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C?est la grogne chez les enseignants de Medco
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C?est la grogne chez les enseignants de Medco
La colère gronde chez les enseignants des collèges Medco. Et ils sont prêts à la manifester bruyamment cette semaine devant les quatre établissements à Port-Louis et à Vacoas. L?objet de leur mécontentement est le transfert « punitif » de 22 enseignants vers des collèges d?État. Le ministère de l?Éducation explique, quant à lui, que cet exercice a été nécessaire afin de rationaliser et d?optimiser l?utilisation des ressources.
« Les enseignants sont de mauvaise humeur. Ils ont été transférés du jour au lendemain sans aucune concertation.
Je pense que la semaine sera houleuse », prévoit le président de l?Union of Private Secondary Education Employees (Upsee), Yahya Paraouty. « Pour moi, cela révèle l?incompétence du Conseil d?administration de Medco. Nous allons demander un Fact-Finding Committee pour connaître les dessous de cette affaire. En attendant, ce sont les élèves qui vont en pâtir. »
Le syndicaliste a été transféré de Medco Trinity à Port-Louis, au collège d?État sir Abdool Razack Mohamed jeudi. Il estime que les autorités ont voulu le châtier pour les manifestations estudiantines qu?il avait organisées pour protester contre le paiement des frais d?examens du SC et du HSC. « Le comble », ajoute-t-il, « c?est que le recteur du collège où je suis censé travailler lundi, n?est pas au courant de ma nouvelle affectation. »
<B>Une pratique courante</B>
Il évoque cependant d?autres raisons pour expliquer le transfert des 21 autres enseignants. Certains devront désormais parcourir des dizaines de kilomètres pour se rendre sur leur lieu de travail. Pour Yahya Paraouty, ce serait le recteur de Medco Clairfonds, Leckram Lotun, qui en tirerait les ficelles. Il l?accuse de vouloir se venger des enseignants qui s?étaient élevés contre sa façon de gérer l?établissement. Ce dernier réfute ces allégations. « Je n?ai aucun commentaire à faire sur ce sujet. C?est le ministère de l?Éducation, en concertation avec le Conseil d?administration de Medco, qui a décidé de cet exercice de transfert dans le but d?optimiser les ressources », affirme-t-il.
C?est effectivement dans ce contexte que le ministère de l?Éducation a procédé, en ce début d?année, à une étude de ses ressources humaines à différents niveaux, dans les collèges d?État mais aussi dans les établissements Medco, explique un communiqué émanant de ce ministère. L?exercice a révélé un nombre superflu d?enseignants dans les collèges Medco. « Dans certains cas, seules dix périodes étaient allouées au professeur par semaine. Selon le rapport du PRB de 1988, un Education Officer est censé travailler au moins 28 périodes de 40 minutes par semaine », explique le ministère de l?Éducation. Il ajoute que c?était alors devenu une pratique courante chez certains recteurs d?adapter l?emploi du temps des enseignants à leur convenance.
Pour les autorités donc, le fait de redéployer les enseignants surnuméraires vers les collèges d?État lorsqu?il y a un manque de personnel est une pratique courante. « Cette pratique est conforme aux provisions de l?Education Act. En vue des conditions économiques rigoureuses et des contraintes budgétaires, le ministère n?est pas en mesure de recruter une main-d??uvre supplémentaire. » Le ministère précise également que les exercices de transfert sont normalement effectués durant le second trimestre.
<B>Poursuivre les autorités</B>
Mais les enseignants ne l?entendent pas de cette oreille. Ils comptent rechercher l?avis d?un avocat pour voir s?il y a matière à poursuivre les autorités. Une lettre de protestation leur sera auparavant adressée.
L?Upsee souhaite, de son côté, rallier un maximum de monde à sa cause. Une assemblée générale spéciale est prévue le 5 mai au collège Patten, à Rose-Hill, où sera convié le personnel des collèges Medco et des collèges secondaires privés. Une marche pacifique est également prévue dans les jours à venir devant le siège de Medco à Port-Louis. L?Upsee compte réclamer la démission du Dr Bundhoo, l?administrateur de Medco. « Il faudra s?attendre à de nombreux bouleversements », conclut Yahya Paraouty.
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