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Des planteurs manifestent
«Nu pa pu ale». Ce slogan a été repris en ch?ur par une centaine de manifestants hier, à midi, devant le ministère de l?Agro-industrie au NPF Building à Port-Louis.
Des planteurs de Riche-Terre et de Terre-Rouge ont ainsi démontré leur mécontentement d?avoir été sommés d?évacuer des terrains à bail. Ils y cultivent la canne à sucre et des légumes et y ont même leur logement. Ces terrains vont être utilisés pour le projet de création d?un complexe industriel du groupe chinois Tianli.
Accompagnés de trois moutons, de deux cabris et d?un b?uf, ils ont défilé du centre social Marie Reine de la Paix au NPF Building. Ce convoi inhabituel a mobilisé l?attention des passants et des employés de bureaux voisins. Cinq des planteurs ont, au nom du groupe, déjà engagé une action en justice. Ils demandent à la Cour suprême d?interdire leur évacuation. Leur avocat, Me Ajay Daby, était présent à la manifestation d?hier.
<B>Compensation de rs 100 000</B>
Ajay Gunness, député du Mouvement militant mauricien et Vishnu Lutchmeenaraidoo, de ce même parti, ont également apporté leur soutien au mouvement. «Si nu eli nu, sa ki pe tire de koperativ ek ti planter, nu, sa nu pu re rann zot», a promis Vishnu Lutchmeenaraidoo.
Les manifestants ont expliqué leurs griefs et ont fait appel à la compréhension du gouvernement, particulièrement celle du ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. «Dir li sorti ! Ekut nu ! 55 banane nounn res lor sa later la. Se nu later, se nu mama», s?est écrié Radeyshyam Ramchurn, un planteur de Terre-Rouge.
Cette protestation publique des planteurs fait suite aux déclarations du Premier ministre. Le dimanche 15 avril, à l?occasion de l?ouverture des Jeux de Triolet, Navin Ramgoolam, déclarait : «L?investissement étranger ne doit pas se faire au détriment des Mauriciens.» Il affirmait aussi que le gouvernement serait prêt à chercher un site alternatif pour l?investisseur Tianli.
Cependant, à la suite d?une rencontre avec une délégation du gouvernement et d?hommes d?affaires chinois le mercredi 18 avril, il déclarait qu?il ne laissera pas «quelques personnes empêcher le développement dans le pays».
Il a été proposé aux planteurs de Riche-Terre et de Terre-Rouge un relogement à Côte-d?Or, à Calebasses et à Bois-Marchand, de même qu?une compensation de Rs 100 000. Mais ils craignent que ces propositions ne se concrétisent pas.
«Nu pa kont devlopman me ki arive si apre dir nu pena later, atann», s?interroge Ramjing Bhoodoo, président de la Riche-Terre Mixed Farming Cooperative Society.
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