dettes qu?ils ont envers l?État, pour non-paiement de loyer, soient rayées.
Pourtant, le montant des loyers n?était pas élevé. Dans un témoignage à ?l?express?, le résident d?une cité CHA à l?Agrément, St.-Pierre, révèle qu?il a payé Re 1 par mois pour son terrain et Rs 40 pour sa maison jusqu'à ce qu?il en devienne acquéreur contre Rs 1 000, au début des années 90. Profitant de l?indulgence de l?État, beaucoup de résidents ont refusé de payer ces loyers. Les arriérés se sont accumulés. Aujourd?hui, quand le créancier réclame son dû, il est conspué.
Le parti de Sylvio Michel est celui qui a milité le plus activement pour que les résidents des cités CHA deviennent propriétaires de leur terrain. Il continue à revendiquer des cadeaux pour eux. Dans un communiqué, ce parti écrit que ?même le leader des Verts Fraternels s?y est laissé prendre, pour découvrir (?) que le paiement des dettes sur le bail est maintenu jusqu?en juillet prochain, que les frais de notaire et d?arpenteur sont à la charge des futurs propriétaires? et il réclame que ?les dettes soient rayées et que les frais soient pris en charge par le gouvernement?.
Voilà à quoi cela aboutit quand les gouvernants poussent à croire que leur rôle se résume à offrir la gratuité et des subventions. Ils démoralisent ceux qui travaillent et qui font des efforts. Car, au final, c?est le contribuable qui paye pour le transport gratuit, l?enseignement supérieur gratuit, le riz et la farine subventionnés, etc. En fait, une société de l?assistanat ne sert les intérêts de personne, ni même des démunis. Ceux-là perdent le sens des responsabilités quand ils sont trop choyés.
Si, en bonne logique électorale, le gouvernement se plie finalement aux exigences des Verts Fraternels, il y aura une catégorie de Mauriciens qui se retrouveront propriétaires de leur résidence, terrain et maison, sans avoir fait le moindre effort. Ce n?est pas de la solidarité, c?est de la charité.
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